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La coopérative n’est pas pour la séparation du conseil et de la distribution |
Entre ceux qui veulent une maîtrise du prix de leurs céréales avec la possibilité de mettre en marché quand bon leur semble et les défenseurs du prix moyen, les attentes des sociétaires d’Interval sont contradictoires.
Cet exercice a été difficile, proche du funambulisme», lance Didier Vagnaux, président d’Interval. Les adhérents de la coopérative Interval, réunis le 6 décembre à Dole, comprennent l’allusion car la question a fait débat lors des
réunions de section. «Le retour à la normale des cours aurait dû nous réjouir, ce fut trop souvent le contraire», continue le président Vagnaux. Depuis quelques mois, la coopérative s’est heurtée à l’incompréhension à l’intérieur même de ses rangs. Le président d’Interval n’hésite pas à revenir en détail sur ces événements. Les vendeurs précoces d’avant moisson se retrouvaient avec des prix de 115 à 140 euros la tonne. Les coopérateurs payés aux prix d’acompte ne comprenaient pas que celui-ci ne correspondait pas au prix maximal de la campagne. De cette flambée des cours de 130 euros la tonne en avril à pratiquement 300 euros le 15 septembre naît un esprit de spéculation qui secoue les fondements des coopératives. « Que d’explications à donner pour ne pas passer pour des incompétents, pour expliquer que la campagne dure 12 mois, que nos clients sont à approvisionner régulièrement, que les cours du MATIF, terrain de jeux des spéculateurs, ne sont pas forcément ceux du physique, que les acheteurs ne se pressent pas toujours pour faire de mauvaises affaires, que les marchés volatils sont alimentés par la rumeur mondiale et les pénuries croissantes », enchaîne le président d’Interval. Quels prix, quelles règles, quels risques encourus furent les principaux sujets abordés lors des assemblées de section. Les coopérateurs y ont exprimé des demandes différentes voire contradictoires. Les prix très bas des années 2004-2005 ont fait se développer les propositions de prix ferme, à savoir un prix annoncé chaque semaine en fonction des ventes réalisées et un ordre de vente venant de l'agriculteur. « Un mode de fonctionnement qu’il a fallu mettre en place pour répondre à une ambiance concurrentielle exécrable », commente Didier Vagnaux. D’autres coopérateurs tiennent au prix moyen et à la mutualisation qui s’appuie sur le système des acomptes et des compléments de prix. Pas de réponse tranchée. Les deux systèmes continueront pour l’instant à cohabiter avec toutes les difficultés qu’ils peuvent entraîner pour les outils coopératifs qui doivent avoir une vision sur le long terme. « Nous resterons une coopérative saine, performante proche de l’intérêt de ses adhérents en respectant nos règles de transparence et d’égalité et en nous tenant à nos objectifs qui sont d’améliorer la qualité de nos produits et de nos services ». Une profession de foi que le président a jugé bon de rappeler en assemblée générale.
Garder des outils de transformation
La recherche de qualité passe pour les coopératives par un chemin obligé, celui de la certification. En 2009, l’ensemble des activités d’Interval seront certifiées, de la collecte en passant par le conseil et l’approvisionnement. La coopérative n’est pas prête d’abandonner son rôle de conseil et le président le rappelle avec fermeté : « Il est inconcevable de séparer le conseil et la distribution de l’approvisionnement, en particulier des phytosanitaires. Un seul pays européen, le Danemark a fait ce choix et laissé le conseil aux mains des privés. C’est là que les approvisionnements et les services sont les plus chers ! Nous avons des responsabilités de stockeurs et de distributeurs vis-à-vis de nos sociétaires.»
Pour terminer, Didier Vagnaux a redit l’attachement d’Interval aux débouchés locaux et remercié le Pays de Vesoul et de Gray ainsi que le conseil général de Haute-Saône pour leur participation au pôle d’excellence rural « chanvre et huiles d'oléagineux». Remerciements également au conseil général du Jura pour une subvention destinée à la reconversion d’Extrusel dans l’écrasement des graines de colza. Aujourd’hui, la quasi-totalité des colzas alimentaires du Jura est transformée à Chalon-sur-Saône.
Dans le contexte particulier d’un abandon forcé de la production de betterave pour les producteurs du Jura et de Côte-d’Or, la coopérative ne pouvait se désintéresser du sujet. Une fois n’est pas coutume, Didier Vagnaux a donné la parole aux représentants politiques et au syndicalisme. Frédéric Perrot, président de la FDSEA du Jura appelle à se mobiliser : « Aujourd’hui la fermeture de la sucrerie est définitive et nous avons moins d’un an pour présenter au ministère un dossier précis sur des projets de diversification et de réindustrialisation ». Un dossier sur lequel les coopératives régionales seront fortement impliquées à travers différentes pistes : chanvre, légumes, huile végétale avec Extrusel... « Comment une région comme la Bourgogne Franche-Comté peut-elle résister pour garder le peu d’’outils de transformation qu’elle possède encore en grandes cultures ? » s’interroge le président Didier Vagnaux. Une question qu’il posera à Jean-Marie Sermier, député du Jura, invité à clôturer l'assemblée générale de la coopérative.
À suivre…
Administrateurs élus ou réélus : Jean-Louis Baudard, Laurent Coutelle, Laurent Gaillard, Emmanuel Schouvey et Claude Garnier.
• La coopérative Interval en chiffres :
5 050 adhérents
1 610 livreurs
183 salariés
47 sites de collecte
291 300 tonnes de stockage
370 000 tonnes collectées�
Campagne 2006-2007 : 467 000 tonnes de collecte
La collecte de blé 2006 progresse de 10% par rapport à la campagne précédente et atteint 187 028 tonnes. La qualité est particulièrement satisfaisante avec un PS supérieur à 79 kg, un temps de chute élevé, un taux de protéines supérieur à 12,3% et une humidité très basse (12,4%). 75% des blés ont été valorisés en meunerie, 18% en amidonnerie et 7% en aliments du bétail.
La collecte en orge de 63 595 tonnes diminue de 7%. Les rendements sont décevants. Les conditions météorologiques peu favorables aux semis ont fait chuter de 30% les surfaces emblavées en orge de printemps. La qualité reste satisfaisante. Interval a commercialisé 64% de sa production en brasserie, 19% à des chargeurs étrangers et 17% en alimentation animale.
Les maïs ont également souffert des conditions météo. Cet effet, combiné à la baisse des surfaces, entraîne une baisse de collecte de 33%. La qualité est médiocre avec une forte présence de mycotoxines.
En oléagineux, les colzas représentent 33 284 tonnes (-6%) et les tournesols 10 382 tonnes (+3%). L’activité légumes progresse avec un chiffre
d’affaires 2006-2007 de 1,432 million d’euros (+3%).
Pour la campagne 2006/2007 le chiffre d'affaires «produits du sol» bénéficie de la hausse des cours et progresse de 13%. Il s'élève à 59 512 000 euros. Le chiffre d'affaires d’Interval est de 114 837 000 euros avec un
résultat net de l’exercice de 1 922 247 euros. Le résultat net du groupe Interval est de 1 225 000 euros pour une collecte totale de 466 945 tonnes.
Collecte 2007 : le maïs refait surfaceEn cette fin d'année, la collecte du groupe Interval pour la récolte 2007 se rapproche de celle de 2006, soit 454 394 tonnes. Les rendements en blés sont moyens (60 quintaux/ha) et la collecte s'en ressent (-17%). PS et temps de chutes sont en dessous de la moyenne mais le taux de protéine reste bon (12,8%). La collecte d'orge est aussi en chute : -18,5% pour les orges d'hiver avec une qualité moyenne et -45% en orge de printemps. la qualité n'est pas au rendez-vous avec des taux de protéines de 12-13%. Le colza progresse (+17%) grâce à une augmentation des surfaces (+6%) et des rendements de 30 qx/ha en moyenne. En maïs les rendements sont supérieurs à 90 qx/ha et la qualité est satisfaisante.
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