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Les opérations d’exploitation forestière nécessitent un équipement de sécurité adapté |
Jacques Peseux est éleveur à Etray dans le Doubs. Depuis son accident survenu en taillant une haie, il porte des chaussures de sécurité.
Si les mesures de formation ciblées en faveur des professionnels forestiers ont permis de fortement réduire la fréquence des accidents au cours de la dernière décennie, les propriétaires privés, les agriculteurs et les bûcherons occasionnels restent très exposés. Les statistiques démontrent que pour un même volume de bois récolté, on dénombre quatre fois plus d’accidents mortels dans les catégories de personnes non formées que chez les professionnels ! En cause, le manque de connaissances et d’expérience, l’ignorance ou l’estimation erronée des dangers, ainsi que l’utilisation d’un matériel non approprié. Travailler en sécurité impose d’identifier les dangers, de connaître ses propres limites, et de savoir utiliser correctement les outils et les machines. Les postures, les techniques et les procédés adéquats s’apprennent !
Aux accidents mortels ou très invalidants s’ajoutent des infirmités et des dégâts matériels durables. Les accidents ont toujours des conséquences financières : coûts directs engendrés par les soins de santé et les indemnités journalières, sans oublier les coûts indirects souvent lourds, tels que le personnel de remplacement, les pertes de production… Selon une étude de la MSA en 2003, 5,4% des accidents survenus aux professionnels non salariés des exploitations agricoles surviennent dans un contexte d’exploitation du bois. Certes, cette fréquence est bien inférieure à celle des accidents en rapport avec les animaux (32%), mais rapportée au temps d’exposition, elle prend un nouveau relief.
À quelques millimètres près
Jacques Peseux, producteur de lait à comté installé à Etray, avec un troupeau d’une trentaine de montbéliardes, a fait l’expérience d’un accident qui aurait pu être dramatique. « J’étais en train de tailler des haies à la tronçonneuse et en voulant couper une branche je me suis donné un coup de tronçonneuse sur l’orteil. J’étais en bottes ce jour-là. Heureusement, ce n’était qu’une grosse entaille, il n’y a pas eu besoin de recoudre, seulement de bien nettoyer la plaie. J’ai été arrêté une semaine. »
La plaie par tronçonneuse arrive en tête des accidents survenus lors de l’exploitation du bois. La chaîne déchiquette et brûle la peau plus qu’elle ne la coupe. La douleur est sourde et certains continuent de tronçonner comme si de rien n’était jusqu’à ce que du sang les rappelle à l’ordre ! Des sutures sont souvent nécessaires et une mise sous antibiotiques est préférable car ce type de plaie s’infecte assez facilement. Les plaies oculaires par projection d’esquille, de poussière de bois, de caillou ou par le retour en coup de fouet de branches libérées brutalement sont toujours possibles, avec le risque d’une lésion grave de la cornée.
L’éleveur a désormais pris conscience du risque. « À quelques millimètres près, je me blessais au talon, et j’étais bon pour un ou deux mois d’arrêt. Depuis j’ai acheté des chaussures de sécurité. Même si c’est lourd, je suis protégé. Quand on fait des travaux comme ça, il faut s’équiper comme les bûcherons. »
L’arrêt de travail de Jacques Peseux n’a pas eu de conséquences sur le fonctionnement de l’exploitation. « Je suis adhérent aux services de remplacement avec une assurance spécifique pour les accidents et la maladie. Là aussi, si je devais donner un conseil, c’est d’adhérer aux SR. Quand l’accident arrive, c’est trop tard pour y penser. »
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