Le Jura Agricole et Rural
Tout part du projet local…
FDSEA du Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  20 février 2008
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«Aller porter l’envie d’adhérer, l’envie de s’engager»

C’est d’abord à l’échelon local que le syndicalisme doit chercher des solutions aux problématiques que peuvent rencontrer les paysans. Et c’est à partir de cet échelon que le syndicalisme majoritaire peut bâtir ses stratégies et montrer sa force.

Membre du bureau national de la FNSEA, Philippe Moinard est venu à Crançot pour apporter son éclairage sur l’engagement syndical, thème de la dernière assemblée générale de la FDSEA du Jura (voir notre précédente édition). Se référant aux résultats des dernières élections des chambres d’agriculture, Philippe Moinard s’est interrogé sur la manière de « transformer cette belle victoire en une action de tous les jours… ». Il lance la réflexion sur le renouvellement au sein des structures locales et cantonales, sur la collecte des cotisations… « Nous sommes obligés de construire nos stratégies tous ensemble. Nous n’avons pas besoin d’effet d’annonce », scande-t-il.

Une stratégie participative qui s’appuie sur des initiatives prises à l’échelon local. Le Jura est aussi une terre où ce genre d’initiative est pris régulièrement.  On a pu s’en rendre compte avec le témoignage de Jean Thurel qui a rappelé ce qui avait été fait pour maintenir une production de lait sur la zone nord du département. Depuis la réunion d’un groupe d’une cinquantaine de producteurs avec l’envoi d’une lettre de motivation à tous les producteurs concernés. Là aussi, c’est la base qui a trouvé la solution car le projet a abouti à l’octroi d’une référence laitière et, ainsi, à la reconnaissance des producteurs. Et, par la même occasion, c’est tout le syndicalisme qui a été relancé sur ce secteur.

Étienne Rougeaux a donné quelques informations utiles, rappelant l’utilité de la « Lettre aux adhérents » ainsi qu’un certain nombre d’avantages qui sont réservés aux adhérents FDSEA.

Tout repose sur le projet local
Comment maintenir un taux de syndicalisme élevé ? Là aussi, Philippe
Moinard apporte son éclairage. Pour lui, « il est plus facile d’aller chercher des adhérents avec un projet ». Une piste se trouve donc à l’échelon local où les projets doivent permettre de trouver des solutions aux problématiques posées aux paysans. Arborant le badge FNSEA à la boutonnière, le membre du bureau national encourage aussi à « revendiquer son appartenance à la FNSEA » et à « ne pas avoir honte d’aller collecter une cotisation ». Il insiste sur la notion de professionnalisation et sur les services rendus par le syndicat majoritaire, illustrant son propos par des exemples tels la carte moisson qui permet d’obtenir des ristournes chez certains commerçants et fournisseurs, sur les groupements d’achats en matière de signalisation…

Ils se sont engagés
Au-delà de la simple adhésion, le syndicalisme doit être, selon lui, un engagement personnel. Et, en matière d’engagement, les témoignages jurassiens ont été riches.
Jean-Baptiste Alpy a parlé du mouvement spontané de solidarité qui s’était créé suite à l’effondrement d’un bâtiment agricole en 2003. « Dans notre petite commune, nous avons été une trentaine à y aller pour aider notre collègue à se relever. C’est un soutien que nous avons apporté dès le début et que nous avons maintenu jusqu’au bout… Si on attend tout, on se laisse mourir. Aujourd’hui les gens qui vivent sont ceux qui ont des projets… »

Adrien Pernot a raconté l’expérience qu’il a vécue en suivant « Avenir Formation », l’école des futurs responsables ouverte aux jeunes agriculteurs de Bourgogne et de Franche-Comté.

Didier Aubert a présenté un cas concret de réflexion sur un programme local sur le secteur de Sellières où les installations sont très rares. Ce travail a été mené en collaborations avec le Point-info transmission, structure qui, comme l’a précisé François Lavrut, accompagne les cédants dans leur logique de transmission.

Jean Romand a raconté toute l’histoire d’une mobilisation locale qui s’est concrétisée par l’organisation de la journée découverte, organisée chaque été, en partenariat avec les Fédérations départementales de chasse et de pêche.

Pour Gilles Tonnaire, l’abattoir de Champagnole est un dossier qui montre bien comment l’action syndicale peut se mobiliser et se prolonger sur un projet local, utile à toute l’économie d’un secteur. « Il nous a fallu un relais politique mais il fallait être capable d’allumer la mèche. Aujourd’hui, nous pouvons être fiers d’avoir sauvé un outil qui sert à tout le monde ».

Emmanuel Simonet a su mobiliser autour de lui un petit groupe d’agriculteurs sinistrés par les dégâts de gibier sur le plateau de Moirans-en-Montagne. « Nous n’avons pas réglé le problème comme nous l’aurions souhaité, mais nous avons obtenu des avancées. Je crois que notre exemple peut servir à beaucoup d’autres… »

Jean-Noël Bailly participe régulièrement aux « Opérations sourire » des Jeunes Agriculteurs, à l’entrée de l’autoroute. « C’est un moyen de promouvoir les productions du secteur. Mais cette action permet aussi d’intégrer de nouveaux JA et de souder les liens au sein de notre groupe. »

« Avoir quelqu’un partout où l’on peut avoir un problème ou un projet : c’est cela la force de notre réseau, conclut Philippe Moinard. J’insiste sur l’importance de l’échelon local qui reste essentiel et où l’information doit redescendre… Allez porter l’envie d’adhérer, l’envie de s’engager. Au vu de ces interventions, vous avez de beaux jours devant vous ! »

 


Ils ont dit
Dominique Chalumeaux a fait le point, au terme d’une première année de mandat à la présidence de la chambre d’agriculture, sur les cinq actions majeures qui constituaient son programme de campagne. Mais il est aussi sorti des entiers battus en prenant l’exemple de la Confédération paysanne « qui a su plus que nous garder de la foi et de la convivialité. Ils sont fauchés mais heureux… Nous sommes peut-être aujourd’hui un syndicat trop professionnel, qui manque d’huile dans certains rouages. Nous devrons réfléchir à notre manière d’être… »
 

Michèle Antoine, représentante du conseil régional de Franche-Comté, a évoqué la gestion de l’après 2013. « On peut avoir quelques inquiétudes quand on voit les lenteurs de Bruxelles. Oui à la réactivité locale qui permet de prendre des initiatives… » Elle a également présenté la politique agricole de la Région : une enveloppe de plus de trois millions d’euros servant au financement de la politique de l’installation (863 bénéficiaires en moins de 20 ans), au soutien des filières ainsi qu’au financement d’actions de respect de l’environnement et d’aménagement.

Philippe Moinard : « En ce qui concerne le débat sur la Pac, la FNSEA n’a à ce jour rien tranché. Néanmoins, je rappelle deux grands principes : nous voulons un budget agricole fort pour l’après 2013, ainsi que le maintien des éléments d’intervention sur les marchés… Pour ce qui est des retraites, il faut faire appel à la solidarité interprofessionnelle. »

Jean-Marie Sermier n’a pas éludé cette question des retraites qu’avait soulevée Jean Noir, le président de la section des anciens de la FDSEA. Il a surtout rappelé les avancées obtenues depuis cinq ans en matière de financement de la complémentaire agricole. L’élu départemental a souligné la politique forte du conseil général en matière de remembrement – le passage d’un remembrement de parcelles à un véritable aménagement foncier qui s’étende sur plusieurs communes – ainsi qu’en faveur du laboratoire départemental d’analyses de Poligny : « J’attends des agriculteurs que cet outil fonctionne et qu’il soit utilisé aujourd’hui et demain. »

Sur la prochaine Pac, le député jurassien a avancé un mode opératoire : « Je ne crois pas au bilan de santé mais à une nouvelle réforme qui va arriver vite. Nous devrons avoir des objectifs en répondant à des questions simples, être clairs sur les positions que nous allons prendre et mettre en préambule les valeurs que nous souhaitons défendre. » Et d’évoquer les grandes idées directrices de cette politique qui, selon lui, seront la conservation de la préférence communautaire, la mise en place d’outils de régulation des marchés et le maintien d’un certain niveau de quotas, la réactivité, la communication auprès de l’ensemble de la population…

 


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