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Le Professeur Dalphin, chef du service pneumologie du CHU de Besançon et investigateur principal de l’étude « Pature » pour la France.
Quand et pourquoi l’étude « Pature » a-t-elle vu le jour ?
L’idée de cette étude européenne date de la fin des années quatre-vingt-dix. Au cours de cette décennie, de nombreuses études montraient un risque réduit d’asthme et d’allergie en milieu agricole de production laitière. Les enfants en âge scolaire, nés dans une ferme, qui avaient passé du temps dans l’étable au cours de leur première année de vie et dont la mère, pendant sa grossesse, avait été en contact avec les animaux de la ferme, avaient très peu de risques de devenir asthmatiques. D’où l’idée de suivre de façon prospective des enfants nés en milieu rural, (dans une ferme ou non), de regarder comment ils vivent, ce qu’ils mangent, les contacts avec les animaux de la ferme le cas échéant et d’enregistrer l’apparition des signes d’allergie et de l’asthme. Cette population témoin a été mise en place en 2002 en Allemagne, Suisse, Finlande, Autriche et en 2003 en Franche-Comté pour la France. Elle comprend 1 000 enfants qui vont être suivis jusqu’à l’âge de sept ans.
Quels étaient au départ les principaux objectifs ?
Les objectifs étaient de confirmer le rôle protecteur de « l’exposition agricole » en milieu de production laitière sur le risque de devenir allergique et de développer un asthme. Mais aussi d’essayer d’identifier les substances « agricoles » capables de moduler notre système immunitaire au cours des premiers mois de la vie, ce qui conduit à développer une tolérance vis-à-vis des allergènes.
Quels sont les résultats déjà obtenus ?
Un certain nombre de résultats sont déjà obtenus, mais beaucoup ne pourront être dévoilés qu’au terme du suivi. Les résultats préliminaires ont cependant déjà été publiés, à savoir :
- dès la naissance, le système immunitaire des enfants nés à la ferme est orienté vers un statut non allergique et ces nouveaux-nés apparaissent protégés, notamment vis-à-vis des allergènes dits saisonniers (par exemple aux pollens d’herbes)
- cette protection se développe dès avant la naissance et survient notamment quand la mère va régulièrement dans l’étable et dans la grange au cours des derniers mois de grossesse
- même chez les enfants qui ne sont pas nés dans une ferme, l’exposition aux animaux de la ferme, au foin engrangé et à un environnement riche en substances microbiennes (fumier…) protège de l’allergie.
Quel est au final le but recherché ?
A moyen terme, l’objectif est bien sûr de prévenir les allergies qui représentent dans nos pays occidentalisés un problème de Santé publique, puisque 20 à 30 % de la population en est atteinte. On peut imaginer la mise au point d’un « vaccin » dont pourraient bénéficier les sujets à risque, c’est-à-dire ayant une hérédité allergique, et qui serait développé à partir de « substances » issues de la ferme… A l’heure actuelle, cela reste quand même du domaine de la « science-fiction ».
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