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De g. à d. : Éric Revel (animateur du colloque et journaliste), Jean-Michel Lemétayer (président FNSEA), Xavier Bertrand (ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité), Claude Cochonneau (président commission Emploi FNSEA) et Jérôme Despey (vice-président commission Emploi FNSEA) |
À l’invitation de la FNSEA, plus de 500 représentants agricoles venus de toute la France se sont réunis à Paris, le 23 janvier dernier, autour d’une question d’actualité : le pouvoir d’achat. Cette journée fut l’occasion pour la FNSEA de demander aux pouvoirs publics la prise en compte de la spécificité agricole en matière de contrat de travail et de pouvoir d’achat.
La délégation jurassienne emmenée par Gilles Duquet, président de la Commission Employeurs de main-d’œuvre de la FDSEA du Jura, et comprenant Rémy Delacroix et Pierre-Étienne Brunet, était présente à ce troisième colloque sur l’emploi organisé par la FNSEA.
Devant une salle comble, le ton était donné dès l’ouverture: « Le pouvoir d’achat est une préoccupation majeure des Français mais aussi des agriculteurs», a affirmé Claude Cochonneau, président de la Commission nationale Emploi de la FNSEA. Il a également rappelé la volonté de la FNSEA, premier syndicat d’employeurs agricoles, d’être présente dans les négociations interprofessionnelles qui se déroulent actuellement « pour permettre la prise en compte des spécificités agricoles ».
En introduction de la première table ronde, Jérôme Despey, vice-président de la Commission nationale Emploi a souligné que « les salariés doivent aussi pouvoir bénéficier de la croissance des entreprises agricoles, encore faut-il que celles-ci génèrent du résultat ». Pour cela, il faut « ouvrir le débat sur la durée du travail, l’harmonisation des règles sociales au niveau européen ou encore le coût du travail ».
À propos du SMIC, le débat a porté sur les modalités de fixation du Smic et les coups de pouce successifs donnés par les gouvernements contre lesquels le syndicat patronal s’est toujours élevé. « Nous avons connu une augmentation du Smic de près de 20% ces dernières années et les allégements de charges n’ont pas permis d’absorber une telle évolution », a rappelé Claude Cochonneau. « Les grilles de rémunération se sont tassées dans les entreprises et ont généré de réelles difficultés au niveau du climat social. Il faut s’émanciper du rôle social que l’on veut faire jouer au Smic». Des propos corroborés par l’intervention de Gérard Larcher, ancien ministre du travail qui « partage l’idée que le Smic n’est plus adapté au monde d’aujourd’hui ».
Alors, vers quelle évolution s’oriente-t-on ? Pourquoi ne pas donner un fondement économique à l’évolution du Smic ? Mais l’intervention de l’État doit rester limitée. Le dialogue social et la négociation entre les partenaires sociaux doivent être la règle.
L’agriculture est d’ailleurs, souvent précurseur en matière de dialogue social. La FNSEA est un partenaire responsable, présente aux tables des négociations mais « qui doit être encore plus reconnue » assène Claude Cochonneau.
L’agriculture a également un rôle à jouer en matière d’insertion. Pour preuve le film qui a été projeté et les 2 témoignages poignants sur les actions de réinsertion de la Main Verte, association implantée à Molsheim en Alsace.
La directrice de cabinet de Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives, a d’ailleurs proposé de se servir de ces expériences pour initier une rencontre spécifique avec le monde agricole dans le cadre du Grenelle de l’insertion. Elle a aussi affirmé la volonté de développer les groupements d’employeurs qui sont à ses yeux un outil performant pour stabiliser des emplois.
En réponse à une interpellation de Jean-Michel Lemétayer qui déplorait l’absence de l’agriculture lors des dernières négociations interprofessionnelles sur la modernisation du marché du travail, le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, Xavier Bertrand, a exprimé le souhait de définir avec la FNSEA un « agenda de travail » consacré à la politique gouvernementale en matière de contrat de travail et de pouvoir d’achat.
Agenda de travail
Xavier Bertrand s'est déjà déclaré favorable à l’allongement de six à huit mois de la durée maximale pour les contrats des travailleurs saisonniers étrangers, une mesure qui répondrait mieux aux spécificités du travail agricole dans certaines productions comme les fruits et légumes.
Le ministre a également promis que les engagements de la campagne présidentielle sur les petites retraites, donc les petites retraites agricoles, seraient tenus, et notamment leur revalorisation.
Sur le pouvoir d’achat, Xavier Bertrand a déclaré que ce dernier « ne concerne pas seulement les salariés en col-bleu ou blanc, et qu’il faut penser aux 1 200 000 personnes travaillant sur les exploitations agricoles ». La FNSEA devait rencontrer les services du ministère du Travail dans les prochains jours.
Plus généralement, alors que les réformes sociales (représentativité syndicale, protection sociale, ou encore paiement des RTT) vont se succéder en 2008, le ministre a indiqué clairement qu’il n’y aurait pas de « pause » et qu’au contraire, le gouvernement souhaitait « accélérer le rythme des réformes, mais des réformes équilibrées, partagées », a-t-il souligné. La négociation devra privilégier des solutions « où tous soient gagnants », a précisé Xavier Bertrand : « Nous devons avoir une logique d’augmentation des salaires tout en prenant en compte les marges des entreprises ».
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