Le Jura Agricole et Rural
L'État mise sur le transport fluvial
Après le Grenelle de l'environnement
Jura agricole et rural
Publié le:  27 mars 2008
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Avec 8 500 km de voies navigables, 30 000 km de voies ferrées ouvertes à la circulation commerciale, 400 000 km de routes nationales départementales et d’autoroutes, le réseau national de transports est vaste.

Avec 310 milliards de tonnes/km en 2006, le transport routier se taille la part du lion sur le marché des transports. Le rail affiche 41,2 milliards de t/km et l’activité des voies navigables est évaluée à 7,54 milliards de tonnes.
« Peu mieux faire » ont décidé les participants au Grenelle de l’environnement, qui souhaitent voir moins de poids lourds sur les routes et plus de péniches et de « toueurs » sur nos fleuves et nos canaux. Voies navigables de France, établissement public en charge de la grande majorité de la navigation fluvial a décidé de relever le pari par la voix de son président François Bordry.
Le volume transporté par voie fluviale est stable depuis plusieurs années, mais le transport fluvial est fragile. Ainsi, la clémence des conditions climatiques de l’hiver dernier a entraîné une chute des sels de déneigement (- 77,9 %) dont le fluvial est le mode quasi exclusif de transport.
Le transport fluvial est en pleine mutation. L’évolution du transport fluvial confirme, en 2007, l’accroissement des trafics sur le réseau à grand gabarit. Ils ont plus que doublé sur le bassin Rhône-Saône en dix ans et ont augmenté de 50 % sur le bassin de la Seine comme sur celui du Nord-Pas-de-Calais.

Des unités de transport plus importantes
Après le Grenelle de l’environnement, Voies navigables de France (VNF) a décidé de régénérer le réseau à grand gabarit, afin de répondre aux objectifs énoncés par le chef de l’État d’accroître d’un quart le trafic fluvial d’ici 2012.
« VNF évalue à 1,343 milliard d’euros le montant des investissements nécessaires pour poursuivre la politique de régénération et de modernisation du réseau à grand gabarit et améliorer l’offre de service aux chargeurs », souligne le président Bordry. Car il fait aussi réaliser le maillage du réseau européen et plusieurs projets sont à l’étude : Seine-Nord Europe développera un réseau de plates-formes trimodales, eau, fer, route. Le projet de liaison Saône-Moselle complétera un chaînon manquant avec la liaison à grand gabarit reliant la mer du Nord à la mer Méditerranée. « L’objectif est d’atteindre dans cinq ans les 10,5 milliards de t km. L’investissement est lourd, mais le réseau fluvial est ancien et doit être conforté », soulignent les responsables de l’établissement public. « Il faut garantir aux chargeurs la disponibilité de la ligne d’eau et des hauteurs d’eau, la disponibilité des écluses permettant le franchissement des escaliers d’eau, la pérennité globale de la voie, améliorer les capacités d’emport adaptées aux besoins de transport ».
Ceci est d’autant plus nécessaire sur le bassin Rhône-Saône dont les besoins portent sur la fiabilisation et la disponibilité d’écluses de gabarit suffisant et la régénération de certains secteurs fragiles tels que le canal du Rhône à Sète, deuxième débouché maritime du bassin rhodanien.

Le budget actuel envisagé pour 2008-2012 est de 16,5 M?, 4 M? de l’Etat et 12,5 M? de VNF. Le plan d’aide comprend des mesures environnementales, des mesures destinées à moderniser la flotte et accroître la sécurité, des mesures destinées à encourager l’émergence de nouvelles lignes de transport et des mesures destinées à promouvoir la profession et à la renouveler.
VNF fait des propositions d’accompagnement du plan, propositions de nature fiscale ou réglementaire pour renforcer la compétitivité du secteur et le préparer à la compétition européenne.
La modernisation ne doit pas se faire au détriment du milieu naturel et il faut renouveler les moteurs en utilisant les meilleures technologies disponibles et mettre en œuvre des dispositifs embarqués et à terre permettant la récupération des huiles et déchets, le traitement des eaux grises, sans oublier de favoriser l’innovation et la recherche.
Le réseau fluvial a de l’avenir et l’on redécouvre aujourd’hui ses vertus.


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