Le Jura Agricole et Rural
Inra : prospective «Agriculture 2013»
Jura agricole et rural
Publié le:  24 janvier 2008
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En partenariat avec le Crédit agricole et Groupama, l’Inra a conduit une étude prospective, intitulée : «Agriculture 2013» qui invite à débattre sur les objectifs d’une politique agricole européenne, avant d’envisager les outils à mettre en œuvre.  

Des économistes, des agronomes, des écologues … plus de mille spécialistes ont participé à la prospective « agriculture 2013 » menée pendant deux ans par l’Inra. Cette étude montre, avant tout, que l’agriculture française et européenne de l’après 2013 dépend de nombreux facteurs aux influences potentiellement contradictoires : croissance économique, biocarburants, environnement, Pac, négociations du cycle de Doha … Associant analyses quantitatives et qualitatives, la prospective apporte un éclairage sur les rôles de ces différents facteurs. Parmi les enseignements généraux de l’étude, il est mentionné les fortes incertitudes sur la situation de l’agriculture après 2013. D’où, selon l’Inra, le besoin d’une politique de gestion des risques de fluctuation des prix et de la production : « la politique européenne de demain devra autant stabiliser que soutenir les marchés et les revenus ».

Autre enseignement assez clair de l’étude,  tous les scénarios montrent une situation difficile pour l’élevage à l’herbe, particulièrement prononcée s’il y a une baisse des aides et encore plus si de nouveaux accords internationaux facilitaient les importations de viande. « Si la politique européenne vise des objectifs d’aménagement du territoire, elle doit construire des outils de politique publique particulièrement adaptés pour aider cet élevage qui reste irremplaçable dans certaines zones défavorisées » souligne l’Inra.
Besoin de visibilité
Concernant le développement des biocarburants, s’il se fait selon les objectifs adoptés en 2005, il va favoriser le développement des céréales et oléagineux. Cela pourra conduire à des tensions avec les préoccupations environnementales qu’il faudra pouvoir intégrer à travers des politiques adaptées (par la réglementation, la fiscalité, une rémunération ad hoc sous forme d’aides ou de marché de droits par exemple), note l’Inra.
Globalement, l’étude montre que les revenus agricoles seront encore dépendants des aides : « même une forte croissance ne compenserait pas une baisse drastique des aides telle qu’elle a été simulée » estime l’institut de recherche. Enfin, cette prospective met en avant le besoin de visibilité : « c’est cela qui donnera des perspectives à ceux qui pourraient s’installer en agriculture, et donc permettre d’avoir dans 20 ans une agriculture productive sur des territoires vivants » explique Marion Guillou, présidente de l’Inra.
« Le défi pour l’avenir, note encore la présidente, portera autant sur la capacité de produire suffisamment et durablement que sur la stabilisation des prix et des revenus, ou sur le maintien d’activités dans les zones défavorisées ».

• Retrouvez l’étude complète sur le site de l’Inra (www.inra.fr)


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