Le Jura Agricole et Rural
Quotas difficiles à réaliser
Situation franc-comtoise
Jura agricole et rural
Publié le:  10 janvier 2008
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De gros problèmes d’appétence du foin sont rapportés

En Franche-Comté, la campagne 2007/2008 a démarré à un bon niveau mais la collecte a nettement fléchi depuis l’été et on se situe désormais en dessous du niveau de 2006, ce que confirment les résultats des contrôles laitiers, en diminution depuis juin.

Les livraisons de lait à Comté enregistrent elles aussi une baisse de l’ordre de 3% par rapport à la dernière campagne où le quota avait été atteint. Pour les éleveurs des plateaux, produire du lait au-delà de son quota sera très difficile. Les conditions climatiques de l’été ont en effet sérieusement dégradé la qualité des foins et les stocks de regain sont limités. Dans ce contexte, le recours au levier “concentré” sera dans certains cas peu efficace, voire générateur de troubles métaboliques.
Problèmes d’appétence
Après les fortes chaleurs et le déficit hydrique d’avril, des pluies importantes ont perturbé la récolte des foins, qui s’est étalée jusqu’à fin août. Les résultats d’analyses ne sont toutefois pas si mauvais car les fourrages comportaient une forte proportion d’herbe jeune ayant poussé à travers les tiges de stade plus avancé. Les taux de cellulose brute (CB) sont faibles (de l’ordre de 30 % au lieu de 32% habituellement), ce qui risque d’accroître les risques d’acidose cet hiver. Mais au-delà du verdict des analyses, celui des vaches est plus inquiétant, car on rapporte de gros problèmes d’appétence. Heureusement, les regains sont de très bonne qualité car ils ont pu être récoltés dans de bonnes conditions et au bon stade. Si les stocks de foin sont abondants, les quantités de regain sont plus réduites par manque de 3e coupe. La moitié des éleveurs ne pourront pas atteindre l’objectif de 40% de regain dans la ration, sans compter qu’avec la faible teneur en CB des foins, il sera de toute façon préférable de limiter la proportion de ce fourrage.
Située en bordure des régions de l’Est plus impactées, la Franche-Comté a été assez peu touchée par la fièvre catarrhale. Les contraintes liées à la circulation des animaux font que certains éleveurs ont gardé davantage de génisses ou de vaches, ce qui pourrait leur permettre d’accroître leur potentiel de production laitière. Selon les conditions météorologiques de l’hiver et du printemps à venir, on peut craindre pour 2008 un plus grand nombre de cas cliniques avec d’éventuelles baisses de production laitière, dans un contexte où le front migratoire poursuit sa progression et où la disponibilité du vaccin sera limitée. Toutefois, la zone des plateaux présentera toujours des conditions moins favorables à la propagation de la maladie.
Avec une offre de vaches laitières quasiment nulle, les éleveurs ne peuvent compter que sur leur propre troupeau pour augmenter la production. Comme ailleurs, certains conservent des vaches destinées à la réforme, avec les dérives que l’on sait sur la qualité du lait. Le recours au lait en poudre est également mis en œuvre pour les veaux mais là encore au détriment de la qualité du lait livré, car une bonne partie du lait destiné aux veaux provenait de vaches à numérations cellulaires élevées. Sur le plan alimentaire, s’agissant de régimes à base de foin déjà riches en concentrés, la prudence est de mise.
La bonne stratégie consiste à tenir compte avant tout du niveau d’acceptation de la ration de base par les animaux, puis à raisonner un supplément éventuel de concentrés en surveillant les risques d’acidose. Pour produire plus de lait, l’essentiel est d’augmenter la densité azotée de la ration. Les fourrages sont suffisants en volume mais de qualité énergétique assez faible ; le recours à des coproduits concentrés pourra dans certains cas permettre d’y remédier. Compte tenu de l’augmentation du prix des aliments, il faudra de toute façon valoriser au maximum le fourrage, même si celui-ci n’est pas d’une excellente qualité.
Campagnols terrestres : le retour ?
Dans la zone des plateaux, la prochaine campagne risque d’être perturbée par un nouveau cycle de pullulation de campagnols terrestres. Si cette crainte se confirme, les prochaines récoltes de fourrages seront sans doute affectées, ce qui compromettra inévitablement la production régionale Franc-comtoise.


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