Le Jura Agricole et Rural
«Mieux vaut être maire d'une ville que d'un village»
Maires ruraux
Jura agricole et rural
Publié le:  20 février 2008
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En milieu rural, les maires sont confrontés à de multiples problèmes : urbanisation, voirie, police… Peu de moyens sont à leur disposition, tous regrettent la disparition des services publics de proximité

Les élections municipales se dérouleront les 9 et 16 mars prochains. Pour une majorité de Français, le maire idéal doit avoir moins de 50 ans et une certaine expérience politique. 74 % de nos compatriotes souhaitent qu’il n’exerce que ce mandat, révèle un sondage Opinionway.

Le maire représente la fonction politique en laquelle les Français ont le plus confiance. La question a été posée par la Sofrès en janvier à un échantillon représentatif de la population de 4 600 Français. Les maires ont la confiance des électeurs et sont largement cités en premier à 61 %, loin devant les députés (7 %), les conseillers régionaux (4 %), les sénateurs (3 %) et les conseillers généraux (2 %).

Les Français aiment donc leurs maires et sont d’ailleurs, à 72 %, très satisfaits ou assez satisfaits de leurs premiers magistrats communaux. Brice Teinturier, analyste de la Sofrès, ajoute « que 70 % des Français pensent que leur municipalité fait bon usage de l’argent des impôts locaux et 57 % des électeurs estiment qu’il faut continuer l’action municipale telle qu’elle est menée actuellement. Un taux de satisfaction qui grimpe à 67 % chez les agriculteurs ».

Mais les maires, dans quel état d’esprit sont-ils, à l’heure où il faut déposer les listes en préfecture. Le Courrier des maires a demandé à Ipsos de conduire une vaste étude sur ce sujet. Globalement, un maire sur deux a l’intention de renouveler son mandat. « L’âge, la complexité croissante de la fonction, l’importance du temps consacré aux affaires, la difficulté de concilier un mandat avec une activité professionnelle et les risques de responsabilité pénale sont les principales raisons qui les conduisent à ne pas se représenter devant les électeurs ».

Mais l’étude révèle aussi que 78 % des maires de villes de plus de 10 000 habitants, souhaitent un nouveau mandat. En revanche, dans les communes rurales de moins de 2 000 âmes, ils ne sont que 48 %. Les partants soulignent toutefois plusieurs difficultés pour composer leurs listes : trouver des candidats suffisamment compétents (59 %), inscrire des femmes pour assurer la parité (26 %), rajeunir la liste (10 %). Des difficultés que l’on comprend mieux lorsque l’on sait que seuls 20 % des Français accepteraient de se présenter sur une liste, un chiffre d’ailleurs en retrait par rapport à celui d’un sondage identique réalisé en 1999 (24%).

Les préoccupations des maires

Si la majorité de la population française réside dans des communes de plus de 2 000 habitants, la grande majorité des maires administre des communes de moins de 2 000 âmes. C’est là une des spécificités françaises. Mais ce contexte a aussi une incidence forte sur les projets des candidats et les attentes des élus (voir tableau).

Ainsi, l’emploi et le développement économique sont une priorité pour 25 % des maires et des habitants des communes de moins de 2 000 habitants, qui privilégient davantage le cadre de vie et l’environnement. Dans les villes de plus de 10 000 habitants, l’emploi et le développement économique est la priorité de 40 % des élus et de 35 % du grand public. Un taux qui monte à 44 % pour les villes de plus de 10 000 âmes.

En revanche, sur les atouts de l’intercommunalité, les maires se retrouvent. Les maires ruraux pensent que la structure est importante (52 %), tout comme les élus des villes de plus de 10 000 habitants (58 %).

Les maires sont aussi unanimes quant à la difficulté d’exercer la fonction aujourd’hui. 69 % des élus de France font cette remarque. 94 % des élus ayant exercé au moins quatre mandats font encore plus la différence. Quelles sont ces difficultés ? 46 % des élus regrettent la complexité des réglementations et des normes européennes. 37 % constatent la nécessité d’une disponibilité croissante, avec une multiplication des réunions. 25 % s’inquiètent de la responsabilité pénale, 24 % jugent insuffisants les moyens humains et financiers. 13 % déplorent l’attitude consumériste des citoyens par rapport aux services municipaux et 9 % l’indifférence de la population. Enfin, les maires redoutent (5 % des élus), les agressions physiques et verbales dont ils sont parfois victimes.

Une réforme s’impose
Les élus des petites communes rurales sont, au plan financier, les plus mal lotis. Beaucoup de présence sur le terrain, à la mairie et de nombreuses réunions, peu d’aide administrative ou technique par manque de moyens et des indemnités. Les indemnités sont peu élevées, obligeant les jeunes élus à conserver leur emploi. Mais toutes les carrières professionnelles ne peuvent pas supporter des absences fréquentes. C’est pour cette raison que dans les petites communes, bon nombre de maires sont des retraités.

Certes, tous ne sont pas comme Arthur Richier, le doyen des maires de France, 86 ans, qui se représentera aux municipales de mars prochain dans la petite commune de Faucon-du-Caire, entre Sisteron et Gap, briguant ainsi le onzième mandat d’une carrière débutée en 1947 !
Les électeurs des petites communes rurales, devant le peu d’engouement, n’ont souvent pas le choix : une seule liste est proposée aux suffrages et encore, parfois, n’est-elle pas complète.

Une réforme s’impose, mais elle est délicate à mettre en œuvre. Pour le Gouvernement, celui-ci comme les précédents, l’intercommunalité semble être l’avenir. Mais les Français, même s’ils s’engagent peu dans la vie communale, tiennent beaucoup à leur commune et refusent de voir leur clocher se fondre dans une quelconque communauté. Pour que de jeunes élus émergent, il faudrait des indemnités à la hauteur. Mais les budgets communaux sont souvent étriqués. Pourtant, il faudra bien, un jour, mettre un terme à ce dilemme…


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