Le Jura Agricole et Rural
Sur les routes de la montbéliarde
Génétique montbéliarde
Jura agricole et rural
Publié le:  20 février 2008
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Les meilleures vaches du troupeau sont présentées aux visiteurs, avec des détails sur leurs pedigrees et leurs qualités morphologiques

Le 5 février dernier, les délégations étrangères invitées par Coopex ont découvert trois élevages de la région, illustrant la polyvalence de la race montbéliarde : production laitière destinée à la transformation fromagère, production de viande, vente de reproducteurs…

Au cours du dernier exercice, plus de 400 000 doses ont été exportées dans une cinquantaine de pays, et Coopex a réalisé un chiffre d’affaire de 6,5 millions d’euros. Denis Clément, président de Coopex, a d’ailleurs loué « l’efficacité du tandem Umotest-Coopex » dans son discours à l’occasion de l’exposition du 6 février à Micropolis. Toujours est-il que les bus affrétés par Coopex ont emmené quelque 200 personnes, les délégations étrangères venues de 20 pays différents, dans une tournée à travers la campagne du Doubs et du Territoire de Belfort, à la découverte de la montbéliarde.

Au programme de la journée, plusieurs visites d’élevage, chacune illustrant à sa manière les points forts de la race. Pour les délégations d’Afrique du Nord, de Tchéquie, Lituanie, Turquie, la tournée débute par le Gaec Fridez à Villars-le-Sec. Un Gaec à trois associés qui produit 660 000 litres de quota laitier avec un troupeau de 75 laitière. Moyenne des contrôles en 2006-2007 : 9 859 kg de lait à 35,1 de TA et 34,9 de TB. Guilhem Brouzes traduit à la volée en anglais les paroles de l’éleveur qui présente son troupeau : composition de la ration hivernale, à base d’ensilage maïs et d’enrubanné de luzerne et de ray-grass. Jacques Perrin, correspondant génétique du groupe d’inséminateur Montbéliard-Belfort détaille pedigree et choix d’accouplements pour une sélection des meilleures vaches du troupeau. Des petits groupes se forment : certains sont plus intéressés par l’agencement du bâtiment que par les blocs arrières des vaches… d’autres tentent d’audacieux travellings sur les vaches au cornadis avec leur téléphone portable, ou vont voir de plus près les taurillons. Le taux de renouvellement élevé pose question : « Attention, l’élevage commercialise une partie des vaches en lait ou comme reproductrices ! »

Des vaches durables
Ici, les vaches sont durables, 46% sont en 3e lactation ou plus. Mais déjà il faut repartir, direction Ecurcey. « Nous sommes ici dans le berceau historique de la montbéliarde », annonce l’éleveur, avant de faire un bref topo sur les origines memmonites de la race. L’élevage est passé en 2004 en système foin-regain, une obligation du cahier des charges du morbier. La ration de base hivernale couvre une production journalière de 32 kg de lait. Il s’agit d’une ration mélangée, contenant du foin, du regain, du maïs, du triticale, de la luzerne et du tourteau à 36%. « Notre objectif est de vendre des jeunes vaches. Pour l’exploitation nous recherchons des vaches lourdes, capables de vieillir, d’où un vêlage tardif. Redon est un taureau qui nous convient très bien ! », précise l’éleveur.

Parmi la collection de vaches mise en avant dans cette ferme, plusieurs filles de testage et vaches gestantes de taureaux de testage. Guilhem explique le concept des accouplements au hasard et de l’évaluation génétique des taureaux à travers les performances de leurs filles. Ici, les frais vétérinaires sont très bas, à 59 euros/VL/an. « Et encore, ça pourrait être moins, car nous avons eu quelques soucis avec les veaux. » Les 300 000 litres de lait produit sont transformés par la fromagerie Perrin. « Cette année nous manquons de lait AOC. Nous avons accordé le prêt de quota maximum aux éleveurs, 15% supplémentaires, et ceux qui répondent le mieux sont en général les gros troupeaux, peut-être parce que leurs marges de manœuvre sont plus grandes, tant pour les places dans les bâtiments que les stocks fourragers », détaille l’agent de relation culture de la laiterie, François Bazin.

Pénurie de lait
Après avoir goûté aux spécialités locales, morbier et vin d’Arbois, en guise d’apéritif, le repas de midi est aussi l’heure des échanges. La pénurie de lait sur les marchés mondiaux et l’envolée du cours des céréales font débat : est-ce que ça va durer ? Les avis sont partagés. Hichem Chraief, Dr vétérinaire tunisien et importateur de montbéliardes, évoque la croissance de la consommation laitière dans son pays, de l’ordre de 20%, tandis que la production, très encadrée par l’Etat, ne suit pas. « Pendant le mois de ramadan, les stocks ont fondu, et aujourd’hui c’est de nouveau la pénurie. »

Au Gaec des Monts d’Usiers, élevage Girard et Pernet, dernière étape de cette tournée de 250 km au pays de la montbéliarde, c’est encore un autre système. Le lait produit, 726 000 litres de quota, est transformé en mont d’or et comté, ce qui permet une bonne valorisation, à 346 euros la tonne, avec les bonus TP, TB et qualité. La ration de base hivernale, 20 kg de matière sèche, est pour un tiers composée de regain, le reste de foin, et les vaches reçoivent en salle de traite 1 kg de pulpe et 1 kg de luzerne. Patrick Belot, correspondant génétique du groupe de Pontarlier, précise les choix d’accouplement en fonction des objectifs de l’éleveur. « Ici les aplombs sont prioritaires. » Plusieurs des vaches présentées font partie du schéma de sélection d’Umotest. L’occasion de dire un mot du programme Var’Umo, qui a pour but de gérer la variabilité génétique à long terme dans la race montbéliarde. Enfin, c’est le retour sur Besançon, avec des images plein les caméscopes et les appareils photos !


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