Même si les cours céréaliers de 2008 ne devraient pas rester au plus haut, ils incitent à aider à la recherche d’un nouvel optimum technico-économique pour les traitements fongicides.
Un euro investi en traitement fongicide en 2006 laissait espérer un gain de quatre euros. Avec l’augmentation du prix des céréales, le même euro investit en 2007 doublait presque la mise avec un espoir de gain de sept euros sous le double effet de l’augmentation du prix des céréales et de la forte nuisibilité des maladies. Au prix payé pour le blé, il devient particulièrement rentable d’aller chercher les derniers quintaux possibles, sans pour autant tomber dans le traitement aveugle et systématique. Cela passe par la recherche d’un nouvel optimum technico-économique : produire plus quand les marchés réclament des volumes, traiter contre des maladies émergentes, comme la rouille brune au nord de la Loire et répondre à l’exigence qualitative européenne en matière de mycotoxines. Encore faut-il pour cela disposer d’un nombre suffisant de solutions pour rester efficace dans un paysage parasitaire évolutif !
De nouveaux repères
Les producteurs doivent disposer de nouveaux repères en raison de l’évolution forte du contexte économique notamment. C’est ce que leur propose ARVALIS - Institut du végétal, tant sur les blés que sur les orges, avec une relecture fine des références techniques. Optimiser l’utilisation des intrants est en effet un exercice difficile face au grand nombre d’inconnues ! ARVALIS - Institut du végétal propose donc un modèle technico-économique construit à partir de ses différents essais. Pour une nuisibilité de 20 quintaux/hectare des maladies foliaires (donc sans prendre en considération le piétin verse et la fusariose) et pour un prix du blé à 20 euros/quintal, la dépense optimale en traitements fongicides se situe autour de 80 euros/ha. Elle n’est déjà plus que de 70 euros/ha pour un prix du blé à 17 euros/q. À ce prix-là, et si la nuisibilité est plutôt de 15 q/ha, la dépense optimale descend elle aussi, à 60 euros/ha.
Rappelons qu’en moyenne ces cinq dernières années, la perte de rendement due aux maladies foliaires s’établit à 14,3 q/ha avec 15 q/ha en 2006 et 25 q/ha en 2007. Difficile de prévoir aujourd’hui la pression parasitaire de 2008 comme les prix payés à la récolte. Mais les repères proposés doivent permettre d’actualiser les programmes de traitement utilisés en 2007. Les propositions de programme en morte-saison, formulées par ARVALIS - Institut du végétal, évoluent sensiblement à la hausse avec des doses réévaluées et l’intégration du risque de rouille brune. Pour les variétés les plus sensibles et les régions les plus exposées, les programmes de traitement sur les feuilles intégreront, par exemple, des strobilurines entre 50 et 75 g/ha.
Quelques règles pour la protection
Traitement en T1: sur la septoriose, les triazoles ne sont pas proposés seuls, mais associés au prochloraze, au chlorothalonil ou au boscalid pour consolider leur efficacité (Joao, intrinsèquement plus efficace que les autres triazoles peut aussi être utilisé seul à ce stade).
Traitement en T2 : Les strobilurines trouvent naturellement leur place en T2, du stade dernière feuille à l’épiaison, pour contrôler la rouille brune et, le cas échéant, Microdochium nivale. Leur présence ne présente pas de caractère obligatoire pour les variétés peu sensibles ou moyennement sensibles à la rouille brune. En cas d’adjonction de strobilurine, la dose proposée est de 0,2 à 0,3 l/ha.
Traitement en T3 (Floraison) : Attention, ne pas utiliser de strobilurine à la floraison, pour toutes les situations agronomiques où le risque de fusariose est avéré et pour lesquelles l’objectif de qualité sanitaire est prioritaire : utiliser alors un triazole seul. Si l’on souhaite privilégier le rendement et/ou en l’absence manifeste de risque de fusariose, l’association « triazole + strobilurine » est possible à la floraison à une dose recommandée de 0,2 à 0,3 l/ha de strobilurine.
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