|
La foule des amateurs de vin jaune, fidèles au rendez-vous de la Percée |
Jean-Marie Pelt, parrain de cette 12e Percée du vin jaune, a exhorté les participants à « l’amour » et prôné une relocalisation de l’économie, des loisirs et de la fête comme antidote des excès de la mondialisation.
Tout ce qui valorise le lien entre terroir et qualité va dans le bon sens. Aujourd’hui quand on écoute les informations on a l’impression que le rôle de la France dans le monde c’est de vendre des avions, des TGV et des centrales nucléaires… Or ce n’est pas que ça, le plus important est profondément enraciné dans nos terroirs, nos patrimoines », explique Jean-Marie Pelt, parrain de la 12e Percée du vin jaune. Pharmacien, botaniste célèbre pour ses nombreux ouvrages de vulgarisation et ses émissions radiophoniques, il préside l’Institut européen d’écologie, qu’il a fondé en 1971.
Relocalisation
« Nous avons besoin aujourd’hui d’un mouvement de relocalisation pour rééquilibrer la mondialisation. Un week-end dans le Jura à la Percée, c’est bien plus durable que de s’envoler pour Dubaï ! Et surtout on trouve ici de la convivialité, un esprit festif, une qualité de relations… Je suis bien mieux ici que dans un palace ! Le vin est une bonne métaphore de la société où l’on vit. Les biens nous rendent ivres de consommation, alors que la sagesse éternelle nous enseigne de faire du vin un usage raisonnable, nous incite au plaisir mais pas à l’ivresse. » Un sentiment semble-t-il assez largement partagé, aussi bien parmi les nombreux visiteurs (plus de 40 000) que du côté des 83 viticulteurs présents sur les communes de Sainte-Agnès et Vincelles. L’éclatement géographique du site de la Percée a d’ailleurs permis de préserver le caractère artisanal et convivial de la fête, les caveaux restant relativement faciles d’accès.
Christophe Perrin, viticulteur à Vernantois, participait cette année à se première Percée. « C’est un événement qui permet de se faire connaître. Je me suis installé il y a dix ans en individuel sur 5,5 ha, et c’est ma première cuvée de vin jaune ! Je suis très satisfait de pouvoir être là : on travaille en famille, dans la bonne ambiance. »
Un projet fédérateur
Même son de cloche au caveau des Byards, coopérative à laquelle appartient Franck Vichet, qui présidera la Percée l’année prochaine. « La Percée est un grand moment, une grande réussite festive qui fait connaître les vins du Jura dans le monde entier. Une page dans le New York Times, ça vaut pas de l’or ça ? C’est aussi un projet fédérateur qui réunit toute la filière, de manière à aller tous dans le même sens. Et puis ça nous permet aussi de rencontrer des clients qu’on connaît, de prendre un peu de temps pour discuter… »
Gilles Vigneron, viticulteur à Grusse, insiste pour sa part sur le travail d’organisation de longue haleine en arrière-plan. « Cela fait plus d’un an qu’on travaille sur cette Percée, et c’est d’autant plus lourd qu’on n’est qu’une vingtaine de viticulteurs dans le secteur. Mais c’est aussi beaucoup de bons souvenirs, de bons moments qui m’ont permis de faire connaissance avec les habitants du village, car je me suis installé ici seulement depuis trois ans. J’exploite 4,35 ha de vigne, avec seulement trois cépages pour l’instant, chardonnay, poulsard et pinot. Cette année je vais réhabiliter 2 ha d’anciennes pâtures en vigne pour planter du savagnin et du trousseau. »
- La paille a-t-elle un prix ?
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- Au 1er juillet, ouverture du marché...
- La Safer et le droit de préemption
- Une autre source de revenus ?
- Un dimanche à la ferme
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- Prévenir les problèmes de pieds
- Plantations : Les distances à respe...
- Le prix du foncier tiré par l'économie
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




