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Jean-François Guedon céréalier à Saint-Maurice-de-Gourdans dans l’Ain. |
Le marché à terme permet de se protéger contre les variations du marché. Il permet à l’agriculteur de se couvrir contre une baisse des cours ou profiter d’une hausse, donc d’assurer son revenu.
Sur le marché à terme s’échangent des contrats normalisés portant sur des marchandises telles que le blé, le colza, le maïs, la viande porcine, etc. L’agriculteur s’engage contractuellement sur un prix, une quantité, et une qualité standardisée à une échéance précise.
« Le principal avantage, c’est que vous connaissez le prix de votre produit. Cela vous met à l’abri des fluctuations. Il a longtemps été présenté comme un objet de spéculation, ce qui est absolument faux », explique Jean-François Guedon, exploitant dans l’Ain, qui utilise ce système depuis trois ans.
En clair, l’agriculteur regarde au moment de semer si le prix qu’il peut obtenir sur le marché à terme est suffisant pour dégager une marge. Auquel cas il peut fixer une partie de son prix de vente final en vendant tout de suite une part de sa récolte. Contrairement à une transaction de gré à gré, une vente sur les marchés à terme est totalement sécurisée par les chambres de compensation comme Clearnet.
Jean-François Guedon commercialise « une bonne partie de sa production » de colza, maïs, et blé par ce biais, sachant que « par sagesse, on ne peut pas positionner l’intégralité de la production (aléas climatiques, etc.). Au moment du semis, j’engage 30 %, après le printemps trente autres pourcents, puis l’intégralité si les conditions sont favorables ». Avant de connaître le niveau de sa récolte en quantité et en qualité il faut privilégier les stratégies à base d’options qui sont des assurances indexées sur le niveau du marché à terme qui permettent de se protéger contre des hausses ou des baisses du marché.
En pratique, les étapes à suivre sont : se former auprès d’un organisme agréé ; ouvrir un compte, les ventes s’effectuant par l’intermédiaire d’un négociateur agréé ; passer l’ordre de vente ; et enfin sortir du marché. L’agriculteur « déboucle sa position » en rachetant sur le marché le même nombre de lots vendus initialement. Le marché à terme ne modifie pas le circuit de commercialisation. La livraison est réalisée traditionnellement avec les organismes stockeurs locaux.
« Le système est économiquement très intéressant. Ce sera le devenir d’une bonne partie des exploitations, qu’elles soient productrices ou consommatrices de céréales. Cela permet de fixer des cours et des marges, et d’avoir une approche beaucoup plus sereine des choses », ajoute Jean-François Guedon.
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