Le Jura Agricole et Rural
Témoignage : «Anticiper»
Agriculteurs en difficulté
Jura agricole et rural
Publié le:  19 mars 2008
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Bernard Mivelle préfère se concentrer sur la production laitière et diminuer l'achat d'intrants

Comment tirer partie des ressources de sa ferme et très concrètement limiter le coût des intrants ?

Chaque exploitation est unique mais Bernard Mivelle, 54 ans, trois enfants, agriculteur à Mignovillard a accepté de présenter son expérience lors de l’assemblée générale de Resa.  Il est installé avec 170 000 litres de lait et 54 hectares. 

« La première année de mon installation nous avions trop d’animaux par rapport aux surfaces et de gros dégâts de campagnols. Pas moyen d’acheter du foin. Nous avons vendu des vaches et nous nous sommes aperçus que les animaux étaient mieux nourris et faisaient plus de lait ». « Anticipation » et « maîtrise » : deux qualités qui résument bien la personnalité de l’agriculteur.

Bernard n’hésite pas à s’entourer de conseils : il fait réaliser une carte des sols de l’exploitation qui montre que les effluents d’élevage répondent aux besoins en fertilisation. L’éleveur couvre sa fumière et n’achète plus qu’un peu d’urée. Il profite de ses bonnes relations avec son vétérinaire pour acquérir une meilleure maîtrise sanitaire de son troupeau.

« Beaucoup de marchands d’engrais, de produits de substitution en tout genre défilent sur les fermes. L’autonomie, c’est résister à tout ça. Ce n’est pas le dernier qui a parlé qui a raison ! » Bernard Mivelle reconnaît être frileux vis-à-vis des emprunts et privilégier l’autoconstruction au fur et à mesure des possibilités financières. Il élève uniquement les génisses de renouvellement. Les céréales et la paille sont achetées à l’extérieur. « Je préfère me concentrer sur la production laitière. Si on me proposait des surfaces, je ne les prendrais pas. Je suis capable de maîtriser mon exploitation, pas d’en faire plus ». L’éleveur ne veut pas donner de leçons. Il regarde le chemin accompli et semble serein.
« J’ai un travail qui me prend mais qui ne m’accapare pas. Je me suis mesuré aux cahiers des charges comté, Agribio et à la charte Agriculture paysanne. Mes résultats économiques appuient les choix que j’ai faits ».

En 2006, l’exploitation a dégagé un EBE de 45 000 euros (30 000 euros de prélèvements, 10 000 euros d’autofinancement, 5 000 euros d’annuités d’emprunts) pour un produit de 82 000 euros malgré un prix du litre de lait payé à 32 ct. « Des chiffres rassurants », estime Pierre-Emmanuel Belot du contrôle laitier.


Bernard Benghozi, médiateur en relations humaines, est également intervenu sur la notion d’autonomie


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