Le Jura Agricole et Rural
Réguler les populations et soutenir la pisciculture
Les cormorans sévissent en Bresse
Jura agricole et rural
Publié le:  31 janvier 2008
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Françoise Pozet et Gisèle Fevre montrent aux représentants de la FDSEA, les effets du stress sur les poissons…

Les pisciculteurs jurassiens sont sur les dents. Ils n’en peuvent plus de constater les pertes que leur imposent les cormorans qui se sont aujourd’hui installés sur leurs étangs. À Champrougier, Gisèle Fevre et son collègue Philippe Colin de Chêne-Bernard, tirent la sonnette d’alarme.

Quand il regarde les gardons, tanches, brochetons, black-bass et autres sandres qui frétillent encore dans les bassins de la pisciculture de Champrougier, François Lavrut, l’administrateur de la FDSEA du Jura, n’en croit pas ses yeux. Les explications données par Gisèle Fevre, la maîtresse des lieux et Françoise Pozet, vétérinaire du laboratoire départemental de Poligny, sur le stress que subissent ces poissons, lui permettent de mesurer toute l’ampleur du phénomène.

Pour forcer le trait, Gisèle Fevre donne des chiffres alarmants : pour certains étangs, les pertes ont été évaluées à 80% d’une pêche habituelle : 1,150 tonne au lieu des 5 à 6 tonnes généralement pêchées dans tel étang ! Françoise Pozet explique également que, outre les pertes provoquées par les lésions, les cormorans sont à l’origine du stress que subissent les poissons : « Ce stress entraîne une perte de leurs défenses immunitaires et, en conséquence, un développement d’un grand nombre de maladies parasitaires ou bactériennes… ».

Une intervention rapide

Quelles solutions mettre en place pour enrayer le phénomène qui touche tous les pisciculteurs jurassiens ? François Lavrut et Étienne Rougeaux, pour la FDSEA, ont exploré des pistes de travail avec Bruno Guichard, le conseiller général du canton de Chaumergy.
Si le problème n’est pas réglé rapidement, c’est l’existence même de la pisciculture sur le secteur qui sera remise en cause. Voire de la pérennité  même des étangs, car un étang qui n’est pas entretenu s’étouffe…

L’augmentation du quota de tirs n’apporte pas grand-chose. Elle ne fait souvent que déplacer le problème chez le voisin. Il faudrait tirer les cormorans, au dortoir, en réserve naturelle, pour être efficace. Et les cormorans sont une espèce protégée par une directive européenne…

Soutenir les pisciculteurs

L’action syndicale passe aussi par une revendication de mesures de soutien à la filière, aussi modeste soit-elle. Aujourd’hui, c’est plus par passion et par amour de cette activité que la demi-douzaine de pisciculteurs jurassiens travaille. Tous ont un métier, à côté, dont ils peuvent tirer un revenu. Certains se contentent même de travailler « pour payer la MSA »…

Bruno Guichard évoque les mesures qui pourraient être prises dans le cadre de Natura 2000. Il souhaite que l’utilité des quelque 400 hectares des étangs de Bresse soit reconnue et qu’une commission pisciculture forte soit mise en place au sein du comité de suivi Natura 2000 du Pays lédonien. L’élu cite également l’exemple des Dombes où les populations de cormorans sont régulées par la chasse. Les pisciculteurs ne sont que locataires de plans d’eau qui appartiennent souvent à des classes aisées du Lyonnais, venant régulièrement pour y chasser…

François Lavrut propose alors qu’une invitation soit adressée au préfet du Jura pour venir mesurer sur place l’importance des dégâts, étudier les mesures réglementaires qui pourraient être prises et envisager les actions à mettre en œuvre. 


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