Venus très nombreux, en cette matinée du 18 décembre dernier à Brazey-en-Plaine, les producteurs de betteraves du Centre Est ont participé successivement à deux assemblées générales : l’assemblée générale extraordinaire de dissolution de la société « Bourgogne Betteraves » et l’assemblée générale ordinaire de la Sica « Secopulpe de Bourgogne ». Cette rencontre a aussi permis de faire un premier bilan de la campagne sucrière en cours, d’échanger sur « l’après Aiserey » et d’assister à une rapide présentation de la culture du miscanthus.
Frédéric Le Grand, président du Syndicat régional des producteurs de betteraves du Centre Est, syndicat actionnaire majoritaire de la société « Bourgogne Betteraves », a procédé à la liquidation de ladite société, au cours d’une assemblée générale extraordinaire convoquée à cet effet. Avec la disparition de la filière betteravière du Centre Est, cette société n’avait plus d’objet. Les cinq résolutions permettant de procéder à la liquidation, à compter du 18 décembre 2007, ont été adoptées à l’unanimité des membres présents. Le capital de 157 422 euros, répartis en 9 500 actions, sera remboursé à ses détenteurs au cours du mois de janvier 2008.
Campagne en cours : premier bilan
Étienne Genet, directeur de l’usine d’Aiserey, a présenté un premier bilan de la campagne en cours : « Une campagne atypique. La meilleure de l’usine d’Aiserey ! ».
Quelques éléments de cette campagne : 478 000 tonnes de betteraves estimées, une tare terre sur brut de 13,5 (faible), une richesse d’environ 18,10, un rendement de 85 tonnes à 16 de richesse, une campagne de 90 jours avec une fermeture annoncée le matin de Noël 2007. Le tout avec une augmentation de la production sucrière supérieure de 15 à 20 000 tonnes. Un très bon millésime pour cette dernière campagne, donc.
Concernant l’activité de la Sica : une bonne qualité des pulpes. Une production de 41 000 tonnes de pulpes surpressées (+ 20 %) et de 12 000 tonnes de pellets (+ 50% en moyenne), pour un résultat d’exploitation en hausse. De plus, les investissements en énergie lignite portent leurs fruits. Après des débuts délicats, l’utilisation de cette nouvelle énergie est bien maîtrisée.
Étienne Genet a conclu son intervention sur les atouts de la Sica « Secopulpe de Bourgogne » : un personnel compétent, motivé, avec un véritable savoir-faire ; un coût de l’énergie pour déshydrater compétitif et stable ; un positionnement géographique quasi idéal de par sa proximité avec : une zone de production agricole, un nœud autoroutier et des zones d’élevage. Un outil, donc, à préserver et à développer.
Avenir de Secopulpe de Bourgogne
L’avenir de la Sica « Secopulpe de Bourgogne » a été évoqué. Après l’introduction du président, Jean-Pierre
Gachot, Étienne Genet a été invité à rappeler le bref historique qui a conduit à la fermeture de la sucrerie d’Aiserey : du panel à l’OMC à Aiserey, en passant par la réforme de l’OCM à Bruxelles et la décision du conseil d’aadministration de Cristal Union.
À partir de cet historique, Jean-Pierre Gachot n’a pas mâché ses mots : « L’Union européenne a créé une machine à tuer. Déjà cinq fermetures d’usine annoncées, dont celle d’Aiserey ». Selon lui, il n’y a que deux solutions : l’arrêt de l’activité, la destruction de l’outil et le remboursement du capital aux planteurs qui détiennent 80 % des actions, d’une part, ou la recherche de nouvelles activités agro-industrielles pour valoriser l’outil, d’autre part. C’est cette dernière solution qui reste privilégiée par les administrateurs de la Sica. Sans doute à partir d’une nouvelle structure économique et juridique, deux pistes de « production d’énergie » sont déjà à l’étude : la production d’énergie pour l’alimentation animale (betteraves fourragères ou …) ou/et la production d’énergie calorifique. Des travaux de recherche sont en cours, avec des éléves de l’ENESAD de Dijon, et des contacts sont pris dans ces deux domaines pour envisager de nouvelles contractualisations, voire des rapprochements avec des sites ayant la même démarche. Rendez-vous est d’ores et déjà donné au premier trimestre 2008, avec les « actionnaires », pour étudier le résultat de ces diverses investigations et prendre les décisions inhérentes.
L’après sucrerie d’Aiserey
Le débat ouvert par Jean-Pierre Gachot a permis d’aborder de nombreux sujets : l’avenir de l’irrigation en Côte-d’Or ; préserver l’esprit de partenariat qui a prévalu au sein de la filière betteravière du Centre Est ; la nécessité d’études sérieuses, fiables et durables pour décider de l’avenir de l’outil de la Sica ; le soutien actif des organisations professionnelles des départements concernés ; les moyens disponibles ou à rechercher pour financer de nouveaux projets ; le comportement des responsables de Cristal Union (coopérative) ; la différence de traitement entre les planteurs suivant les zones de cessation d’activité ; les questions fiscales liées à l’arrêt de production et ses effets indirects (taxe professionnelle correspondant à 25 % de la commune d’Aiserey, des emplois directs et indirects sacrifiés, …) ; l’indemnisation des entrepreneurs et des adhérents des Cuma spécialisées ; les négociations en cours (indemnisation complémentaire des producteurs, montant de la vente de la production hors quota, indemnisation des investissements non amortis, ré-industrialisation du site et de la zone de production, …).
Beaucoup des questions sans réponse, ce 18 décembre 2007 à Brazey-en-Plaine, malgré les efforts des responsables professionnels, dont Frédéric Le Grand, ou du représentant de l’administration, Christian Vanier, DDAF de Côte-d’Or. Des questions qui devront trouver des réponses avant le mois de septembre 2008, pour engagement avant décembre 2010.
Avant de conclure, Jean-Pierre Gachot a invité Benjamin Gérard, technicien de la chambre d’agriculture de Côte-d’Or, à présenter la culture du miscanthus. Cette culture dédiée fait partie des études et recherches en cours, notamment pour la production d’énergie calorifique.
Une matinée intense au cours de laquelle les sentiments furent très partagés. Des sentiments variant du pessimisme et du fatalisme – bien évidemment – au réalisme, voire à la recherche d’un petit signe d’espoir pour l’avenir.
- La paille a-t-elle un prix ?
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- Un dimanche à la ferme
- La Safer et le droit de préemption
- Biocarburants : la profession s'int...
- L'emploi des jeunes pendant les vac...
- «L'avenir est dans la chèvre !»
- Prévenir les risques d'incendie de...
- Plantations : Les distances à respe...
- Quand la passion nous aide à surmon...
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




