Le Contrôle laitier du Jura, en partenariat avec le CERJ a organisé une formation « calculer les coûts de ses rations », à Mont-sous-Vaudrey les 31 janvier et 5 février.
Les pratiques alimentaires évoluent. Le contexte de la production laitière fluctue. Les éleveurs souhaitent adapter leurs rations en fonction des objectifs de production, tout en en prenant en compte la composante économique.
C’est pourquoi le CERJ et le Contrôle laitier, en collaboration avec l’ADFPA, ont mis en place une formation qui permette aux éleveurs de connaître le plus finement possible le coût des rations de l’atelier lait et de mesurer l’impact économique et zootechnique d’éventuelles modifications.
La méthode utilisée
• Acquisition d’une méthodologie de calcul du coût de production (tableau ci-dessous) :
La première journée a permis aux stagiaires d’identifier les postes de charges et de recenser les éléments à collecter.
- Pour les fourrages produits sur l’exploitation : coût du kg, charges opérationnelles sur les surfaces fourragères et charges de récolte et de stockage.
- Pour les concentrés achetés : prix d’achat.
- Pour les céréales prélevées : barème fourni.
- Les quantités distribuées : plan de rationnement + pesée à la distribution.
• Calcul du coût alimentaire par chaque stagiaire - Se comparer au groupe :
Au retour sur leur exploitation, les stagiaires ont mis en œuvre la méthode, calculé les différents postes de dépense, puis les données ont été saisies sur un outil informatique spécifique.
Les résultats de chaque participant ont pu alors être commentés et interprétés. Une comparaison avec des rations « types » a également servi de base de discussion.
• Mise à disposition d’un outil informatique de calcul du coût des rations :
Le travail démarré pourra être prolongé, en actualisant chaque mois les aliments et les quantités distribués. L’objectif sera d’avoir une vision sur l’année, et de pouvoir comparer aux données comptables.
Les résultats du groupe
Les résultats sont très variables, et tiennent compte de stratégies bien différentes :
- recherche de l’optimum économique
- mauvaise année fourragère
- obligations réglementaires (produire son quota…) des marges de progrès existent… tant sur le coût de chaque poste, que le « calage » des rations !
L’utilisation du coût alimentaire en situation de conseil
Au-delà du calcul d’un coût alimentaire, son utilisation doit permettre à l’éleveur de réaliser des choix qui le conduiront à optimiser la rentabilité de l’atelier lait. Les niveaux d’utilisation d’un coût alimentaire sont multiples.
On peut par exemple comparer deux options différentes en matière de rationnement sur une même exploitation. Le coût alimentaire, combiné à l’analyse technique des rations proposées apporte à l’exploitant un panel de critères relativement complet pour qu’il puisse raisonner son choix stratégique.
Le calcul du coût alimentaire réalisé sur un nombre assez important d’exploitations, permet de réaliser des moyennes de groupe qui donnent une base de référence à laquelle l’éleveur peut se comparer.
Si l’on revient à l’échelle de l’exploitation et que l’on utilise le coût alimentaire non plus de façon ponctuelle mais dans la continuité au rythme d’un calcul à chaque passage du contrôleur laitier par exemple. Il sera alors possible de connaître avec précision l’évolution du coût au cours de l’année. On dégagera alors des périodes d’opportunité de production.
On l’a constaté lors de la formation de Mont-sous-Vaudrey, le coût alimentaire est un critère accessible par les éleveurs qui lors de son analyse sont amenés à se poser beaucoup de questions sur leurs choix stratégiques. N’est-ce pas là la première vocation du conseiller que d’amener un éleveur à se poser des questions sur ses choix plutôt que de lui apporter des recettes toutes faites ?
- La Safer et le droit de préemption
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- La paille a-t-elle un prix ?
- La Vache qui rit se met en scène
- Un combiné bois de chauffage à l'essai
- Personnaliser le collectif
- Une récolte 2008 abondante
- Un dimanche à la ferme
- Plantations : Les distances à respe...
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




