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55% d’économie sont possibles en adaptant vitesse de travail et couple, et en réalisant un entretien régulier |
Plutôt que d'investir en Cuma dans une presse à huile HVB, la FDCuma s'oriente vers la réduction de la consommation de carburant. Un poste
sur lequel il reste encore des marges de progrès importantes. Ce fut d'ailleurs le thème de l'assemblée générale qui s'est tenue le vendredi 30 novembre à Ruffey-sur-Seille.
Après avoir choisi l’huile végétale brute comme thème d’assemblée générale l’année dernière, pourquoi un tel revirement en 2007 ? Une explication apportée par Patrick Mougeot, président de la FDCuma. « L’utilisation en circuit court du tourteau issu du pressage du colza est en sommeil. En attendant d’avoir plus de recul, les Cuma n’ont pas opté pour l’HVB. La rentabilité et la qualité de l’huile sont aussi un frein. De plus, la région privilégie une réponse industrielle avec Extrusel pour valoriser localement les oléagineux ». «Les biocarburants permettent de réduire les émissions de CO2 et, un jour, ils deviendront intéressants au niveau économique », ajoute Didier Jouvenceaux, vice-président de la FDCuma. Pour agir rapidement sur les charges des exploitations, la FDCuma a demandé à plusieurs intervenants de présenter des pistes de réduction de la consommation en carburant. Elle a
aussi fait appel à Didier Vagnaux, président d’Interval et à Jacques Lançon, adjoint au maire de Lons-le-Saunier représentant Jacques Pélissard, pour présenter l’avancée de l’usine de trituration Extrusel et l’utilisation des agro-carburants par les collectivités locales. La
ville de Lons-le-Saunier fait rouler cinq de ses véhicules avec 30% d'HVB et devrait passer à 10 véhicules en 2008. À Extrusel, la production d’huile intègre des circuits nationaux de valorisation en agro-carburants et alimentaires. « Il n’est pas intéressant pour l’instant d’alimenter directement les agriculteurs en HVB, explique le président d’Interval, car elle n’est pas suffisamment raffinée et son tarif n’est pas concurrentiel avec celui du fuel ». [ NDLR : nous aurons l’occasion de revenir sur ces deux sujets dans nos prochaines éditions].
Du côté des pompes à injection
L’intervention de Jean-Marc Girard, délégué régional Deutz Fahr, a porté notamment sur le calendrier des normes
antipollution et sur l’Agrotron Natural Power, premier tracteur roulant 100% à l’HVB avec une garantie constructeur de deux ans. Seul hic, le carburant référencé ne se trouve pour l’instant qu’en Allemagne. Franck Loriot, animateur de la FRCuma Bourgogne fait régulièrement tourner un banc d’essais tracteurs dans le quart Nord-Est de la France. Les résultats montrent qu’il existe une marge de progrès pour maîtriser la consommation de carburants et jusqu’à 55% d’économie possible en adaptant vitesses de travail et couple et en réalisant un entretien et des réglages réguliers (lire en encadré). L’entretien des filtres, c’est la garantie d’un moteur en bonne santé. Un conseil que Jean-Louis
Tacher, diéséliste et spécialiste des pompes à injection au Centre technique de Branges n’a de cesse de répéter. Le carburant qui arrive aux pompes doit être sans aucune impureté, ni air, ni moisissures, pour un meilleur rendement des pompes à injection. Surtout prendre les filtres préconisés par le constructeur, les nettoyer (mais attention au compresseur qui risque de les détériorer), les changer souvent et agir à différents niveaux : préfiltre sur le tracteur, un bouchon de réservoir bien fermé, ne jamais mettre de gasoil dans des bidons ayant servi pour des produits phytos… « L’idéal serait un manomètre qui indique quand changer son filtre à gasoil sur l’alimentation de la pompe ! » À une question sur le moteur Pentone, le spécialiste répond sans concession « attention à l’arnaque ! » Des utilisateurs présents dans la salle confirment que des essais réalisés avec un montage SPAD installé sur un moteur d’enrouleur n’ont apporté aucune économie de carburant.
Par la qualité de ses intervenants, cette matinée a été très instructive et a répondu aux attentes des agriculteurs.
Des tests avec le banc d’essais tracteur auront lieu dans le Jura du 18 au 22 février. Prendre contact avec Didier Jasinski, FDCuma.
Résultats du banc d'essais tracteursChiffres FRCuma Bourgogne pour le Nord Est de la France :
•1 tracteur sur deux est sur ou sous alimenté en carburant
•1 tracteur sur 4 est surpuissant d'au moins 10%
• 1 tracteur sur 10 est sous puissant d'au moins 10%
• 1 tracteur sur 4 valorise mal le carburant envoyé (fumées défaut d'injecteurs)
• 15% des pompes à injection ont un mauvais réglage ou un élément défectueux (avance a l'injection, régulateur...)
En passant de 2 100 à 1 700 tours minutes, les enregistrements n'observent pas de perte de puissance, le couple augmente, la consommation diminue (-1,5L/h). Relevés réalisé sur un tracteur de 124 CV mis en service en 2005 (chiffres FNCuma).
Une activité soutenue• L’année 2006 a vu la création de deux Cuma de ramassage de lait. Ces deux Cuma regroupent 10 coopératives laitières qui ont embauché des chauffeurs pour six équivalents temps pleins.
• Le Contrat mécanisation 2004-2006 signé avec le conseil général se termine. Il a apporté 60 000 euros d’aide au paiement des cotisations des Cuma et 75 000 euros pour la prise en charge de 50% de temps d’animation. Un nouveau contrat 2007-2009 a été déposé par la FDCuma. Il intègre une augmentation du poste «animation» pour développer les chantiers «bois déchiqueté». Investir dans le bois énergie et aider à l’organisation de la filière, c’est le moyen pour la FDCuma de faire valoir l’expérience qu’elle a acquis dans ce domaine, grâce à certains administrateurs particulièrement impliqués, mais aussi apporter un complément de revenu aux agriculteurs.
• En 2006, 120 journées d’animation ont été consacrées à des sujets autres que les dossiers d’investissement : mise en conformité du matériel, mise à jour de règlements intérieurs, gestion de conflits...
• L’organisation, les 17 et 18 mai 2006, du premier salon de récolte des fourrages secs «Prima Herba» avec la FRCuma et le lycée agricole de Montmorot a mobilisé les animateurs et de nombreux adhérents des Cuma du Jura. Une première édition qui, malgré une météo peu clémente, a réuni près de 5 000 visiteurs et trouvé un équilibre financier. « Ce salon répond à une demande car c’est sur le terrain que l’on découvre le mieux les conditions d’utilisation du matériel. Gageons que la prochaine édition sera un véritable succès», espère le président Patrick Mougeot.
• La FDCuma a organisé sept réunions locales cet automne pour présenter le nouveau fonctionnement du réseau Cuma. Les nouveautés concernent l’organisation de la FNCuma en cinq pôles d’animation pour mutualiser les expériences entre les 12 000 Cuma de France, mais aussi le contrôle des coopératives HCCA. Un agrément qui concerne la Cuma a toutes ses étapes : création, fusion et même assemblée générale. Les animateurs FDCuma apporteront un appui sur ces documents.
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