Philippe Meurs se montre satisfait du nouveau parcours à l’installation annoncé par le ministre de l’Agriculture à Laguiole dans l’Aveyron. Il permet de personnaliser l’accompagnement à l’installation pour tous les candidats.
Comment avez-vous accueilli l’annonce de Michel Barnier concernant le nouveau dispositif à l’installation ?
« Nous sommes réellement satisfaits que Michel Barnier ait concrétisé officiellement le nouveau parcours à l’installation. Il a donné le coup d’envoi à un nouveau dispositif d’accompagnement à l’installation très prometteur qui est expérimenté dans cinq départements, l’Ardèche, l’Aube, l’Aveyron, le Morbihan et le Pas-de-Calais.
« Le nouveau régime permet de personnaliser davantage l’accom-
pagnement à l’installation à tous les porteurs de projets, afin de prendre en compte concrètement la diversité des situations des candidats ».
Qu’apporte-t-il réellement de nouveau ?
« Nous avons eu la confirmation que les points infos réservés à l’accueil des candidats soient ouverts à tous les porteurs de projets. C’est à ce stade qu’ils sont informés sur le dispositif, sur leurs droits et orientés pour la suite de la démarche.
« Nous nous félicitons également qu’il y ait une ouverture des diplômes sans diminuer le niveau de compétences. En effet, la mise en place d’un bilan des compétences du porteur de projet (sa formation, son expérience…) et l’élaboration d’un plan de professionnalisation personnalisé, prévoit la mise en place d’une formation complémentaire à la carte pour mieux coller aux besoins du candidat.
« Enfin, la réalisation de l’ensemble des actions programmées permet l’obtention de la capacité professionnelle agricole.
L’élaboration du plan de professionnalisation personnalisé est coordonnée par les Adasea et les chambres d’agriculture. En outre, l’observatoire de l’installation, pour lequel nous avons milité et que l’on retrouve à partir du site internet des Adasea, permet d’avoir des données extrêmement fines sur une région, un département, un canton, pour savoir par exemple où installer un jeune avec son projet.
« C’est un vrai bon outil pour favoriser les installations ».
Le ministre a-t-il annoncé un soutien financier spécifique au nouveau dispositif ?
« Non. En revanche, il a promis que les Pouvoirs publics ne se désengageraient pas par rapport à la situation actuelle. Les candidats disposeront d’un crédit formation pour l’élaboration de leur plan de professionnalisation personnalisé.
« De notre côté, nous avons l’assurance d’être soutenus par tous les partenaires qui nous accompagnent tels que les Adasea, les chambres d’agriculture, Vivea, Safer, MSA, FNSEA…
« Michel Barnier a confirmé également l’annonce qu’il avait faite d’un maintien des taux des prêts JA à 2,5 % en zone de plaine et 1 % en zone défavorisée.
« Ainsi que le maintien du plafond d’équivalent subvention par exploitation à 11800 euros en zone de plaine et 22 000 euros en zone défavorisée, le plafond d’investissement de 110 000 euros étant supprimé ».
Le nouveau dispositif permettra-t-il d’augmenter le nombre d’installations aidées ?
« Sur 10 000 installations de jeunes de moins de 40 ans, 6 000 sont actuellement aidées. Le nouveau dispositif d’accompagnement à l’installation devrait permettre d’en récupérer la moitié. Soit 2 000 de plus.
« L’objectif est que tous les départements aient basculé vers le nouveau dispositif au mois de juin prochain.
« Je suis convaincu que nous sommes en train de réécrire une nouvelle page de l’installation avec l’élaboration d’un livre blanc qui sera présenté au Salon de l’agriculture. Notre ambition est qu’il soit signé par le Président de la République pour lui donner la plus grande solennité possible ».
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