Au Minnesota comme en Afrique du Sud, le croisement avec la montbéliarde permet d’améliorer significativement les performances des troupeaux laitiers.
Brad Heins est venu présenter les résultats de l’étude conduite par l’Université du Minnesota aux États-Unis, dans le cadre de l’exposition Umotest à Besançon. « Vous connaissez sans doute mieux mon collègue Les Hansen… d’habitude c’est lui qui fait les voyages tandis que je reste faire le boulot de recherche à l’université ! », lance-t-il en guise de boutade introductive à son exposé.
Aux États-Unis, ce sont les problèmes de fertilité et de longévité de la race holstein qui ont conduit les éleveurs à se tourner vers le croisement. « Le croisement le plus populaire est celui effectué avec la race Jersey, mais ce n’est pas le plus intéressant, c’est même une grosse déception. »
Testé sur les deux troupeaux de l’université, dont l’un est conduit en « low cost » (bas coût, c’est-à-dire en minimisant les intrants), l’utilisation de taureaux montbéliards tels que Jazana, Linou, Micmac, a permis de remédier aux problèmes de fertilité, tout en gardant des niveaux de production élevés. « À partir de la deuxième lactation, les croisées montbéliardes rattrapent la différence en termes de matière utile.
La montbéliarde montre aussi son intérêt sur le plan des cellules, et l’efficacité alimentaire est meilleure. Pour le critère du nombre de jours vide (critère utilisé outre-atlantique plutôt que l’intervalle vêlage-vêlage), la montbéliarde est aussi remarquable. On s’est aperçu en dosant la progestérone que le pic chez les croisées était plus marqué, ce qui explique un meilleur cyclage et donc une meilleure fertilité. C’est sans doute lié à une meilleure condition corporelle, ce que d’autres recherches tenteront de vérifier. »
Par rapport à sa concurrente pie rouge suédoise, la montbéliarde affiche aussi un avantage sur la durée. « Les croisées montbéliardes se bonifient avec l’âge. »
Conditions extrêmes
Sarel Cilliers, représentant de Coopex en Afrique du Sud, est venu compléter cet éclairage en présentant un essai conduit dans la partie centrale du pays. « L’élevage de Ross Stokil est à 1 400 mètres d’altitude, avec une pluviométrie de 400 mm par an, et des conditions de température extrêmes, de -7°C à + 40°C. » Là encore, le croisement avec la montbéliarde fait merveille, une fois vaincues les réticences culturelles. « Au point qu’on a surnommé les montbéliardes les tondeuses ! Quand les autres vaches cherchent l’ombre, elles continuent à pâturer ! »
Dans ce système extensif, basé sur le pâturage, les éleveurs misent sur des taureaux de petite taille, type Lecuyer, pour obtenir des vaches rustiques et solides. « Les F1 produisent 18,9 kg de lait par jour contre 16 litres pour les frisonnes élevées dans les mêmes conditions. Sur le plan de la fertilité, 1,7 IA en moyenne sont nécessaires pour les féconder, alors qu’en frisonne c’est 2,4. « Les éleveurs apprécient beaucoup l’agressivité alimentaire des croisées, leur mobilité : ce sont des vaches toujours devant les autres pour aller au pâturage ou en salle de traite. En conclusion, la montbéliarde est définitivement mieux adaptée à un système de pâturage sous des températures élevées. »
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