En élargissant ses compétences à d’autres fromages, le Comité technique du comté s’est transformé en Centre technique des fromages comtois. Il a tenu son assemblée générale, jeudi 6 mars à Chaffois, dans le Doubs.
«Le CTC est mort ! Vive le CTFC ! » C’est ce qu’aurait pu crier l’assistance qui participait à la réunion tenue à Chaffois. Une vraie assemblée générale, mais de qui ? « Je ne sais s’il faut la considérer comme la première du CTFC ou comme une énième de notre service technique historique, mais en tout état de cause, elle marque une évolution importante », constate Rémi Hugon.
Quoi qu’il en soit, il est le président de ce centre technique qui augmente sa palette de fromages : « Nous allons élargir nos compétences déjà reconnues en comté et bleu de Gex, au morbier, au mont d’or et aux productions fermières. » Toute une gamme dont la qualité dépend directement des récoltes. « Nous avons vécu un contexte atypique. Les conditions climatiques étaient très inhabituelles : températures estivales en avril et pluie tout l’été, à l’exception de quelques week-ends… » Autant dire que les productions de lait se sont avéré très hétérogènes, nettement à la baisse provoquant de nombreuses interrogations, tant du côté des producteurs que de celui des transformateurs confrontés à une hausse vertigineuse du prix du lait spot sur l’été. « Mais globalement, nos filières ont su raison garder en privilégiant la survie des structures en place, plutôt que de se laisser attirer par les chants des sirènes ; d’ailleurs bien évanouis depuis. »
Il reste néanmoins en filigrane de ces propos la question de la juste rémunération des producteurs ; et ce, plus particulièrement dans ce contexte de hausse des prix dont bénéficient ceux qui sont en lait standard — on saura raison garder — car ils ont subi une baisse largement plus conséquente et ce n’est que justice qu’ils bénéficient d’un tel rattrapage.
Aller au-delà des bonnes intentions
Rémi Hugon s’appuiera quand même sur les bilans qualité pour espérer dépasser le cadre de la bonne volonté : « Pour continuer à tendre vers la recherche de la “vraie” qualité — qui n’est pas qu’une absence de défaut à quatre mois — il faudrait une rémunération à la hauteur des engagements délibérément choisis. Malheureusement nous restons, à ce jour, au chapitre des bonnes intentions. » Le président cite la volonté affichée de conserver le maximum d’ateliers garants de la diversité de nos filières, le maintien d’un lien étroit au terroir et le respect du savoir-faire des fabrications traditionnelles. « Malgré cela, nous n’avons toujours pas réussi à transposer ces engagements fondamentaux en encouragements plus concrets comme une rémunération supérieure de nos productions méritantes. » Pour autant, Rémi Hugon voit quelques bonnes raisons pour espérer. « L’amélioration du contexte économique devrait se consolider ces prochains mois ; permettant à tout un chacun de retrouver une juste rémunération mieux en adéquation avec la réelle qualité de son travail. »
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