Les risques posés dans les régions de montagne par la suppression des quotas laitiers, sont bien énoncés dans la communication de la Commission au Conseil et au parlement européen du 20 novembre 2007. Les organisations professionnelles agricoles précisent toutefois que ces risques ne concernent pas les seules zones de montagne, mais plus généralement toutes les régions de faible densité laitière.
Dans la perspective d’une sortie progressive des quotas laitiers, le groupe national de montagne considère qu’il est nécessaire de :
- créer des dispositifs de gestion des marchés et des risques liés à la volatilité des cours ;
- mettre en place des instruments qui permettent une meilleure organisation des professionnels ;
- encourager la politique contractuelle amont – aval, notamment grâce à un cadre sécurisé d’accords interprofessionnels ;
- compenser les déficits de compétitivité en zones fragiles.
Le groupe national montagne considère qu’une meilleure valorisation du lait de montagne doit être recherchée. Le groupe de travail fait part de son intérêt pour que soit mis en place des règles de régulation par bassin de secteur laitier sur des AOC et des groupes de produits pour éviter les délocalisations. L’élaboration de contrats collectifs pour une meilleure organisation entre les producteurs et les industriels, semble intéressant, mais une contractualisation simple reste fragile et ne permettrait pas de pérenniser l’outil au territoire.
Le groupe national montagne fait part de sa crainte de voir mis à mal les AOC de montagne face à la politique commerciale « de marques » menée par les grands groupes agro-alimentaires. La profession agricole déplore que le lait collecté en zone de montagne, soit valorisé dans d’autres régions. Les pistes de réflexion pourraient être les suivantes :
- Conserver des outils de régulation du marché et avoir une maîtrise de la production par bassin, en laissant à la filière la possibilité de s’organiser. Il convient de préciser cependant que la tendance de la commission UE est de réduire le rôle des interprofessions, tandis que l’idée de l’organisation d’une interprofession fait son chemin au niveau des ministres des Etats-membres.
- Elargir et adapter le droit européen pour renforcer le rôle des interprofessions dans la régulation économique de la production laitière.
- Aider à la collecte en zone de montagne en soutenant les entrepreneurs qui viennent collecter dans ces zones fragiles, par une aide directe ou par un allégement de charges, afin d’être compétitif par rapport aux entrepreneurs des autres régions. Mais l’aide à la collecte sera difficile à défendre à Bruxelles.
- Formaliser l’organisation de la filière, à travers un contrat, un territoire et une compensation d’aide publique.
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