|
Le renforcement des partenariats avec les organisations professionnelles est l’une des priorités du nouveau projet d’entreprise |
Le CER du Jura a quitté les eaux troubles où il voguait. Avec un nouveau directeur et un projet d’entreprise, le cap est désormais mis sur l’accompagnement durable des adhérents du milieu agricole. Et sur l’ouverture à de nouveaux adhérents, autorisée désormais par la réforme des professions comptables.
La tempête au niveau de ses dirigeants, une période de troubles… ». Les mots sont de Jean-Louis Mouillebouche, le président du centre d’économie rurale du Jura qui tenait son assemblée générale annuelle à la mezzanine de Juraparc. Après une fin d’année 2006 mouvementée, le CER du Jura est reparti sur de nouvelles bases. Un nouveau président, un directeur qui s’avère « l’homme de la situation », le travail assidu des membres du conseil d’administration et la « réactivité » des collaborateurs, la communication rétablie avec les organisations professionnelles… Autant de facteurs qui aujourd’hui permettent de parler plus facilement du passé. Et, surtout, de voir l’avenir avec un autre regard.
Ce regard, c’est celui que chacun des responsables et collaborateurs du centre jurassien portera désormais au travers du prisme du projet d’entreprise. Un projet dont la vice-présidente Christine Grillet a rappelé les enjeux : « L’enjeu était de mettre en évidence quelles étaient nos ambitions pour notre CER, tout en s’assurant qu’elles étaient bien compatibles avec nos valeurs fondatrices de professionnalisme, de compétence, d’objectivité, de neutralité dans le conseil fourni, de confiance, ainsi que de sérieux. La proximité est également une valeur qui nous semble importante. »
De nouvelles valeurs
Et Christine Grillet d’expliquer la démarche : « Notre principale ambition est, en tout état de cause, de satisfaire les besoins exprimés, ou non, de nos adhérents et de favoriser la réussite de leur projet. Permettre aux entrepreneurs et acteurs économiques de formaliser leurs projets et d’atteindre leurs objectifs, et les accompagner durablement dans la gestion de l’ensemble des fonctions de leurs entreprises par une offre de service pluridisciplinaire.
Ce travail autour du projet d’entreprise nous a permis aussi de mettre en évidence de nouvelles valeurs à développer au sein de l’entreprise : celles de la créativité, de l’enthousiasme, voire même d’oser étonner… »
Le protocole de Frasne
Pour cela, le conseil d’administration a dû prendre en compte un nouvel environnement réglementaire avec le passage en AGC, opportun pour s’ouvrir plus largement sur le monde rural. Un rapprochement s’est fait avec la filière lait et plus particulièrement le monde des coopératives, demandeuses de conseils et d’outils de lisibilité.
« Dans le département du Doubs, jusqu’à aujourd’hui la FDCL assure la comptabilité des coopératives par l’intermédiaire d’un groupement d’employeurs nommé Gecaf, poursuit la vice-présidente. Le Gecaf s’est trouvé confronté, de la même manière que le CERJ, à l’application de la réforme des professions comptables.
Les CER du Doubs et du Jura, les FDCL du Doubs et du Jura ont décidé de se mettre autour d’une table dans l’objectif de rechercher un dispositif conforme à la loi et qui répond aux attentes de chacun. Ces réflexions se sont concrétisées par la signature du protocole dit « de Frasne » qui institua la volonté de créer un outil interdépartemental d’amélioration du service rendu, avec pour finalité l’élaboration d’une offre de service globale et complète pour toutes les coopératives.
Ce projet nous paraît un bon moyen de renforcer une filière tout entière au-delà des frontières départementales. Actuellement, nous travaillons à finaliser le rapprochement de l’activité du Gecaf au sein de la future AGC Jura pour le 1er juillet 2008. »
25,4 millions d’euros de DPU versés
Différentes interventions ont ensuite émaillé les travaux de l’assemblée, en particulier celle de Jean-Pierre Ligier, le président des vignerons indépendants du Jura, a apprécié le partenariat entre le CER et le syndicat qu’il préside : « Nous avions besoin de connaître l’évolution de la viticulture jurassienne sur les cinq dernières années. Les éléments que vous nous avez fournis nous permettent de participer à la réflexion sur l’avenir de notre filière. Votre travail, cet état des lieux a été très apprécié… »
Plus technique a été l’intervention de Mme Berthet-Bondet, la représentante de la direction départementale de l’agriculture et de la forêt, qui a donné des chiffres sur la dernière campagne Pac et sur les aides « qui avaient dû arriver sur les comptes des exploitants ».
Pour le premier pilier, ce sont 29 millions d’euros qui ont été versés dans le Jura, dont 25,4 millions de DPU,
3,5 millions d’aides céréales (pour une surface de 44 150 hectares), 9 700 euros de primes protéagineux, 9 200 euros d’aides aux cultures énergétiques… pour un total de 1 890 dossiers.
1 101 dossiers ont reçu une aide au titre de la PHAE, 133 ont – pour l’instant – bénéficié de la PHAE2, 1 148 de l’ICHN (soit 5,5 millions d’euros) et 290 de la prime vaches allaitantes (1,3 million).
M. Clerget, directeur départemental des services fiscaux, a fait part de son objectif d’ « amélioration du civisme fiscal » et, eu égard à « l’évolution importante qu’entraînera la réforme de la profession comptable », a souhaité « bon vent » au CERJ qui naviguera désormais sous le pavillon de « CER France Jura ».
Le centre en chiffres
• 1 869 adhérents au 30 juin dernier, dont 1329 au réel, 168 au forfait, 79 à la TVA, 53 coopératives, 90 Cuma, 113 artisans, commerçants et services (ACS), 37 OPA, services de remplacement, groupements d’employeurs, EURL, associations foncières…
• Un pôle « développement conseil » avec une équipe de huit conseillers spécialisés en accompagnement en complément de 11 comptables conseil.
• Un pôle « production » décliné en deux services agricoles et trois services (viticulture, coops, Cuma, OPA et ACS).
• Des partenariats renforcés avec plusieurs organisations professionnelles.
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- La Safer et le droit de préemption
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- La paille a-t-elle un prix ?
- Personnaliser le collectif
- Un combiné bois de chauffage à l'essai
- Une récolte 2008 abondante
- La Vache qui rit se met en scène
- Plantations : Les distances à respe...
- Un dimanche à la ferme
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




