Le Jura Agricole et Rural
La saison thermale redémarre
À Salins-les-Bains
Jura agricole et rural
Publié le:  24 janvier 2008
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«La fréquentation des thermes devrait doubler avec la construction d’un nouvel établissement en projet», annonce Jacques Girod

Longtemps seul moyen de conservation des aliments, le sel a fait pendant des siècles la prospérité de Salins-les-Bains. Aujourd’hui, c’est à des fins thermales que cette richesse naturelle incomparable est utilisée, dans le cadre de cures thermales mais aussi de soins de remise en forme et de bien-être.  

Bains, hydromassages, douche au jet, massage sous l’eau, gymnastique en piscine avec kiné, enveloppement de boue... Les rhumatismes, lombalgies et douleurs articulaires en tout genre peuvent être améliorés de façon durable par ce traitement. La population locale de Salins-les-Bains ne s’y est pas trompée se servant depuis longtemps des eaux salées pour des bains locaux au niveau des articulations.

Il s’agit d’eaux chlorurées sodiques, magnésiennes (jusqu’à 200g de sel par litre) qui sont présentes dans cinq stations thermales seulement sur la centaine que compte la France. Leur minéralisation est en rapport avec un vaste gisement de sel gemme qui s’étend le long des premiers reliefs du Jura, vestige d’une mer vieille de 200 millions d’années. Les eaux d’infiltration, qui pénètrent dans le sous-sol à travers des fractures, ressortent sous forme de sources naturelles, après avoir circulé à travers ces bancs de sel.
Une eau thermale est d’abord une eau minérale, aux propriétés physiques et chimiques constantes, et d’une parfaite qualité bactériologique.

C’est l’Académie nationale de médecine qui juge de leurs propriétés thérapeutiques.
Utilisées en rhumatologie, les eaux sodées fonctionnement selon un double mécanisme :
• par osmose, elles améliorent la souplesse articulaire en pompant l’excès d’eau dans les articulations (principe du remède de « grand-mère » que tout le monde connaît, qui consiste à mettre les pieds dans un baquet d’eau chaude salée pour les faire désenfler) ;
• la présence d’oligo-éléments (potassium, magnésium et calcium) a un effet sédatif sur la douleur, en agissant sur le système nerveux.

De nouveaux bâtiments

C’est en 1854 que le thermalisme voit le jour à Salins, à une époque qui correspond au renouveau du thermalisme français. Le premier établissement est lié à la reconversion de la Petite Saline, site industriel de production du sel complémentaire à la Grande Saline devenu peu rentable par rapport à celle-ci depuis la réalisation de forages à 250 m de profondeur.
En 1955, la situation économique des thermes est chancelante, la ville dénonce le bail et reprend à son compte la gestion de l’établissement sous forme de régie municipale, mode de gestion toujours en vigueur aujourd’hui.
1994 voit la rénovation totale du bâtiment qui, après avoir accompagné le développement de l’activité pendant 12 ans, commence à devenir trop petit. Les thermes ont reçu 1 960 curistes en rhumatologie en 2007 avec une progression de +2,6% par an alors que la tendance nationale est plutôt à la baisse.

Un succès que l’on peut attribuer à la qualité des soins mais aussi à la convivialité et au sens de l’accueil de cette petite station.
« Compte tenu de la saturation de l’établissement actuel et de l’importance du thermalisme dans l’économie salinoise, la ville de Salins-les-Bains porte aujourd’hui le projet d’un nouvel établissement, plus grand et plus en phase avec les tendances actuelles », précise Jacques Girod, responsable du dossier thermalisme au niveau de la municipalité. Les contours de cet établissement, qui permettrait de doubler les différentes fréquentations actuelles, ont été définis dans le cadre d’une étude de faisabilité technique et financière, qui a été rendue à l’automne 2007. Le montant de l’investissement prévu est de l’ordre de 11 millions d’euros (hors taxes), sur lesquels sont espérées des aides et subventions pour au moins la moitié de l’investissement. Le futur établissement remplacera les thermes actuels et devrait être réalisé d’ici quatre à cinq ans et se situer à proximité du parc des Cordeliers. Ce projet est inclus dans un contrat de station porté par la communauté de communes du pays de Salins-les-Bains, qui doit être signé au cours du premier trimestre 2008, pour un montant global de 21,6 millions d’euros et qui concerne tout un volet touristique (Musée des Salines, Maison du Crédit agricole et de la coopération, Fort St Antoine et Fort Belin, Mont Poupet...) ainsi que l’augmentation et l’amélioration des capacités d’accueil (hôtel pour les curistes, restauration...).


Réouverture des thermes le lundi 4 février pour l’espace relaxation et le lundi 18 février pour les soins de remise en forme et les cures thermales.


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