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Mickaël Sabatier et Pierre Fontaine ont fait part de leur installation progressive en apiculture |
Lors de la journée installation de la Côte-Saint-André, une place particulière a été faite aux témoignages d’apiculteurs. Les expériences rapportées illustrent la grande variété d’approches que chacun peut adopter dans la réalisation de son projet.
Une grande liberté d’organisation, c’est ce qui se dégage des différents témoignages apportés par plusieurs apiculteurs plus ou moins récemment installés. Pierre Fontaine, apiculteur à Hauterives (26), s’est installé progressivement. De 50 ruches à l'origine, cet apiculteur expérimenté est passé à 400 ruches en plusieurs années. «Acheter d’emblée une exploitation clé en main, environ 300 ruches, est beaucoup d’un coup, estime-t-il. Il faut une bonne formation et une bonne expérience pour tenir le choc». Surtout que la production de miel est très saisonnière. D’avril à mi-juillet, les journées sont très longues, les transhumances des ruches ne pouvant se dérouler que la nuit. Et plus on fait de variétés de miel différentes, plus le travail est important.
Mickaël Sabatier, installé en 2006 en Isère, à Murinay, travaille seul et mène 220 ruches, soit une demi-SMI (surface minimum d’installation). Il recherche un équilibre entre vie professionnelle et vie de famille. Alors, il répartit sa production entre une commercialisation au détail et en demi-gros. «Je ne fais pas de marché régulier afin de ne pas être tout le temps accaparé, même si c’est plus rémunérateur» reconnaît-il. Il transforme une petite partie de sa production en pain d’épices mais ne s’est pas encore équipé en matériel spécialisé, notamment d’un pétrin. «J’attends d’avoir un marché solide».
Tous les intervenants sont d’accord : l’investissement essentiel est le temps passé à surveiller les colonies. Elles sont devenues fragiles et réclament beaucoup de soins si on veut les garder en bon état de production. Alors les circuits de commercialisation ou la transformation sont autant d’activités qui viennent rajouter du temps et du travail. Jean-Christophe Ancion, installé depuis 2006 en Isère, a opté pour une production intensive et diversifiée. 350 ruches, production de miel, pollen et gelée royale : le nouvel installé n’a pas peur de la difficulté. Pour y faire face, «il faut du matériel, une bonne organisation et une gestion rigoureuse de son travail», surtout qu’en installation individuelle, «il faut être passionné par la production, la commercialisation et les relations humaines». Ces dernières sont indispensables pour trouver des zones d’hivernage, souvent remises en cause par l’urbanisation des campagnes.
Initiative originale parce que peu répandue dans le milieu, Gilles Deshors et Pierrick Laforge sont venus présenter le fonctionnement de leur Gaec apicole ligérien. À trois associés, ils mènent 700 ruches et possèdent des bâtiments adaptés. «Le matériel est mieux rentabilisé dans cette configuration» confie Gilles Deshors. Et la sécurité de l’activité mieux assurée. La preuve : un accident l’a handicapé en pleine saison, il a été aussitôt remplacé par ses associés. Une formule que tout nouvel installé a intérêt à envisager.
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