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Les négociations sur la nouvelle Pac ont commencé au Salon de l’agriculture |
En visite dans les allées du Salon de l’agriculture, le 25 février, Mariann Fischer-Boel n’est pas opposée à un système d’assurance-récolte inscrit dans le premier pilier. En revanche,
elle ne veut pas entendre parler de filet de sécurité sur les revenus.
De passage sur le stand de la FNSEA au salon, le 25 février, Mariann Fischer-Boel s’est entretenue, parfois dans une ambiance électrique, avec Jean-Michel Lemétayer, sur la teneur du bilan de santé de la Pac, pour lequel la Commission européenne doit formuler des propositions législatives le 20 mai prochain. La FNSEA a mesuré, une nouvelle fois, ses divergences avec la commissaire à l’Agriculture.
À propos de la modulation que Mariann Fischer-Boel veut porter à 8 % contre 5 % actuellement, Jean-Michel Lemétayer prône le maintien d’« une véritable politique économique pour la politique agricole européenne et non une seule politique de développement rural. » S’agissant des quotas laitiers « ils ne doivent pas diminuer de manière systématique mais en fonction du marché », réclame aussi la FNSEA. « Si le marché peut supporter une hausse des quotas de 2 % (ndlr, comme le souhaite la Commission), alors il faut le faire. Dans le cas contraire, il faut y renoncer », explique Jean-Michel Lemétayer. Enfin, le président de la FNSEA se félicite que la Commission soit en train d’« accepter un certain nombre d’avancées sur le système d’assurances et de gestion des risques », notamment sur une assurance récolte qui serait financée au travers du premier pilier.
Mais le syndicat réclame aussi qu’au niveau national, un dispositif permette de mieux assurer le niveau de revenu des producteurs agricoles, contrairement aux vœux de la Commission. « Le démantèlement de toutes les organisations communes de marché (ndlr, sucre, fruits et légumes, vins) fragilise les producteurs dans une période où la volatilité des prix va devenir monnaie courante », déplore Jean-Michel Lemétayer.
Une « nouvelle préférence européenne »
De son côté, Michel Barnier, accompagnant Mariann Fischer-Boel, a expliqué ce qu’il entendait par « préférence européenne » concept implicite, mais non écrit, du traité de Rome fondateur du marché commun agricole et que défend la France dans le cadre du bilan de santé de la Pac et à l’OMC. « C’est une politique agricole européenne et un budget européen qui accompagnent le modèle agricole européen », a défendu le ministre de l’Agriculture.
C’est également « la protection de l’Union par rapport à la nature et aux normes des produits qui entrent en Europe », a-t-il poursuivi. La France axe sa position sur la sécurité alimentaire et souligne qu’elle ne fera « pas preuve de naïveté » sur ce point. Enfin, au sujet des outils de gestion de crises, il faut « les conserver, les modéliser ou les créer », a souligné Michel Barnier.
Les réponses de Mariann Fischer-Boel
En réponse aux remarques de Jean-Michel Lemétayer et de Michel Barnier, Mariann Fischer-Boel a répondu : « le bilan de santé n’est pas une nouvelle réforme de la Pac. Nous devons donner le temps aux agriculteurs européens de s’adapter à la réforme de 2003. Nous venons de réformer les OCM fruits et légumes et vins. Le processus de réforme continue. Il n’y aura pas de modification du budget agricole, fixé en 2002, jusqu’en 2013. Mais nous devons adapter notre politique agricole à une nouvelle situation pour l’UE, désormais à 27 États membres, et aux nouveaux défis environnemental et énergétique. Quant à la notion de préférence communautaire, il y en a autant de visions que d’États membres.
Certaines idées françaises sont contenues dans le bilan de santé. Il est possible aujourd’hui d’approfondir les choix faits en 2003 par les États membres, et notamment par la France. Les États peuvent opter pour la régionalisation des aides. Mais si la préférence communautaire signifie protectionnisme, je ne suis pas d’accord. Si nous surprotégeons nos marchés, les Européens seront perdants. Néanmoins, nous devons affirmer clairement que les produits importés en Europe doivent respecter les mêmes exigences en termes de sécurité alimentaire, de normes environnementales, etc. La restriction des importations brésiliennes de viande prouve la détermination européenne sur ce point ».
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