Les fumiers, lisiers et autres composts produits sur les exploitations de polyculture et élevage, sont les premières matières fertilisantes utilisées sur ces exploitations. Ils sont sources des éléments majeurs, mais également riches d’autres éléments comme le soufre ou les oligo- éléments.
La connaissance des valeurs fertilisantes des engrais de ferme est une des bases à avoir pour le raisonnement de la fertilisation et la gestion de l’environnement. Couplée à une bonne appréciation des quantités épandues, elle permet d’optimiser leur utilisation.
La nature des engrais de ferme est très diverse. Au sein des fumiers, on dénombre des dizaines de types dépendant de l’animal, de l’organisation du bâtiment d’élevage, du degré de paillage… Pour les composts, cela se complique encore. Des valeurs de référence existent, décrivant tel ou tel type, mais l’analyse de multiples échantillons a montré que, pour un type défini, la valeur du produit mesuré était bien différente de la valeur de référence, et que la plage de variation des valeurs était fort grande.
D’autres paramètres (niveau de production des animaux, ration alimentaire, complémentation) ont une incidence sur la valeur.
Pour les lisiers en particulier, les dilutions par les eaux de lavage, les eaux de pluie si la fosse n’est pas couverte, font que le produit épandu présente des valeurs fertilisantes beaucoup plus faibles que celles du type correspondant, référencé.
Il est donc dans de nombreux cas recommandé de faire analyser son produit, plutôt que d’employer des valeurs qui ne le représentent pas, pour raisonner sa fertilisation de façon quantitative.
Effectuer un bon prélèvement au bon moment
La caractérisation du prélèvement doit être celle du produit utilisé comme fertilisant, le plus proche de la composition au moment de l’épandage. L’idéal est naturellement de prélever le jour de l’épandage, à la sortie de l’épandeur à fumier ou de la tonne à lisier. Cela peut d’ailleurs se faire, par l’agriculteur lui-même, en disposant des bouts de bâche sur la parcelle, ou quelques seaux.
Quand le prélèvement se fait sur le tas de fumier ou dans la fosse à lisier, les produits ne sont pas homogènes. Pour le fumier, c’est en réalisant plusieurs prélèvements de base (10-15) dans le tas puis en les mélangeant, que l’on tire un échantillon représentatif. Plus le fumier est pailleux et hétérogène, davantage il faut réaliser de points de prélèvements.
Pour le lisier, c’est en brassant la fosse avant le prélèvement que l’on a l’assurance de prélever un échantillon représentatif.
Pour un compost, on applique les recommandations des fumiers. En outre, c’est en fin de processus que doit se faire l’analyse : trois à quatre semaines après le dernier retournement. Le produit est alors considéré stable. La caractérisation fondamentale reste celle de la valeur fertilisante.
Par ailleurs, nous savons de façon plus qualitative, que les engrais de ferme induisent de multiples effets bénéfiques pour les sols agricoles : amélioration des propriétés physiques, des capacités de rétention en eau et d’échange, stimulation de l’activité biologique, tout cela au bénéfice de la physiologie des plantes.
Le conditionnement et l’acheminement
Les analyses nécessitent des échantillons de 500 gr environ pour les fumiers, composts (sachets plastiques), et trois quarts de litre pour les lisiers (flacons plastiques obligatoires !).
La tenue au froid est demandée pour les fumiers et lisiers.
Analyse des engrais de ferme : composition
La connaissance de base comprend les valeurs N-P-K (azote-phosphore-potasse), souvent complétée de Ca (calcium) et Mg (magnésium).
Ces valeurs permettent de faire tout calcul de fertilisation (par exemple celui utilisé par l’outil de plan de fumure).
Ces éléments chimiques mesurés sont traduits en P2O5, K2O ; CaO, MgO ce qui délivre la formule fertilisante en unité/tonne du produit qui se manipule comme la formule N-P-K-(Ca-Mg) d’un engrais minéral (en unité /100Kg).
P, K, Ca et Mg sont très rapidement disponibles. Leurs valeurs correspondantes dans la formule sont à intégrer telles quelles dans un calcul de bilan de fertilisation. N en revanche, est l’azote total du produit, essentiellement sous forme organique.
Sa disponibilité par la plante va demander sa minéralisation dans le sol. Il faut donc bien avoir à l’esprit que la valeur affichée de N en unité/tonne ne se lit pas comme celle d’un engrais minéral azoté. Il faut compter sur un ordre de grandeur de 1/3 de la valeur l’année qui suit l’épandage, 1/3 l’année suivante.
Des mesures complémentaires
Pour aller plus loin dans la connaissance des engrais de ferme, peuvent être réalisées les analyses pH : indiquant le caractère acido-basique du produit, et selon la valeur, son action éventuelle sur le pH du sol.
L’azote ammoniacal qui est la mesure de la partie azotée minérale prédominante. Elle est néanmoins très inférieure à la partie organique comme nous l’avons dit.
Le rapport C/N donnant une première illustration du niveau de minéralisation du produit : pour un type de produit donné, susceptible d’évoluer dans le temps (compostage d’un fumier), la valeur du C/N va diminuer.
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