Le Jura Agricole et Rural
Acteurs au cœur du territoire
Groupes de développement agricole (GVA)
Jura agricole et rural
Publié le:  27 février 2008
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« Les GVA doivent devenir des groupes de “valorisation” de l'agriculture »

Les agriculteurs peuvent-ils être les partenaires des Communautés de communes ? Sur quels projets ? À la veille d'élections locales, l'assemblée générale de la FDGeda lance le débat.

Après les JA, c’est au tour des Groupes de développement et de leur fédération départementale, d’empoigner la question de la représentation des agriculteurs sur leur territoire. Et de savoir quel rôle les GVA mais aussi les coopératives, les syndicats, toute cette organisation collective qui fait la force de l'agriculture, peuvent jouer pour redonner une place aux projets agricoles dans le développement des communes. « Le Festival des groupes que nous accueillerons les 26 et 27 novembre dans le Jura sera l’occasion de montrer que l’agriculture s’implique sur son territoire et que les GVA peuvent être des défricheurs de projets », explique Olivier Pirat, président de la FDGeda.

L’assemblée générale qui s’est tenue le 15 février à Lons-le-Saunier avait pour thème «Agriculture et collectivités locales, inventer des partenariats». Une proposition illustrée par un exemple. Celui de Joël Antoine qui, depuis deux ans, fait preuve d’une détermination à toute épreuve pour faire aboutir son projet de bois déchiqueté à destination des collectivités locales. Il a sollicité à plusieurs reprises le soutien de la chambre d’agriculture, le réseau des GVA et la FDCuma pour organiser des réunions locales. Aujourd’hui, la communauté de communes du Val Suran - Petite Montagne vient d’acheter une chaudière à bois et devrait passer un contrat avec l’agriculteur. « Nous allons créer une association d’agriculteurs “énergiculteurs” pour répondre à la demande des collectivités locales. Même si elles payent le bois un peu plus cher, elles ont compris que nous avons des intérêts communs : le maintien de l’emploi et l’entretien du paysage». 

Un projet qui réjouit fortement le président du conseil général qui, par ailleurs, trouverait logique de refuser des subventions aux projets de chaudières à bois qui ne s’approvisionnent  pas localement. « La loi des territoires ruraux devra se pencher sur la question, estime Gérard Bailly, et permettre aux collectivités de chauffer leurs bâtiments sans avoir recours aux marchés publics ».

Une ténacité qui plaît aussi à Sylvie Vermeillet, présidente de l’Association des maires du Jura. Elle évoque de son côté une « clause de développement durable » sur laquelle les élus devraient se battre pour ne pas tendre uniquement vers le prix le plus bas.

Fédérer, être à l'écoute
Au cours de la table ronde, la parole a également été donnée à Christian Vuillaume, président de la Communauté de communes des coteaux de la Haute-Seille, Jean-Louis Delorme maire d’Aromas, François Lavrut élu chambre, Dominique Chalumeaux président de la chambre d’agriculture et Roland Berthelier président de la FNGeda. Plusieurs pistes de partenariat entre collectivités et groupes de développement  ont été évoquées.

Les GVA pourraient intervenir à différents niveaux : expertiser des projets,  rétablir un lien avec les collectivités locales qui se sont restructurées sans les agriculteurs, réfléchir au remembrement, participer à un état des lieux pour  prévoir la place de l’agriculture sur un territoire dans les dix à quinze ans à venir, comme cela se fait actuellement sur la communauté de communes du Comté de Grimont par convention avec la Safer... « Surtout ne pas gérer les dossiers à chaud, précise François Lavrut, mais anticiper ». Sur les 18 communes du Revermont, où l’activité viticole est très présente et où se trouvent également deux coopératives fromagères, se pose la question de l’urbanisation et de l’extension des  zones artisanales. A contrario, la déprise gagne la vallée de Baume créant une fermeture des paysages spectaculaire qui préoccupe la population. « Nous avons besoin de personnes, de techniciens, qui nous aident à réfléchir aux solutions. L’emploi d’un berger sur la vallée fait figure de “bricolage”. Sans droits à produire et sans remembrement, c’est la mort de la vallée... », commente Christian Vuillaume.

Pourquoi ne pas faire du pastolarisme à contre sens et descendre dans les vallées pour lutter contre l’enfrichement, pense Dominique Chalumeaux. Et apporter du même coup une réponse à la pression foncière qui sera exacerbée par l’abandon des quotas et la volonté de produire davantage de lait.
Les idées ne manquent pas. Les GVA doivent fédérer, être à l’écoute de ce qui se passe autour d’eux et être reconnus comme des acteurs au cœur du territoire. « Élus et agriculteurs, nous ne sommes pas différents. En tant qu’acteurs locaux, nous connaissons les besoins et les limites de nos territoires et nous y répondons. L’amour de la terre doit nous rapprocher », conclut la présidente des maires du Jura.


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