Le Jura Agricole et Rural
Un accord de principe et un lancement rapide
Fonds d'investissement
Jura agricole et rural
Publié le:  04 avril 2008
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« Le Crédit Agricole partage votre intérêt à garder des entreprises régionales. Nous sommes prêts à abonder le fonds que vous mobiliserez à hauteur de 10% », déclare Bertrand Corbeau, directeur général CRCA

La FDCL du jura a officiellement introduit le débat sur la recapitalisation des outils de la filière laitière lors de son assemblée générale.

La réflexion a d’abord été menée avec la FRCL du massif Alpes-Jura et le Crédit agricole, puis avec les producteurs lors d’une réunion en février. L’idée est de créer un fonds d’investissement capable d’intervenir rapidement pour le rachat de parts dans des entreprises régionales laitières afin d’éviter leur démantèlement en cas de transmissions ou de difficultés financières. Et éviter également que les centres de décisions ne quittent la Franche-Comté au risque de se voir imposer des orientations dangereuses pour les AOC, confère l’épisode du camembert au lait cru.
 
Une fois le diagnostic posé et partagé par l’ensemble des producteurs et des coopératives, reste à savoir quels pare-feux mettre en place et si les coopératives sont capables de convaincre leurs producteurs d’investir dans un fonds dont on ne connaît pas encore la destination. « Nous ne voulons pas entrer dans un rapport de force avec les entreprises présentes sur le terrain mais faire front avec celles qui le veulent pour s’opposer aux menaces qui pèsent sur nos AOC, un patrimoine qui a fait ses preuves en terme de création et de répartition des richesses », expose Alain Mathieu, président de la FDCL.
 
5 euros par 1 000 litres
Ce fonds d’investissement  pourrait être abondé à hauteur de 5 euros par 1 000 litres sur trois ans pour arriver à une somme d’environ 5 à 6 millions d’euros. Soit environ 1 000 euros par an pour un producteur de 200 000 litres de lait, un niveau d'effort comparable à la CV. Un fond auquel le Crédit Agricole apporterait sa contribution à hauteur de 10%. La FDSEA et ses producteurs ont pris position en faveur de ce fonds d'investissement. «Nous pensons qu’il y a là une opportunité de nous organiser qui n’est pas prête de se retrouver », précise Dominique Chauvin. Du côté de la Confédération paysanne, on partage le constat de la FDCL :  « Si ce projet nous permet de continuer à être maître dans nos AOC, nous disons oui, mais nous devons aussi réfléchir à la maîtrise de la production laitière à la base », déclare Guy Mottet.
 
« L’idée est bonne, renchérit Bernard Roch, président de la coopérative de Grange-de-Vaivre. Mais le financement doit rester au niveau des coops pour que nous puissions convaincre nos producteurs. » « Pourquoi pas, répond le président de la FDCL. L’important est d’être rapide et de ne pas regarder le train passer. Nous ne demandons pas un engagement les yeux fermés mais de partager un diagnostic, recencer nos forces et choisir les hommes qui auront à gérer ce projet. L’idée est de démarrer tout de suite pour que dans trois ans, cette somme puisse peser 20% de participation dans des entreprises d’affinage. » L’appel est lancé.

L'exemple du sucre 
La fermeture de la sucrerie d’Aiserey a marqué les esprits et les coopératives laitières ont choisi de s’inspirer d’une expérience cette fois réussie de la filière betterave : le rachat d’une société sucrière par les producteurs.
En juin 2001, 10 000 planteurs de betteraves rachetaient la société Beghin Say dont la société italienne Edison, propriétaire à 54%, voulait se défaire. Chaque producteur a investi l’équivalent d’une année de récolte (40 euros par tonne). Ce jour-là, 60% de l’activité sucrière française passait entre les mains des planteurs qui  détenaient déjà 27% du marché. « Une démarche qui s’est faite par l’intermédiaire des coopératives et avec l’appui du syndicat betteravier, la CGB, qui ne voulaient pas laisser le leader français du sucre entre les mains de financiers», précise Gilbert Paulin, directeur de l’Union des planteurs de betteraves à sucre.


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