Le Jura Agricole et Rural
Sécurité et conditions de travail sont liées
Document d’évaluation des risques
Jura agricole et rural
Publié le:  14 mars 2008
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Jean-Pierre Chanel lors d’un chantier d’épandage

La prévention des risques fait partie des préoccupations des pouvoirs publics. C’est un fait avéré. Mais la sécurité dans les exploitations n’est pas qu’une affaire réglementaire. Elle doit s’intégrer aux projets de l’exploitation en lien avec l’amélioration des conditions de travail.

Le Gaec de la Vallière situé à Valfin-sur-Valouse, a deux associés : Pascal Ravier et Richard Triboulet. Le Gaec emploie aussi, quelques jours par mois, Jean-Pierre Chanel, le salarié du groupement d’employeurs de la Petite Montagne dont l’exploitation est adhérente depuis de nombreuses années. Les exploitants essaient d’intégrer la sécurité dans la gestion de l’entreprise.

« Suite à un contrôle il y a un an, l’inspecteur du travail m’a rappelé qu’il était obligatoire dans toute entreprise d’avoir un document d’évaluation des risques complété. J’avais déjà la pochette sécurité de la MSA mais cela me paraissait assez lourd de remplir le document obligatoire, se souvient Pascal Ravier. J’ai donc fait appel à l’animateur de la Fédération des groupements d’employeurs qui m’a aidé à faire un inventaire des risques sur mon exploitation. Nous avons d’abord fait le tour des bâtiments et du matériel puis j’ai rempli le fameux document avec son aide. En deux heures, c’était fait ! Finalement, ce n’était pas si compliqué. Avoir un regard extérieur m’a permis de ne pas passer à côté de certaines situations à risques qui au fil du temps, pourraient paraître normales. Cela fait réfléchir sur sa pratique. »

Grâce à la rédaction de ce document, les associés ont commencé à renforcer la sécurité en construisant un local phyto aux normes, en remplaçant les protections défectueuses des cardans, en faisant vérifier par un organisme agréé leurs installations électriques.
« Il reste encore des choses à faire mais c’est souvent par manque de temps ou d’argent, affirme Pascal Ravier. Dans notre ancien bâtiment, il y a encore pas mal de choses à revoir au niveau de l’électricité. Je n’ai pas encore fait faire de devis mais c’est possible que le coût avoisine 5 000 à 8 000 euros. C’est donc un investissement à intégrer dans la gestion de l’exploitation. Ce constat me prouve qu’il est préférable de prendre un professionnel dès la construction d’un bâtiment. Il y a un coût au départ, c’est certain mais l’installation est saine pour longtemps. C’est ce que nous avons fait lorsque nous avons construit notre nouveau bâtiment en 1997 et aujourd’hui, nous nous rendons compte que c’est très pratique d’avoir des protections individuelles sur toute l’installation pour trouver les pannes. D’ailleurs, notre salarié va bientôt suivre une formation pour les détecter. »

« Lors de la construction de ce bâtiment, nous souhaitions avoir un outil de travail pratique et confortable pour qu’un seul associé puisse faire le travail d’astreinte sans problème, poursuit-il. Aujourd’hui, je me rends compte que sans en avoir conscience, nous avons naturellement diminué les risques en voulant améliorer les conditions de travail. Par exemple, nous avons mis les veaux près de la salle de traite pour ne pas avoir à porter longtemps des bidons de lait. Ainsi, nous limitons les risques de glisser, de nous coincer le dos et surtout, nous gagnons du temps. »
Dans le contexte concurrentiel actuel, la sécurité au travail a une incidence sur l’attractivité d’un emploi. « La sécurité s’améliore et les exploitants font des efforts pour remplacer les protections de cardans, souligne Jean-Pierre Chanel, salarié depuis une dizaine d’années au GE de la Petite Montagne. Mais je sais que malgré toute leur bonne volonté, il y aura toujours des risques. Par exemple, l’an dernier, j’ai reçu à l’aine un coup de pied d’une salers. Ce risque sera toujours présent dans un élevage. »

« Les accidents, ça n’arrive pas qu’aux autres, ajoute son employeur. L’autre jour, en chargeant des bottes empilées, l’une d’entre elles est tombée sur le toit de la cabine. Heureusement que j’en avais une, ce qui n’est pas le cas chez tout le monde. Actuellement mon fils est salarié agricole et chaque exploitant qui emploie un salarié doit se dire que cela pourrait être son propre fils avant de lui faire prendre des risques », conclut Pascal Ravier.


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