Le Jura Agricole et Rural
Se chauffer au bois bûche
Bois de chauffage
Jura agricole et rural
Publié le:  12 décembre 2007
Page 11 

La scie circulaire débite entre six et sept stères à l’heure

Alexandre Mouls est négociant en bois de chauffage sur la commune de Villes, dans l’Ain. Il achète les grumes, puis commercialise son bois bûches à une clientèle de particuliers. Explications.


Auprès de qui achetez-vous le bois ?

« J’achète les grumes au bord des routes (façonnées), soit à l’ONF (Office national des forêts), aux particuliers, ou encore à Coforêt (coopérative forestière). Je fais appel à un grumier du secteur pour assurer leur transport jusqu’à ma plate-forme de stockage de Villes ; à raison d’un camion par semaine de mars à août. En automne et en hiver, j’achète le bois en un mètre (bord de route), toujours à l’ONF, aux particuliers, ainsi qu’aux exploitants. »


Quelles essences privilégiez-vous ?

« Essentiellement du hêtre (80 %), appelé aussi fayard, car c’est le plus flambant. Du charme également, car il a un très bon pouvoir calorifique, et du chêne. Ce dernier tient bien le feu, mais nécessite au moins deux ans de séchage. Les deux premiers sèchent en une année. Pour obtenir un bon rendement calorifique et une cheminée peu encrassée, il faut conditionner et stocker le bois à l’abri, dans un local aéré et avant le mois d’août. »


Pour quelle clientèle travaillez-vous ?

« Pour 90 % des particuliers pour leur chauffage individuel, ainsi qu’une boulangerie et une pizzeria. Les gens commandent différentes dimensions : soit en un mètre, cinquante centimètres, trente-trois ou encore vingt-cinq centimètres. En règle générale, quelqu’un qui se chauffe uniquement au bois utilise en moyenne une quinzaine de stères* pour une surface de cent mètres carrés. En chauffage d’appoint, il faut compter cinq à six stères. »


De quels matériels et véhicules êtes-vous équipé, et quelle a été votre formation ?

« Je suis équipé d’un camion, une scie, une fendeuse, et quatre tracteurs. La scie circulaire débite entre six et sept stères à l’heure. Je suis allé à l’école de sylviculture de Lamure-sur-Azergues. J’ai également travaillé comme ouvrier forestier pour l’ONF, avant de m’installer. Ce qui m’attirait c’était avant tout le fait de pouvoir travailler seul et dehors, dans la nature. J’emploie un salarié à mi-temps, en fonction des besoins. »


Le prix du bois a-t-il évolué ces dernières années ?

« Les grumes s’achètent à la tonne ou au mètre cube. Les prix varient entre quarante-cinq et quarante-huit euros la tonne rendue (une fois livrée à l’aire de stockage) ; trente-cinq euros en bord de route. Pour ma part je me fais livrer tous mes achats. Les prix n’ont pas augmenté en 2007, contrairement à 2006 en progression de deux euros. Le marché a été relativement stable les années précédentes ».


La demande est-elle en progression ?

« Pas spécialement. Elle dépend surtout du temps. Cela s’est vraiment ressenti l’hiver dernier par rapport à l’année précédente. Les gens ont brûlé 20 à 30 % de bois en moins ».

* Le volume de bois est couramment exprimé en « stères », ce qui représente une pile de rondins de 1 mètre x 1 mètre x 1 mètre. L’importance des vides explique qu’un stère réel de bois nécessite un volume total de 1,3 à 2 stères. Ce rapport s’appelle le facteur d’empilage ; il dépend principalement de la forme et de la taille des bûches.


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