Le Jura Agricole et Rural
Viser juste sur méligèthes du colza
Grandes cultures
Jura agricole et rural
Publié le:  05 mars 2008
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La résistance reste toujours présente dans les grandes régions de production de colza

Après deux années difficiles, la situation de la dernière campagne dans la région était totalement gérable en ce qui concerne les méligèthes et on peut espérer qu’elle le demeure à nouveau en 2008. Si la résistance aux pyrèthres classiques des méligèthes n’est pas présente partout, elle nécessite la plus grande vigilance au printemps.

Au-delà du choix de l’insecticide, les seuils et le positionnement des interventions restent les éléments clés pour contrôler ces insectes.

Des seuils qui dépendent de l’état du colza
Des règles récentes sont proposées pour prendre en compte le potentiel et l’état sanitaire du colza pour fixer les seuils de nuisibilité. Les plantes à faible potentiel et/ou handicapées par des attaques parasitaires souffrent plus que des plantes saines. Cette évidence a amené les praticiens à proposer des règles de décisions modulées selon les situations. Le tableau ci-dessous montre un exemple de modulation de seuil utilisé dans les régions du Nord et l’Est de la France.

D’une manière générale, ne pas se précipiter dès les premières arrivées pour intervenir. Si ces insectes se repèrent facilement et rapidement, les arrivées sont souvent échelonnées courant montaison et leurs dégâts progressifs. Il vaut donc mieux « faire le plein » pendant quelques jours avant d’intervenir si le seuil est atteint.

Des méligèthes qui résistent parfois
Le groupe de travail méligèthes (Groupe AFPP- Animateur Y.Ballanger-Cetiom) poursuit son travail d’investigation autour de l’évolution des résistances des populations de méligèthes aux pyréthrinoïdes de synthèse et des solutions possibles.
Après plusieurs années d’extension, la résistance ne semble pas avoir progressé vers de nouvelles régions en 2007 mais elle est toujours présente dans toutes les grandes régions de production de colza.

Dans les secteurs avec résistance aux pyréthrinoïdes de synthèse, les solutions les plus efficaces disponibles sont peu nombreuses. A ce jour trois matières actives demeurent utilisables en France : le tau-fluvalinate, la bifenthrine et le malathion. A noter que pour le malathion, 2008 sera la dernière année d’utilisation possible. Dans les secteurs sans résistance toute la gamme des pyréthrinoïdes de synthèse autorisée reste adaptée.

Créer le décalage en début de floraison
L’objectif des interventions insecticides n’est pas l’éradication de l’insecte.
Il s’agit d’empêcher ou de limiter l’activité des méligèthes durant quelques jours afin de permettre au colza d’entrée pleinement en floraison.

A partir de la floraison les méligèthes se nourrissant de pollen, ils colonisent les fleurs ouvertes pour profiter d’un pollen facile d’accès. Dans les cas de pullulation ou lorsque le colza est en mauvais état, le pollen des fleurs ne suffit pas et les insectes continuent à percer les boutons et à provoquer des dégâts. Dans ces situations il est inutile d’intervenir plusieurs fois car l’efficacité des produits à notre disposition ne permet pas de résoudre les problèmes les plus aigus.

Des méligèthes nuisibles mais souvent facteur aggravant
Si les dégâts dus aux méligèthes sont incontestables, il est toutefois fréquent qu’ils jouent le rôle d’amplificateur de problèmes amonts (charançon du bourgeon terminal, charançons de la tige, phytotoxicité d’herbicides céréales…).
Tout ce qui peut affaiblir les plantes avant l’arrivée des méligèthes contribue à en amplifier les dégâts. Attention donc de ne pas tout leur mettre sur le dos car la visibilité importante de cet insecte en culture en fait le coupable idéal de tous les maux du colza.


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