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Les stocks fourragers sont abondants, mais leur qualité est assez décevante |
Avec les réserves de rigueur liées au niveau de production déjà atteint, à l’état et qualité des stocks fourragers, etc., plusieurs leviers sont disponibles pour booster la production : d’abord l’augmentation des effectifs à la traite, puis l’allaitement des veaux. Le levier “concentré” s’avère peu efficace ramené en livraisons par vache.
Dans un contexte de demande en produits laitiers insatisfaite sur le marché mondial, les pouvoirs publics et la filière laitière ont choisi d’accorder à tous les éleveurs un droit à dépasser leur référence individuelle d’au moins 10%. Simultanément, après plusieurs années de baisse de prix du lait à la production, des hausses de prix significatives sont annoncées ou accordées aux éleveurs. Or l’envolée du prix des aliments du bétail tempère un peu les élans et les solutions techniques et économiques pour répondre à cette demande ne sont pas aussi nombreuses et pertinentes qu’on le souhaiterait. Pour la fin de campagne 2007/2008, le poste “aliments achetés” devrait subir une hausse voisine de 25 % par rapport à la fin de campagne précédente.
Dans un tel contexte, l’Institut de l’Elevage a souhaité rappeler quelques bases zootechniques régissant la production laitière, dans le souci de donner au plus grand nombre les éléments de réflexion qui leur permettront de raisonner ou d’infléchir à court terme leur stratégie de fin de campagne 2007-2008. Bien évidemment, dans le contexte des systèmes laitiers français qui privilégient l’autonomie fourragère des exploitations, les marges de manœuvre permettant d’augmenter la production à court terme par un apport supplémentaire de concentrés sont étroites.
Marges de manœuvre étroites
Avec les conditions climatiques du printemps et de l’été 2007, les stocks fourragers sont abondants, mais leur qualité est assez décevante. Partout le manque de vaches et de génisses se fait cruellement sentir, et il constituera le principal facteur limitant pour les grandes régions laitières de l’ouest et du nord. Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, les effets de la fièvre catarrhale ovine se font désormais nettement sentir dans le nord et l’est du pays. Ce nouvel handicap risque d’ailleurs de perturber également la campagne 2008/2009.
Premier levier pour augmenter la production laitière : maximiser l’ingestion. Dans un troupeau ne cumulant pas toutes les bonnes pratiques, il y a un gain facile de 0,5 kg à 1,5 kg de MS/j ce qui permet d’augmenter la production de 0,5 l à 2,0 l de lait par jour selon la situation initiale. Pour cela, les fourrages distribués doivent être appétents ; dans les ensilages, les parties moisies, celles pourries avec présence de terre, les contours de silo (sous la bâche, en début de silo) qui sont moins bien tassés, et les zones à proximité d’un trou dans la bâche doivent être écartées avant le désilage ; si elles sont distribuées, les vaches limiteront leur consommation. Les foins et les pailles qui ne sont pas secs (brins souples, toucher humide), qui comportent des moisissures (tiges et feuilles piquées de points de couleur variable), qui sont poussiéreux et comportent de la terre, qui ont une odeur de terre ou de moisi doivent être écartés de la ration. Quelques kilos d’un fourrage moins appétent pourront pénaliser l’ingestion de l’ensemble de la ration. Une distribution de la ration par jour et deux interventions à l’auge conviennent en hiver, car avec les températures basses les fourrages fermentent un peu dans la journée.
Deux distributions de la ration par jour et deux interventions à l’auge sont nécessaires par temps doux et humide (de type automne et printemps), surtout avec des fourrages humides et instables car ces derniers subissent une reprise de fermentations qui les rend moins appétents (odeur désagréable, échauffement). En cas de libre-service au silo, le front est détassé une ou deux fois par jour selon la capacité du dispositif d’auge. En cas de journées douces et humides, il est recommandé de l’effectuer deux fois par jour. Pour décider du rythme à pratiquer, vérifier que la ration au pied du silo ne s’échauffe pas dans la journée.
Enlever les refus
Les refus sont enlevés tous les jours ; s’ils restent plus de 24 heures en fond d’auge, ils communiquent à l’ensemble de la ration des odeurs répulsives pour les vaches et constituent un foyer de reprise des fermentations. Si les refus sont consommables, c’est-à-dire qu’ils ont le même aspect que la ration distribuée, il suffit d’apporter quotidiennement 5 % de plus que ce que consomment les vaches à volonté. Sinon, si les animaux trient et que l’on retrouve dans les refus des particules non consommables (pourries, très grossières, non digestibles), il faut distribuer 7 à 8 % de plus que ce que consomment les vaches à volonté. Les refus consommables sont distribués aux génisses ou aux vaches taries, avec un autre complément fourrager. Cette pratique permet de les habituer progressivement à la ration de lactation.
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