Le Jura Agricole et Rural
Enjeux sanitaires
Plan salmonelles - transmission des informations
Jura agricole et rural
Publié le:  21 décembre 2007
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Une meilleure communication entre les maillons de la filière porcine est en cours d’élaboration : le but est de mieux gérer les principaux risques alimentaires.

La sécurité alimentaire, selon le « paquet hygiène », est l’affaire de tous les maillons d’une filière, chacun avec des responsabilités à son niveau. « Qu’en est-il de l’amont, des fabricants d’aliments par exemple ? », interroge Joël Pourchet. « Eux aussi sont concernés par un guide des bonnes pratiques de leur profession et doivent mettre en œuvre les mesures et les contrôles nécessaires », le rassure Anne Hémonic. Dans ce dispositif, la transmission d’information est essentielle. « On peut envisager, par exemple, que la tournée de ramassage des porcs charcutiers pour l’abattage est adaptée en fonction du statut sanitaire des élevages, pour réduire le risque de contamination d’élevages sains », explique la vétérinaire.

Six grands types de risques ont été listés, en ce qui concerne la transmission d’informations entre éleveurs et abatteurs. D’abord la présence d’aiguilles cassées (une information actuellement transmise via des boucles spécifiques). La présence d’abcès visible ou les boiteries, des animaux excréteurs de salmonelles, la présence de trichine, des dangers particuliers ou encore des dangers exceptionnels (par exemple l’ingestion accidentelle de substances dangereuses par les porcs). « Cette transmission se fera à l’avenir via le bon d’enlèvement. Celui-ci va être remanié pour pouvoir y indiquer ce type d’informations », précise la vétérinaire.

Plan de maîtrise des salmonelles

Autre sujet en lien avec ce volet sanitaire, la mise en place d’un plan national salmonelles en élevage porcin. « Les salmonelles sont la première cause de toxi-infections alimentaires (elles sont surtout présentes dans les ovoproduits). On voit émerger des souches polyrésistantes aux antibiotiques. De plus cette maîtrise du risque revêt aussi un intérêt économique, puisque dans les pays européens où un plan de lutte existe déjà, les acteurs de la filière porc en font un argument de vente, notamment pour conquérir des marchés à l’exportation. Enfin, il faut limiter les risques d’une crise sanitaire et médiatique autour de la viande de porc », indique Anne Hémonic. « Combien ça va coûter ? », demande Michel Delacroix. « On évalue le coût des analyses (neuf prélèvements par élevage tous les trois mois) à 1,5 million d’euros. »

Les résultats de ces analyses alimenteront la base de donnée nationale (BDPorc) et permettront de qualifier les élevages, selon un calcul de moyenne glissante. Le statut 1 sera attribué aux élevages de « faible séroprévalence », le statut 2 aux élevages intermédiaires, et le statut 3 aux élevages à risque.

« Ce plan va être mis en place d’ici juin 2010. En Suède, pays qui avait connu une forte épidémie de salmonellose dans les années cinquante, avec une centaine de morts, un plan a été mis en place très tôt. Aujourd’hui tous les élevages suédois ont un statut indemne. Mais en France, le but est plutôt de maintenir un niveau d’excrétion bas et de limiter le portage. »


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