La récente recrudescence des attaques de charançons de la tige nécessite la plus grande vigilance au printemps. Au-delà du choix de l’insecticide, la surveillance des parcelles et le positionnement des interventions sont les éléments clés pour contrôler cet insecte en 2008.
On considère que l’on dispose de 8 jours pour intervenir après les premières captures. Toutefois en conditions fraîches ou froides, et notamment en cas de premières arrivées très précoces, ce délai peut être rallongé car les insectes mettent plus de temps à entrer en ponte et le vol peut-être très étalé comme en 2007. À l’inverse, en cas de colonisation retardée, il est nécessaire d'intervenir sans délai, même si la montaison est déjà bien engagée, en raison de la nuisibilité persistante de ce ravageur.
Par temps doux, intervenir rapidement après les premières captures
Les pyréthrinoïdes de synthèse autorisés sont efficaces pour réduire le taux de tiges déformées, même si l’on ne dispose pas ou peu de références récentes produit par produit.
En cas de seuils méligèthes atteints très précocement, et seulement dans les régions où la résistance des méligèthes aux pyréthrinoïdes est avérée, on peut privilégier une intervention avec de la bifenthrine ce qui permettra de contrôler simultanément le méligèthe et le charançon de la tige du colza.
2008 un contexte atypique ?
Avec les températures très douces enregistrées depuis le début de l’année, les premières captures ont été enregistrées dans le sud de la France dès la mi-janvier. Toutefois, dans ce contexte exceptionnel il est urgent de surveiller rapidement les parcelles en mettant en place des cuvettes jaunes et de n’intervenir que dans les situations où les charançons de la tige du colza ont été repérés et si la tige (entre nœuds) commence à être visible quand on écarte la base des pétioles de la rosette.
Distinguer les deux espèces de charançon de la tige
Si au printemps on peut capturer deux types de charançons dans les cuvettes jaunes, un seul est vraiment considéré comme très nuisible, c’est le charançon de la tige du colza (C.Napi). La distinction entre ces deux charançons est importante car si on les trouve souvent dans les mêmes parcelles, ils peuvent arriver avec un décalage de plusieurs jours. Toutefois dans certaines situations, assez peu nombreuses, on ne capture qu’une seule des deux espèces.
Ainsi, en ne distinguant pas les deux espèces il est possible de passer à côté d’une attaque de charançons de la tige du colza du fait du mauvais ciblage du traitement ou bien au contraire traiter inutilement dans le cas où il est absent.
Ce distinguo contraignant, n’est pas facile à intégrer dans le raisonnement des producteurs et des techniciens dans la mesure où le piégeage en cuvette jaune est trop souvent absent.
Toutefois, malgré les difficultés réelles que pose la reconnaissance des espèces, c’est la seule façon de faire, avec un raisonnement en réseau, pour intervenir de façon optimale dans les parcelles. À noter que ProPlant Expert, service gratuit en ligne sur www.cetiom.fr, fait le distinguo entre les deux espèces.
ProPlant Expert : un outil d'alerte
Ce service gratuit disponible sur www.cetiom.fr vous permet de prévoir l’arrivée des insectes sur le colza au printemps. Mis à jour quotidiennement, il utilise les prévisions à trois jours pour anticiper vols et pontes. Il est utilisable sur les deux charançons de la tige, les méligèthes mais aussi sur les charançons des siliques.
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