Les coopératives viti-vinicoles devraient faire une série de propositions d’ici la fin de l’année pour construire le plan d’adaptation de la viticulture promis par les Pouvoirs publics.
Le plan à cinq ans pour la viticulture, proposé par Nicolas Sarkozy, nous convient. On a trop fait de court terme jusqu’à présent », a déclaré Denis Verdier, à l’issue du séminaire organisé par les Vignerons coopérateurs, le 5 décembre à Paris. A l’heure où le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, lance une réflexion sur l’avenir de la filière viticole, la Confédération des coopératives viticoles de France (CCVF) a décidé de faire des propositions innovantes au ministre de l’Agriculture, d’ici au mois de mars. Pour jeter les bases d’une sortie de crise et d’une viticulture performante et durable. « Nous devons sortir du conservatisme et du ronronnement actuels, nous voulons être la mouche du coche pour balancer des idées nouvelles, sinon le développement de la viticulture se fera en Italie et en Espagne », ajoute-t-il. Comme c’est d’ailleurs le cas actuellement. Sur la gouvernance de la filière, groupe de travail lancé par Michel Barnier, les Vignerons coopérateurs, plaideront pour un resserrement du nombre des interprofessions viticoles. « Nous devons arrêter de créer des interprofessions qui s’empilent comme un millefeuille » et qui pèsent sur la compétitivité des entreprises. Le message : la création d’une seule interprofession par région et d’une interprofession nationale qui les coifferait. Les coopératives viticoles du Languedoc- Roussillon ont décidé de donner l’exemple : elles arrêteront de verser toutes cotisations qui aboutiraient à la création de nouvelles interprofessions.
La limitation des rendements sur la sellette
Même discours sur la recherche et l’innovation, deuxième groupe de travail. Il s’agit de recentrer les moyens actuellement dispersés dans les différentes zones de production et d’éviter le saupoudrage des aides. « Nous sommes incapables de réunir des moyens importants pour faire de la recherche fondamentale » reconnaît Denis Verdier.
En matière de compétitivité de la filière, troisième groupe de travail, les coopératives viticoles sont prêtes à abandonner un certain nombre de dogmes et réglementations excessives qui brident les initiatives. Ainsi l’interdiction des copeaux de bois et de l’irrigation. « Utilisons l’eau de manière intelligente, en goutte en goutte » plaide Denis Verdier. Et de citer le Var qui a perdu 30 % de sa production en 2007, à cause du manque d’eau. Idem pour la limitation des rendements qui devrait être remise en cause dans les vins de table et de pays. « La limitation des rendements en France est en train de nous faire crever, en pénalisant notre compétitivité. Les moyens technologiques permettent de faire des produits adaptés au marché ». Une augmentation de 10 % des rendements sur les vins de table pourrait être envisagée.
Un fonds d’investissement
Sur le plan commercial, Denis Verdier reconnaît que la France dispose de trop de PME. « Nous devons favoriser, la constitution de groupes puissants de mise en marché », insiste-t-il. Aussi la CCVF plaide pour la création d’un fonds d’investissement doté de moyens importants pour favoriser les opérations de restructuration des entreprises, leur regroupement et constituer une force de frappe à l’exportation. Elle en fera la proposition au ministre de l’Agriculture en janvier prochain.
En attendant, les coopératives appuient le ministre de l’Agriculture à Bruxelles, dans les négociations de réforme de l’OCM qui pourraient aboutir fin décembre. Face aux propositions libérales de la Commission, il est convaincu comme les Vignerons coopérateurs de la nécessité de maintenir les droits de plantation, de conserver des instruments de gestion de crise et mettre les entreprises au cœur des préoccupations de la filière.
Le soutien de l'Assemblée nationale
A quelques jours de la réunion du Conseil des ministres européens de l’Agriculture qui devrait se prononcer sur la réforme de l’OCM viti-vinicole, l’Assemblée nationale a adopté une résolution visant à appuyer la position de la France à Bruxelles. Si les députés consentent à l’arrachage de 200 000 ha de vignes, comme le propose la Commission de Bruxelles, ils sont en revanche plus réservés sur d’autres orientations. Ainsi sur les droits de plantation dont ils déplorent « la trop grande libéralisation ». La résolution prône d’ailleurs « un encadrement des droits de plantation » et refuse la suppression de la chaptalisation. La représentation nationale insiste également sur « la nécessité de définir les règles d’attribution des primes d’arrachage dans la plus grande transparence ». Si les députés se félicitent de l’enveloppe de 130 millions d’euros pour la promotion du vin, ils considèrent que celle-ci devrait être orientée aussi sur le marché communautaire et pas seulement vers les pays tiers.
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