Le Jura Agricole et Rural
Mieux communiquer sur l'environnement
Jura agricole et rural
Publié le:  05 mars 2008
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Depuis 2003, les agriculteurs du Val de Seille se forment sur l’écosystème et la réglementation des rivières et vont à la rencontre des acteurs locaux

Dans le cadre de son programme de communication vers le grand public, le GVA du Val de Seille a organisé une rencontre sur la ferme d’Emmanuel Febvre aux Aiguis, près de Bletterans. Une ferme bordée par six kilomètres de rivières.

Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, Emmanuel Febvre est un écologiste qui s’ignore. « Je suis agriculteur tout simplement » rétorque cet adhérent du GVA. La quarantaine, célibataire, il se plaît dans son métier d’éleveur. Ici c’est de la viande, des vaches allaitantes charolaises, menées sur une centaine d’hectares de prairies. Située en bordure de rivière et sur la zone des puits de captage de Villevieux, l’exploitation est en zone sensible du point de vue des ressources en eau. Et pourtant ce ne sont pas les contraintes environnementales qui ont guidé sa conduite d’exploitation mais un choix personnel.
« Le système viande extensif correspond mieux à un travail individuel et je ne me verrais pas produire du lait tout seul. Je suis déjà tout en herbe et j’essaie de maintenir les haies qui servent à abriter mes bovins et limiter l’érosion ».

Voilà une belle idée à faire passer auprès du grand public : l’agriculteur est souvent « naturellement » respectueux de son territoire. Un exemple que le GVA du Val de Seille a choisi de mettre en avant en organisant, mardi 26 février, une visite d’exploitation avec l’appui des techniciens de la Chambre d’agriculture et de l’ADFPA. Pour l’occasion, Sébastien Picaud, président du GVA, avait largement invité les maires et les associations concernés par le contrat de rivière Seille. Une vingtaine de personnes ont participé à cette rencontre : des agriculteurs, des représentants des associations de la pêche et de la chasse de Bletterans et Ruffey-sur-Seille, la Fédération des chasseurs du Jura, Bernard Château, président du syndicat de rivière de la Seille, Jean Raquin, conseiller général et Jacques Lançon, adjoint au maire de Lons-le-Saunier.

Haies et bandes enherbées
Les questions des représentants de la pêche et de la chasse ont porté sur l’intérêt des haies et la gestion des bandes enherbées. Des échanges essentiels pour chasser quelques idées reçues et expliquer qu’une haie a un coût d’implantation et d’entretien non négligeable, que les couverts enherbés sont un manque à gagner pour les exploitations de cultures, que les haies ont certes un rôle bénéfique contre l’érosion mais que les fossés sont surtout mis à mal par les ragondins…

Jacques Lançon a rappelé le partenariat réalisé dans le cadre d’un CTE collectif concernant la protection des puits de captage de Villevieux. Jean Raquin souligne le travail étroit de suivi autour du contrat de rivière Seille avec le Syndicat de rivière, les pêcheurs, les agriculteurs, les propriétaires et les communes. Le contrat arrive en fin de course et le GVA regrette qu’aucun financement ne soit dégagé en 2008 pour le volet agricole. « Nous travaillons sur un prochain contrat » déclare Jean Raquin. Un point a également été fait sur l’avenir de la filière viande bovine - 90% des débouchés de l’exploitation sont sur l’Italie - et sur les techniques culturales avec l’exemple d’une parcelle de blé. Toujours ce même souci pédagogique de mieux faire comprendre l’activité agricole dans le bassin de la Seille.

Le GVA du val de Seille proposera une autre journée de communication grand public, au mois d’août, cette fois à destination des enfants. Rendez-vous est pris chez Rachel Voisard, en Bresse.


L’exploitation en bref
1995 : installation avec 40 vaches allaitantes, 73 ha
1997 : bâtiment de stockage
2000 : transformation du bâtiment en stabulation 55 places. Construction d’un silo pour le maïs ensilage
2001 : CTE collectif, mesures « lutte et fertilisation raisonnées », « gestion extensive des prairies »
2004 : construction d’une deuxième stabulation de 55 places
2007 : location d’une stabulation de 25 places. 130 ha, dont 100 ha de prairies permanentes sur des terrains relativement portants, 30 ha de cultures (5 ha de mélange pois, triticale, vesce, avoine récoltés en fourrage). 70 vaches allaitantes. Les veaux mâles sont vendus à 8/9 mois, 15 génisses pour le renouvellement, les autres sont vendues au printemps à 15 mois.
EBE (exercice juin 2005/mai 2007) : 45 789 euros soit 42,1% du produit brut.
Annuités LMT : 37 766 euros
En projet : construction d’un tunnel de 50 places pour un coût d’environ 50 000 euros et augmentation du troupeau à 80 vaches avec reprise d’une embouche de 15ha.
100 ha de prairies

Le système d’Emmanuel Febvre est extensif (1UGB/ha). Les prairies naturelles reçoivent en tout et pour tout 40 unités d’azote sous forme d’effluent ou d’engrais minérale. 22 ha de prairies ne reçoivent aucune fertilisation. Les haies et les arbres en bordure de rivière sont compris dans les 5 mètres obligatoires de « bandes enherbées » et permettent de diminuer l’érosion en période d’inondation. Des inondations qui surviennent en moyenne deux fois par an sur une durée de trois jours et qui recouvrent la moitié des parcelles de l’exploitation. Il a fallu surelever les bâtiments et redoubler de vigilance en périodes de vêlage qui correspondent aux crues. 

 


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