Le Jura Agricole et Rural
Les ravageurs de la plantule du maïs
Jura agricole et rural
Publié le:  18 février 2008
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Le taupin est un des ravageurs les plus dommageables du maïs. Il est en extension dans de nombreuses régions. Ainsi, des secteurs jamais touchés par ce ravageur ont subi des attaques importantes en 2007. 

À titre d’exemple, certaines parcelles de la Dombes côtière ou de l’Est lyonnais ont été atteintes pour la première fois. Face à cette recrudescence, le producteur de maïs va se trouver démuni : 2008 est la dernière année où l’on peut utiliser les insecticides du sol de la famille des carbamates, Curater, Oncol S, Alizé ou Spi. Et si 2008 marque le retour des traitements de semences avec le Cruiser homologué début janvier, son autorisation de mise sur le marché n’est que provisoire : un an !

Taupin, le principal ravageur de la plantule de maïs
Au stade jeune, le taupin représente le risque majeur. Les dégâts peuvent être très importants les années humides lorsque les larves vivent en continu dans la zone de développement des racines de la jeune plantule. En année sèche, les larves n’affectent pas le maïs recherchant la fraîcheur en profondeur.

Traditionnellement présent dans les zones humides, Dombes, Bresse, dans les rotations incluant des fourragères, le taupin s’est développé en dehors de ces secteurs à la faveur de l’augmentation des surfaces en jachère et de la faiblesse de la protection insecticide actuelle. On peut aussi indiquer une évolution des espèces avec la présence d’espèce à cycle court – agriotes sordidus - se multipliant plus rapidement dans les cultures. D’autre part, il n’y a plus de traitement en plein permettant de réduire fortement les populations de ce ravageur et les traitements de semence, très efficace n’étaient plus disponible jusqu’à l’année dernière. Pour lutter contre le taupin, seuls les traitements préventifs sont efficaces ! Il n’y a pas de traitements curatifs possibles.

L’oscinie, un ravageur souvent sous-estimé
Toujours au stade plantule, l’oscinie représente certaines années un risque important. Il s’agit d’une mouche attirée par les maïs de deux à quatre feuilles. Elle pond dans le cornet des jeunes plantes. Les larves issues des œufs vont grignoter le limbe des feuilles, et quelque fois le bourgeon terminal à la base de la jeune tige. Lorsque le bourgeon terminal a disparu, la plante talle et n’aura pas d’épis ! Les attaques généralisées sur une parcelle sont rares, mais il est fréquent d’observer 5 à 10 % de plantes sans épis, conséquence d’une attaque d’oscinie. Les oscinies sont imprévisibles : on ne peut pas les traiter en curatif une fois les dégâts observés ! Seuls les traitements préventifs ont une efficacité.

Le vers gris, aléatoire mais très dommageable certaines années
Le vers gris est le troisième ravageur majeur de la plantule de maïs dans nos régions. Les attaques n’ont pas lieu tous les ans : c’est ce qui le rend redoutable ! La vigilance n’est jamais suffisante pour maîtriser un parasite qui n’apparaît que tous les cinq à six ans. Les premiers stades larvaires se développent sur les feuilles, il est alors très facile à détruire. Ensuite, la larve devient terricole ne remontant à la surface du sol que par temps humide la nuit. Elle est alors très difficile à détruire et ses dégâts peuvent être considérables. Les plantes touchées sont définitivement détruites. Il n’y a pas de lutte préventive seulement une lutte curative. 

Quels sont aujourd’hui les moyens de lutte ?
• La lutte contre taupin et oscinie. (tableau n° 1 de notre édition papier)
Les microgranulés à base de carbamates pourront être utilisés pour la dernière année. Dans les sols de notre région, où la biodégradation est peu fréquente, les carbamates conservent une bonne activité vis-à-vis des taupins et de l’oscinie. Compte tenu de leur coût, environ 25 euros/ha, ils seront bien sûr utilisés de préférence. Un nouvel insecticide en traitement de semences vient d’être autorisé : le Cruiser.
Début janvier, le Cruiser a été homologué sur maïs pour les usages taupin et oscinie. Cette homologation est provisoire et assortie de plusieurs recommandations :
• les semis doivent être effectués avant le 15 mai ;
• le produit ne peut être utilisé sur la culture que tous les trois ans ;
• des espèces nectarifères ne peuvent pas être cultivées dans la rotation après un maïs traité Cruiser.

Le Force 1,5 G, insecticide microgranulé à base de téfluthrine, a obtenu une dérogation en 2007 sur l’ensemble du territoire en maïs et maïs doux.
Cette dérogation prolongée jusqu’au 11 avril 2008. Nous sommes en attente d’une décision pour une utilisation sur la campagne de semis 2008. Force 1,5 G est efficace contre les taupins. L’expérimentation 2007 a montré qu’il avait aussi une activité sur oscinie.
Que ce soit avec Cruiser ou avec Force 1,5 G, le renchérissement de la protection – il faut compter eau moins 60 euros/ha – va faire que seuls les situations à risque seront protégées. L’analyse du risque va devenir prioritaire !

La lutte contre les vers gris. (tableau n°2 de notre édition papier)
Elle fait appel à des applications de pyréthrinoïdes. Les interventions les plus performantes doivent se positionner sur les premiers stades larvaires du vers gris. Les symptômes d’une attaque de vers gris précoce sont très nets : les deux premières feuilles sont trouées de façon symétrique par rapport à la nervure centrale.

Les trous, quelques millimètres de diamètre sont parfaitement découpés comme à l’emporte-pièce. Il peut y avoir aussi des trous en bordure de limbe. Un traitement tardif, alors que les larves sont grosses comme le pouce et que déjà les premières plantes sont flétries, a une efficacité aléatoire : elle dépend beaucoup de l’état d’humidité du sol.


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