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Le Gaec s’est engagé dans un projet collectif de vente directe |
Le Gaec Vivot des Laves à Flangebouche dans le Doubs a fait l’objet d’une fiche analytique par le Réseau d’élevage de Franche-Comté pour illustrer la stratégie « optimisation » : optimisation du niveau de production par rapport aux ressources et maximisation de l’efficacité économique.
Le Gaec Vivot des Laves se démarque des autres fermes du secteur : travail rapide sur le troupeau et les champs, beaucoup de temps accordé au suivi de la ferme et aux activités de groupe et de diversification, et beaucoup de temps libre avec 900 heures par an disponibles pour la famille, les congés et quelques travaux diffus difficiles à comptabiliser.
Gilles Vivot et Sylvie Gaiffe, frère et soeur associés en Gaec, travaillent avec un quota de 336 000 litres sur 100 hectares d’herbe à 850 mètres d’altitude. Tous deux mariés, avec des enfants, et des conjoint(e)s qui travaillent à l’extérieur, le temps dégagé pour la vie de famille est précieux. De tempérament ouvert, ils accordent aussi une grande importance à la réflexion pour l’optimisation du revenu : la ferme adhère au réseau Pacteor et au Réseau d’élevage pour pouvoir mieux se comparer avec les autres et optimiser ses résultats techniques et économiques, et les associés participent régulièrement aux journées et aux formations du CETA du Val de Vennes. C’est là qu’a émergé un projet collectif de vente directe dans lequel ils se sont engagés, avec une SARL qui réalise la découpe de viande et la commercialisation. Ils s’impliquent également dans le point de vente des Saveurs de la ferme, à Besançon.
Réduire le temps d’astreinte
Dans cette situation, la réduction du temps passé aux travaux manuels d’astreinte au troupeau et les pointes saisonnières est un véritable enjeu. « Il faut limiter le temps passé aux travaux physiques pour disposer de plus d’énergie pour la réflexion et le travail de bureau », fait remarquer Gilles. Sylvie ajoute que « la politique de limitation de l’astreinte est un objectif du Gaec depuis ses débuts parce que nous avons toujours eu beaucoup d’animaux à soigner ».
La taille de l’exploitation est moyenne avec 52 UGB et 50 hectares par associé. Sylvie et Gilles peuvent par ailleurs compter sur le coup de main de leurs parents. En ce qui concerne le travail d’astreinte au troupeau, la structure de départ est déjà favorable avec tous les animaux sur le même site. Les bâtiments ont été conçus pour limiter le temps passé et la pénibilité : logettes caillebotis intégral avec tapis et sciure, reprise du fourrage à la griffe, Dac, Dal pour les veaux, salle de traite deux fois cinq avec décrochage.
Au final, pas de raclage ni de paillage pour les vaches, une distribution des aliments simplifiée, un temps de traite limité. Seuls points noirs restants : le raclage du bâtiment logettes des génisses deux à trois fois par semaine et la distribution du fourrage qu’il faut repousser à la main une fois la reprise faite avec la griffe. L’objectif de limitation du temps d’astreinte n’en est pas moins atteint. Les associés travaillent vite : deux heures et demi par jour à la traite pour 49 vaches en moyenne, 14 heures par semaine et par associé pour l’alimentation du troupeau et les soins aux veaux en hiver contre trois heures et demi l’été.
L’hiver, un coup de main de Monique et François, les parents, permet d’économiser deux heures aux associés sur ces postes. Ce qui fait au final environ 28 heures par semaine et par travailleur avec le troupeau l’hiver contre 18 heures l’été. Le parcellaire groupé, avec 80% des surfaces autour du bâtiment, permet de limiter le temps passé aux déplacements d’animaux et aux voyages en tracteurs pour mener le lisier ou faire les foins.
Des parents encore impliqués
Résultat : un peu moins d’un jour par hectare aux travaux des champs et 0,7 jour par UGB pour les travaux saisonniers du troupeau. Le parc matériel est fonctionnel, mais sans démesure. Pour Gilles : « les charges de mécanisation sont faibles en grande partie grâce au parcellaire groupé qui limite les frais de carburant et l’usure du matériel ». Les pointes se limitent aux chantiers étaupinage et épandage au printemps et fenaison sur l’été. La main-d’œuvre abondante permet là encore de soulager les périodes critiques des déplacements d’animaux ou des épandages.
Pour les foins, c’est François qui fauche. Gilles et Sylvie pirouettent. François andaine avec le gros andaineur. Ce qui lui permet de rentrer plus tôt pour traire le soir. Sylvie fait l’appoint avec le petit andaineur. Gilles presse et ramasse. Monique est à la griffe. « Sans l’appoint des parents, le chantier coince », souligne Sylvie.
Les activités de suivi global de la ferme et de diversification représentent près de deux jours par semaine, à part égale entre les deux activités. Question temps libre, Sylvie prend une à deux semaines de congés par an. Gilles prend une semaine : « les congés ne sont pas une priorité, d’autant plus que mon épouse dispose de ses trois semaines de vacances l’été, et souvent en pleine période de regain ».
Mais il apprécie de profiter de son temps de manière diffuse dans l’année, et de pouvoir se libérer pour être auprès de ses enfants. Sylvie semble manifester une plus grande attente par rapport au temps libre : « peut être parce que j’habite à 7 km du site de la ferme et que j’ai les trajets à faire pour m’occuper des enfants ». Pour les week-end, pas de planification. Les associés les prennent quand ils en ont besoin et équilibrent au fur et à mesure. À l’avenir, l’équilibre entre le besoin de travail imposé par la structure et l’offre de main d’oeuvre risque d’être bousculé par le départ des parents.
Avec 13% de l’astreinte et 18% du travail saisonnier, la part du travail délégué n’est pas très importante. Mais le coup de main intervient à des moments clés : soulagement de certaines tâches quotidiennes ou appui à des périodes clés de la saison. Peu d’améliorations techniques sont envisageables sur la structure. Et les associés, qui ont toujours travaillé dans un contexte où les décisions se prennent en famille, envisagent mal un projet d’association avec une personne extérieure. À l’occasion, quand les parents ne sont pas disponibles, il leur arrive d’avoir recours au service de remplacement. La solution passera peut être par une autre solution collective, un emploi partagé par exemple.
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