Le Jura Agricole et Rural
Au cœur du Gaec, un bâtiment
A Billecul (Jura)
Jura agricole et rural
Publié le:  31 janvier 2008
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Les associés s'étaient donné un an de mise à l'essai. Le temps de construire un nouveau bâtiment d'élevage.

Jean-Baptiste Alpy, agriculteur à Billecul, a quitté le statut d’exploitant individuel le 1er octobre 2006. Depuis, il a consacré une bonne partie de ses journées à la construction d’un nouveau bâtiment agricole, celui du Gaec de la Charlette. Jean-Baptiste Alpy s’est associé avec sa belle-mère, Marie-Noëlle Burlet, et Thierry Rousset. Le bâtiment situé à la sortie d’Arsure-Arsurette matérialise cette association. « Nous voulions un outil de travail intéressant, bien organisé et adapté » expliquent les éleveurs qui partagent les mêmes exigences pour la conduite du troupeau et le type de bâtiment.

Quand, en 1993, Jean-Baptiste s’installe sur l’exploitation familiale à Billecul, d’abord en Gaec avec sa mère puis à titre individuel, il ne pensait pas un jour retourner en forme sociétaire. « Plusieurs points m’ont fait réfléchir : la baisse des cours du lait à comté, la mise aux normes des bâtiments d’élevage et le contexte social avec les week-ends, les vacances… ».

De son côté Thierry Rousset a repris l’exploitation de ses parents en 1997. En 2000, il crée un Gaec avec sa tante Marie-Noëlle qui venait de perdre son mari. La charge de travail est importante et Thierry fait appel à des apprentis. « Embaucher un salarié est coûteux et il ne porte pas le même intérêt à l’exploitation qu’un associé » estime l’exploitant. En 2003, Marie-Noëlle annonce qu’elle envisage d’arrêter son activité d’ici quelques années. « Plutôt que de partager les champs, on a pensé au Gaec » se souvient Jean-Baptiste.

Le coût de la mise aux normes a été un argument supplémentaire pour s’associer. Aujourd’hui, ils se découvrent la même vision du métier, partagent les mêmes idées pour l’aménagement du bâtiment : des logettes avec cornadis, un séchage en balles rondes… Après plusieurs mois de travail, l’ensemble des bâtiments est enfin opérationnel en octobre 2007 avec l’installation de la salle de traite, et du DAC. En prévision pour 2008 : couvrir la fosse à lisier et la fumière, finir la nurserie qui sera équipée d’un DAL et installer un racleur à fumier. Et dans 5 ans environ, un bâtiment de stockage pour le foin. « Pour l’instant l’aménagement et la mise aux normes nous ont coûté 200 000 euros. Nous ferons d’autres emprunts au coup par coup pour réaliser la suite des travaux. Une partie des travaux n’a pas pu être subventionnée, le nouveau plan bâtiment d’élevage n’étant sorti que depuis l’été 2007 » précise Jean-Baptiste Alpy.

"On se découvre"

L’organisation du travail n’est pas encore stabilisée du fait du regroupement récent. Thierry s’oriente vers les vaches laitières et l’alimentation du troupeau, Jean-Baptiste vers la comptabilité et l’entretien. Les parcelles sont gérées à deux. Tout est discuté. Les prises de décision se font en commun. « On se découvre. On prend le temps chaque matin après la traite d’organiser le planning journalier et hebdomadaire… » explique Thierry. A 62 ans, Marie-Noëlle s’occupe encore quotidiennement des 40 veaux installés dans l’ancienne ferme à Arsure-Arsurette. Bientôt l’atelier veaux sera aménagé dans le nouveau bâtiment. Les génisses seront encore logées pour quelques temps dans les anciens bâtiments. Cette répartition des animaux sur trois sites et le transport du foin sont pour l’instant les deux seules difficultés importantes à gérer.

Objectifs atteints

Les agriculteurs reçoivent régulièrement des stagiaires, « pour l’ouverture d’esprit » précisent-ils. Cela nécessite pour chacun de connaître l’ensemble de l’exploitation. L’ouverture, c’est aussi prendre des responsabilités à l’extérieur. Thierry est administrateur à la coopérative laitière de La Baroche et conseiller municipal. Jean-Baptiste, adjoint au maire et vice-président de la Fédération Groupama. Ils ont également adhéré tous les deux à un service de remplacement. « S’il y a obligation de travail, il doit y avoir obligation d’être remplacé ! ». Le règlement intérieur est extrêmement détaillé et précise les astreintes : une nuit de garde sur deux pendant la période des vêlages, un plafond de quatre semaines pour les vacances, un week-end sur deux à partir du vendredi… « Après avoir suivi la formation Gaec, nous avons voulu mettre nos souhaits par écrit. Dans l’ensemble, les objectifs que nous nous étions fixés sont atteints : se libérer de l’astreinte de la traite, diminuer la charge de travail, moderniser l’outil de travail et partager les responsabilités » concluent les deux associés.


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