Avec autour de la table, Serge Preveraud, vice-président de la FNO et Maurice Huet, président du syndicat de la Saône-et-Loire, Andrée Girard, présidente du Syndicat ovin franc-comtois, tous les gros dossiers syndicaux de l’année 2007 ont été abordés au cours de la réunion du syndicat ovin de Bourgogne Franche-Comté. D’abord la préoccupation sanitaire présente dans tous les esprits : la menace de la FCO sur la prochaine campagne.
Audrey Mathieu, animatrice à la FNO, a dressé un tableau complet de la situation européenne. Au 22 janvier dernier, 15 622 cas ont été répertoriés en France (toutes espèces confondues). « La progression spectaculaire de l’année dernière est en lien avec les conditions météorologiques : températures et vents dominants favorables à la propagation du vecteur de la maladie. Il reste encore beaucoup d’inconnues au sujet de cette maladie. D’un élevage à un autre, même dans le même village, les répercussions peuvent être très différentes et on ignore pourquoi. » Reste que dans les exploitations touchées, les conséquences ont été souvent graves, avec des problèmes de fertilité, des luttes d’automne inefficaces (jusqu’à 50% de brebis non gestante). « Les problèmes de parasitisme et la mauvaise qualité des fourrages récoltés viennent amplifier le problème », témoigne un éleveur nivernais. Difficile dans ces conditions d’estimer précisément les conséquences de la FCO, même si la comparaison des données d’équarrissage entre 2006 et 2007 permet d’avoir une idée de l’ampleur du phénomène : + 26% chez les bovins, +120% chez les ovins. « La désinsectisation n’est pas la solution miracle, a précisé l’animatrice, même si elle permet de retarder l’apparition de la maladie et d’atténuer la gravité des symptômes. »
Vaccination en 2008
La vaccination, annoncée en 2008, soulève à la fois espoirs et critiques. « Les doses nécessaires pour vacciner l’ensemble du cheptel ovin contre le sérotype 8 devraient être progressivement disponibles de mai à août 2008. Pour gérer ces mises à disposition croissantes, la priorité a été donnée aux 16 départements historiques, puis dans un second temps à l’ensemble des ovins des autres départements. » Reste que la solution choisie par les Pouvoirs publics pour la vaccination, à savoir par des vétérinaires et élèves-vétérinaires, est loin de satisfaire les éleveurs. Si l’Union européenne prend en charge le coût du vaccin (40 millions d’euros) et 50% du coût de la vaccination, l’Etat 25% du coût de la vaccination, les moutonniers devront acquitter le reste de la facture, soit 25% de la mise en place.
« La FNO revendique la vaccination par les éleveurs », a souligné Serge Preveraud, interpellé par Daniel Joly. Autre bonne nouvelle, le Ministère de l’agriculture annoncé le 8 janvier dernier sa volonté de revaloriser les indemnités de mortalité FCO avec effet rétroactif : 100 euros pour les ovins et 150 euros pour les adultes à haute valeur génétique. Ces indemnisations ne devraient pas être suspendues pour les mortalités constatées après l’annonce de l’inactivité vectorielle. Les FAC (fonds d’allégement des charges) débloqués par l’Etat pour permettre aux éleveurs ovins de faire face à leur difficultés économiques et à la FCO ont fait aussi l’objet de vifs débats : qu’ils soient réservés aux éleveurs spécialisés ne fait pas l’unanimité. « On comprend bien que les éleveurs spécialisés sont les plus fragiles, mais ne faut-il pas remettre en cause la spécialisation dans ce cas ? », interrogeait un polyculteur-éleveur.
Du côté du marché de la viande ovine, le cheptel français est en régression. « On perd 10% d’éleveurs sur la tranche des élevages de plus de 50 brebis, mais également plusieurs pourcents des élevages de 10 à 1 000 brebis », détaille Audrey Mathieu. Au final le cheptel régresse de 3% et le nombre d’éleveurs de 6% en 2007. La Franche-Comté fait partie des régions les plus touchées par ce recul, avec 12% d’éleveurs en moins. A l’échelle européenne, tous les cheptels ovins régressent fortement, hormis celui de la Roumanie. Au fil des mois, les cours de l’agneau continuent d’être soumis à d’importantes fluctuations, avec tout de même une tendance à la hausse sur les trois dernières années, pour l’agneau français.
Les prix de vente au consommateur sont en hausse, tandis que la consommation se tasse. Augmentation de la part d’agneau importée, concurrence des pays de l’UE, instabilité du marché, concentration des clients… Dans ce contexte, Serge Preveraud a évoqué la piste d’une meilleure organisation de l’offre, qui permette de maintenir les cours à un niveau viable pour les éleveurs. « Nous planchons à la FNO sur l’étiquetage obligatoire de l’origine, ce qui va nécessiter la modification des textes réglementaires européens. En complément, il va falloir être capable de s’organiser entre régions pour pouvoir répondre 52 semaines sur 52 à la demande de nos clients, en jouant sur la complémentarité de nos systèmes de production entre régions. »
L’identification électronique se profile également à l’horizon : elle devrait devenir obligatoire sur le deuxième repère à partir du 31 décembre 2009 pour tous les animaux nés à partir de cette date. « Le système est actuellement en phase de test dans plusieurs exploitations. Cela peut devenir aussi un formidable outil de gestion du troupeau. »
Bilan de santé de la Pac
Serge Preveraud a incité les éleveurs ovins à faire entendre leur voix, y compris via un post sur le blog de Mme Fischer Boel. « Le bilan de santé de la PAC est l’occasion idéale pour proposer des adaptations des outils existants, permettant d’aboutir à une juste rémunération et d’une équité dans le système de soutien entre productions dès 2009. Dans ce cadre-là, la FNO demande un alignement du niveau de soutien sur le régime bovin allaitant par l’attribution d’une prime supplémentaire à toutes les brebis françaises. La FNO s’associera à toute démarche favorisant le renforcement du soutien horizontal à toutes les prairies, qu’elles soient permanentes ou temporaires. »
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