Le Jura Agricole et Rural
«Se battre pour nos signes de qualité»
Jean-Marie Sermier, député du Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  21 décembre 2007
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«Soyons les promoteurs de la Pac et essayons de maintenir un budget suffisant pour l'agriculture»

Quelle vision un parlementaire a-t-il de son territoire et de son développement ? Quelles relations entre élus et acteurs économiques ? Des questions posées à Jean-Marie Sermier, député du Jura qui était l'invité de la dernière assemblée générale d’Interval.

Député du Jura, Jean-Marie Sermier est particulièrement impliqué dans les questions agricoles. Il a été rapporteur à l’Assemblée nationale sur la réforme de la Pac, la réforme sucrière, et plus récemment sur le projet de loi concernant la reconnaissance des produits agricoles, notamment AOC, discuté le 12 décembre à l'Assemblée nationale. Il a également appuyé la demande de quota additionnel pour la sucrerie d'Aiserey. Aujourd’hui, la fermeture de l’outil industriel le conduit à se positionner aux côtés des producteurs, demandant à Cristal Union « d'assurer complètement son rôle de coopérative vis-à-vis des planteurs et des salariés de l’usine et de permettre une réindustrialisation du territoire ». Pour l’élu il semble indispensable de maintenir un certain nombre de filières de production différentes car rien ne peut laisser imaginer ce que vaudra le blé ou le colza dans quelques années. « Ce qui se gère au niveau international a un impact direct sur vos filières. Si vous voulez maintenir une agriculture forte sur votre territoire, il faut trouver une stratégie forte avec des organismes forts. Mais avoir aussi une Pac forte », résume Jean-Marie Sermier. L’heure n’est plus aux récriminations contre l’OMC ou la Pac. « La mondialisation est un fait. L’OMC est l’arbitre. Il faut être capable d’y défendre la vision originale de la France, qui n’est pas isolée au niveau européen ». L’agriculture européenne est souvent montrée du doigt au niveau mondial car elle a bénéficié de restitutions et de subventions justifiées par l’aménagement du territoire et la qualité de ses produits. Aujourd’hui, l’OMC réclame « une vision claire et précise des signes de qualité ». Cela passe notamment par une révision de certaines AOC et le contrôle par des organismes indépendants. « Une chance plus qu’une contrainte, estime l’élu, et une plus grande capacité à être défendu à l’OMC et dans l’Union européenne. »

À plusieurs reprises, l’élu rappellera qu’ «il est essentiel de maintenir le dialogue avec le consommateur, d’expliquer que l’alimentation est un bien commun qui n’offre pas les mêmes garanties sanitaires et de qualité selon les pays. Qui, mieux que le producteur, est capable de nous protéger ? Il faut absolument se battre sur nos signes de qualité. Une plus grande technicité et une plus grande qualité, voilà notre vrai protectionnisme ! »


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