Le CFPPA de Châteaufarine vient d’inaugurer son nouveau laboratoire de transformation. Equipé du dernier cri, il est conçu pour accueillir simultanément deux groupes dans un espace pensé pour être efficace dans le travail.
Je vous invite à suivre le chemin de l’escargot », lance Jean-Bernard Théry, directeur du CFPPA de Châteaufarine. Vendredi 16 novembre, alors que les producteurs d’escargots allaient se
retrouver en concours à l’occasion du salon Franche-Comté terre d’arômes, l’inauguration de l’atelier de production hélicicole était programmée le même jour. Les officiels — conseil régional, chambre d’agriculture, Draf… — suivent donc allègrement le chemin. « J’espère que ce ne sera pas au rythme des escargots », plaisante un des visiteurs. On ne passera pas, malgré tout, au pas de charge, l’assistance nombreuse ne facilitant pas la manœuvre. De pièces en pièces, on finit par emprunter un escalier… « En colimaçon, ce qui est normal pour un tel établissement », glisse un autre visiteur à son voisin. De place en place, on découvre un atelier de transformation aux normes européennes. Ce qui n’est pas une hérésie quand on forme de futurs professionnels qui devront bien s’y plier. C’est aussi un lieu qui regorge de matériels dernier cri. « L’autoclave, la nouveauté qui amène de nouvelles possibilités pour notre établissement, consomme six fois moins d’eau et six fois moins d’énergie que les machines précédentes », explique Emmanuel Colin, formateur hélicicole qui travaille en binôme avec Romain Pape, technicien hélicicole.
Un outil fédérateur
« Cet équipement répond aux exigences de la formation et est un outil qui appuie la filière hélicicole », avance Joël Demule, directeur de l’EPL (établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole) « Ici, les élèves pourront découvrir une nouvelle production. Et pourquoi pas y découvrir une nouvelle source de motivation. Tout en touchant du doigt un outil dont ils auront besoin, demain, en tant que professionnels. »
« Il faut savoir qu’en vente directe, trois années sont nécessaires avant d’arriver à se trouver en vitesse de croisière », ajoute Emmanuel Colin. « Au début, les gens vont à l’essentiel donc se consacrent à l’élevage. » L’investissement est limité. Un parc et peu de surface suffisent. Le bois et les filets ne représentent pas un coût énorme. « Au niveau de la vente, ils trouveront les moyens d’y arriver car il s’agit d’en vivre. » Là aussi, l’investissement est réduit. Une pièce ou un parasol permettent de se lancer dans la vente directe. « Mais c’est au niveau de la transformation que ça pêche. » L’investissement dans un laboratoire aux normes est un frein économique conséquent. D’où l’intérêt de cette nouvelle structure. « Deux équipes pourront y travailler simultanément. » Le CFPPA y assurera sa propre production. Et aura un œil sur celle de l’éleveur qui sollicitera l’établissement. « Nous serons aussi là pour le guider et pour lui assurer notre soutien. » Dans l’esprit d’une complémentarité pédagogique. « Une fois le diplôme validé, on franchit le grand pas et on se retrouve en face de la réalité. Généralement, on en bave pour progresser. » Avec cette aide, les choses devraient aller plus vite.
Ce nouvel outil de transformation a aussi une autre vocation. « Il devrait fédérer les membres de la filière hélicicole », estime Emmanuel Colin. « Ce laboratoire devrait améliorer encore plus notre dimension collective ; ce qui nous permettra de dynamiser l’image de l’escargot. »
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