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Pour Michel Pagnier, l’incendie du bâtiment de stockage a été une épreuve difficile à surmonter |
Michel Pagnier est éleveur à La Chaumusse, dans le Jura. En septembre 2001, une partie de sa ferme a brûlé et deux ans de travail intense ont été nécessaires pour repartir sur de nouvelles bases.
Une ferme qui brûle, c’est un peu comme un décès, c’est très dur à surmonter psychologiquement », témoigne Michel Pagnier, agriculteur à La Chaumusse, près de Saint-Laurent-en-Grandvaux dans le Jura. Installé en 1988 en Gaec avec sa mère, après un Bepa à Montmorot, il avait apporté plusieurs modifications aux bâtiments de la ferme familiale pour améliorer ses conditions de travail : passage de la stabulation entravée à un système logettes-cornadis, tapis roulant pour amener le fourrage dans le couloir d’alimentation, etc. «Je m’étais inspiré d’un système que j’avais vu chez des moutonniers.»
Et puis en septembre 2001, le drame survient alors qu’il est en vacances : le bâtiment de stockage brûle. « On ne saura jamais si c’était dû à la fermentation d’une balle, peut-être pressée à l’ombre, ou à un court-circuit électrique. Plusieurs causes sont possibles. En tout cas, quand j’ai démonté ce qui restait de l’installation électrique, je me suis rendu compte que ça aurait pu brûler n’importe quand : une bonne partie des isolants avait été mangée par des rongeurs, ce qui fait qu’il y avait des fils nus côte à côte… une poussière, une vibration, et c’était le court-circuit ! »
Fermentation ou court-circuit ?
Au-delà de la perte matérielle proprement dite, en partie couverte par les assurances, Michel Pagnier évoque les difficultés à rebondir. « Il y a une phase très dure à gérer : d’abord on se retrouve à travailler dans de mauvaises conditions, dans du provisoire, avec un bâtiment abîmé qui prend l’eau… c’est épuisant pour les animaux et pour les éleveurs. J’ai dû faire euthanasier deux vaches qui étaient à bout de force. Il y a l’incertitude de l’avenir aussi. Tout ça fait que psychologiquement, c’est dur. Heureusement, la famille m’a bien soutenu. Nous avons monté un bâtiment provisoire avec des troncs bruts et de la paille, de 7-8 mètres de haut, en une journée. Ça m’a un peu rassuré. »
Ensuite vient le chantier du nouveau bâtiment d’élevage, et là encore, beaucoup d’énergie est nécessaire. « Ça a été deux ans de travail énorme. J’avais l’impression de mettre à l’eau un bateau et que ça n’avançait pas, avec la lourdeur des démarches administratives. » L’éleveur fait le choix de construire un bâtiment autonome, à l’écart du village, qui permette à la fois de loger les bêtes et de stocker le fourrage et le matériel. Il met à profit ses expériences antérieures pour concevoir une installation à sa mesure. « C’est important que le bâtiment corresponde à sa façon de travailler. Dix ans d’expérience dans l’ancien m’ont permis d’avoir une idée assez précise de ce que je voulais, et n’ont finalement pas été perdus. J’ai voulu tenir compte du vent, du soleil et des axes de communication pour l’orientation. »
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