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Victoire (Nikos sur Induvi), chez Jean-François Girardert, à Avoudrey dans le Doubs, est championne de l’exposition Umotest |
Victoire, une fille du taureau Nikos, a été désignée grande championne de l’expo Umotest. Valdisère, du même père remporte le titre de meilleure mamelle.
Plusieurs milliers d’éleveurs, venus de toute la France et de l’étranger, étaient le 6 février dernier à l’exposition Umotest 2008, qui se tenait sur le parc des expositions de Besançon Micropolis. Un succès pour cette édition qui coïncidait avec le 40e anniversaire de l’Union de coopératives d’insémination. Michel Tissier, le directeur, a rappelé les grandes étapes de l’histoire de ce projet, depuis les quatre CEIA fondatrices (Doubs-Territoire de Belfort, Haute-Saône, Ain et UCEAR, jusqu’à l’adhésion d’Amélis en 2007, en alternance avec les présentations de descendances des nouveaux taureaux.
Pour Denis Clément, président « notre union de sélection va bien, comme le démontre la qualité des lots de filles de testage présentées aujourd’hui. Nous avons su préserver la variabilité, la continuité de certaines souches tout en poursuivant dans la voie de l’amélioration. Une nouvelle coopérative, Amélis, nous a rejoint, avec les éleveurs de la Mayenne, de la Manche et du Calvados. Cette année, notre union a dépassé le seuil du million de doses vendues : c’est le résultat de la part croissante de la montbéliarde dans le cheptel français et de la spectaculaire progression de la montbéliarde à l’étranger. » Les étrangers étaient d’ailleurs venus en force et remplissaient la tribune qui leur avait été attribuée, où les techniciens de Coopex assuraient la traduction en direct via des casques mis à la disposition des visiteurs non-francophones. Un jury international a été chargé de désigner le meilleur lot de descendances : c’est celui des filles de Redon qui a été choisi.
Filles de Redon
Euphorie liée au prix élevé du lait depuis cet automne ou confiance dans les perspectives offertes par le schéma de sélection Umotest… toujours est-il que la vente aux enchères des génisses élites a suscité un réel enthousiasme, et que les prix se sont envolés, atteignant en moyenne 3 494 euros pour les 15 animaux proposés. M. Béard, de l’Earl de la Chabéliarde en Auvergne, était venu avec ses trois collègues avec lesquels il a créé le GIE « Aventure montbéliarde » pour investir collectivement dans la génétique et multiplier les souches dans leurs élevages.
Leur génisse Cerise MA (Rhésus sur Jorquin), a été vendue à 3 250 euros, argent aussitôt réinvesti dans l’achat de Coucile (Plumitif sur Ezozo), pour plus de 4 850 euros. « Nous avons choisi cette génisse pour son potentiel morphologique intéressant. L’investissement à plusieurs nous permet de mutualiser la génétique : à la création du GIE nous avons acheté huit génisses, deux sont devenues mères à taureaux. La vente des embryons et des génisses nous permet d’autofinancer notre projet. C’est très motivant de travailler avec de bonnes bêtes dans nos troupeaux ! » C’est Caprice (Redon sur Issoire) qui détient le record de cette vente 2008 à 5 150 euros.
Au programme de cette édition, la présentation des descendances de taureau du cru 2007, sous l’angle d’un large éventail de propositions. Pour les petits-fils de Boislevin, on a pu ainsi voir les filles de Raï (Gardian), Ricochet (Induvi) Solstice (Isangrin), Stroumph (Jouzeto) et Spirituel (Jazana). Le premier, « Raï est le meilleur fils de Gardian pour la morphologie. Sa mère Jaunisse appartient à une des nouvelles souches travaillées dans le schéma, pointée 9 en corps. Raï est indexé à 118 en corps, il laisse des filles longues et solides. Son ISU est pénalisé par un index cellule et un index fertilité négatif. Aussi il faudra raisonner son utilisation et jouer la complémentarité avec les filles de Micmac et Masolino par exemple. Il peut aussi être intéressant dans le cadre de la production de viande dans un atelier taurillon. Cinq fils de Raïs seront testés avec une priorité sur la sélection des fonctionnels », explique François Thomas, technicien à la coopérative de Haute-Saône.
Variabilité à l’honneur
Ricochet, fort d’un Isu de 137 points, est qualifié de « géniteur de choix », amenant potentiel laitier (+991 kg), taille, et qualités de mamelle. « Ses aplombs sont coudés mais solides. L’objectif est de tester 20 de ses fils. »
La variabilité était aussi à l’honneur, à travers les descendances de Saturne, qui prolonge la lignée Hamadau, neutre en TP et améliorateur en lait à +809 kg. « Ses filles ont d’excellentes qualités de mamelle (12), en particulier au niveau des attaches et du support. Les trayons sont parfois fins mais toujours bien orientés », pour Guillaume Fayolle, technicien Umotest. Sillon (Jorquin sur Canari) agréé fin octobre, est « une exclusivité Umotest par son originalité. »
Ses points forts sont à chercher du côté de la morphologie (118), spécialement dans les dimensions de poitrine, flanc et bassin. Sa fille Ventouse « résume les qualités exceptionnelles de ce taureau : elle est exceptionnelle dans son corps, c’est le prototype de la mixité », selon Pascal Quignard, technicien à coop’Evolia. Le juge Michel Poncet, éleveur à Saint Romain de la Motte, confirmera ses dires en la choisissant meilleure vache du lot : « Elle est impressionnante dans la puissance de son corps, sa profondeur de flanc et de côte. » Scoubidou (Inelstory sur Bistro), Starmania (Joblandin sur Ezozo) et Scoured (Jorquin sur Ezozo) complètent la collection variabilité. Ce dernier, indexé à 140 points d’Isu, amène potentiel laitier (+818 kg), TP (+0,2). « Ses filles sont des vaches économiques par excellences, très solides, avec un bon équilibre de mamelle. »
L’occasion de dire un mot du programme Var’Umo, présenté au cours de cette journée, et qui consiste à utiliser la technologie de la transplantation embryonnaire sur 12 mères à taureaux « variables », accouplées avec des pères à taureaux « variables ». Les 7 à 8 pleins frères obtenus pour chaque accouplement sont ensuite départagés grâce aux marqueurs génétiques (SAM) pour être mis en testage. « 12 jeunes taureaux de testages, soit 10% par série, seront procréés en combinant TE et SAM dans ce programme Var’Umo », assure Michel Tissier.
Sélection export
Clin d’œil aux nombreuses délégations étrangères présentes dans les gradins, les organisateurs du show avaient aussi prévu de présenter une collection « top export », avec les filles des taureaux les plus prisés en dehors de nos frontières. Là encore, les petits fils de Boislevin sont incontournables, avec Ralban (Gardian) et Redon (Isangrin), « fierté de cette sortie ». Rapallo (Isangrin sur Faucon) complète le tableau.
Après la présentation d’une collection des filles de service d’Oxalin, Odislait, Oriel, et autres taureaux en O, les filles de Nikos ont impressionné par leur régularité. C’est parmi elles que le juge a désigné la meilleure mamelle et la championne du jour. La première vient du département de l’Isère, il s’agit de Valdisère (Nikos sur Boislevin), au Gaec des Flaques à Flachères. « Juger est un plaisir, mais c’est aussi un exercice difficile ! C’est quand même elle qui mérite le titre : une mamelle remarquable, avec une attache avant longue, une attache arrière haute et large, un bon support, équilibré… » Victoire (Nikos sur Induvi), appartient à Jean-François Girardert, à Avoudrey dans le Doubs.
« C’est une vache exceptionnelle, très complète, avec beaucoup de corps, de flanc, et une très bonne mamelle. Un animal d’une qualité remarquable, très très régulier, avec de la profondeur de poitrine, une belle ligne de dos. » Et c’est naturellement la championne !
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