A l’occasion du Conseil de l’environnement de l’UE le 3 mars à Bruxelles, la France a présenté des pistes de réflexion sur les organismes génétiquement modifiés. Paris propose notamment de remettre à plat les procédures d’homologation des OGM dans l’UE, en prenant davantage en compte l’évolution de la méthodologie d’évaluation.
L’initiative de la France a été soutenue par l’Autriche, l’Italie, Chypre, la Roumanie, l’Espagne, la Pologne, la Hongrie, le Luxembourg et la Grèce. « Le sujet a été inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres de l’environnement prévu le 5 juin et la Commission s’est engagée d’ici là à faire des propositions », a déclaré le ministre français de l’Environnement, Jean- Louis Borloo. « Un sujet tabou est désormais ouvert », s’est-il félicité en se prévalant du soutien aussi de l’Allemagne. « Tout est remis en cause. Le sujet est en train de muter », a-t-il assuré.
« Changer l’expertise ne veut pas dire qu’on veut interdire les OGM », a-t-il précisé. « On veut passer de la commercialisation sauf si le produit représente un danger urgent pour la santé, à une analyse détaillée sur les risques », a-t-il insisté.
L’analyse des OGM produisant des molécules insecticides ou capables de résister à des herbicides comportera des avis de toxicologues, de spécialistes de la biodiversité, un examen du risque d’appauvrissement des sols, des possibilités de cohabitation avec d’autres cultures et des coûts, a-t-il indiqué. « Les OGM méritent une vraie procédure et un vrai protocole pour la mise sur le marché », a conclu M. Borloo.
Dans une note remise à ses partenaires, la France se demande si, s’agissant des OGM produisant des molécules insecticides, ou capables de résister à des herbicides, il ne serait pas opportun de prévoir un rapprochement des critères d’évaluation de ces OGM avec ceux utilisés pour l’évaluation des produits phytosanitaires. Paris s’interroge aussi sur le fait de savoir s’il ne convient pas d’initier une réflexion pour que, outre l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux, on prenne en compte d’autres facteurs légitimes tels que l’impact agronomique. La France souhaite également conduire une réflexion sur la fixation de critères pertinents pour les seuils d’étiquetage pour les semences OGM.
La France a pris l’initiative d’organiser fin octobre à Paris une conférence centrée sur les relations entre l’utilisation des biotechnologies animales et végétales et la diversité biologique, ainsi que sur l’évolution des politiques publiques liées au génie génétique.
François Fillon participerait au congrès de la FNSEA
Ce n’est pas encore officiel, mais le Premier ministre François Fillon, au top dans les sondages, pourrait intervenir en clôture du congrès de la FNSEA. Ce congrès électif se déroulera à Nantes du 1er au 3 avril après les élections municipales. François Fillon, qui a fait une longue visite remarquée au Salon de l’agriculture, devrait intervenir en clôture à ce congrès le 3 avril. Jean-Michel Lemétayer, l’actuel président brigue un nouveau mandat.
Deux thèmes seront à l’honneur : l’organisation économique des producteurs qui fait l’objet du rapport d’orientation et le bilan de santé de la Pac. Rappelons que la venue du président Nicolas Sarkozy au congrès de la FNSEA avait été un temps évoquée avant le Salon de l’agriculture.
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