Le Jura Agricole et Rural
Défendre l'agriculture française
Michel Barnier - Congrès FNPL
Jura agricole et rural
Publié le:  04 avril 2008
Page 15 

Michel Barnier

Le ministre de l’Agriculture a bien fait comprendre qu’il ne souhaitait pas se contenter de signer un message de soutien aux producteurs laitiers sur le site Internet (référence à l’opération de communication). En clôture du congrès de la FNPL, il a ainsi montré sa détermination pour défendre l’agriculture française.

Pour le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, deux points essentiels doivent être pris en compte dans les décisions : l’approvisionnement alimentaire doit être sécurisé et une activité d’élevage rémunératrice doit être maintenue.
« Tout d’abord, on doit défendre une nouvelle préférence communautaire. On n’a pas à s’excuser de préférer l’Europe. Je vais déposer un mémorandum sur les contrôles sanitaires » de manière à ce que les produits entrant dans l’Union européenne subissent des contrôles pour vérifier qu’ils respectent bien les mêmes normes que les produits européens. Le ministre de l’Agriculture plaide pour une plus grande responsabilisation des filières. Ceci va dans le sens du mémorandum qu’il a déposé à Bruxelles en janvier pour obtenir une sécurité juridique et les moyens dont ont besoin les interprofessions pour gérer les quotas. Une dizaine de pays se sont déjà manifestés pour aller dans le même sens. « Sachez que je ne ferai rien qui puisse fragiliser les interprofessions. » Le deuxième défi est de maintenir une activité d’élevage rémunératrice. « On doit se préparer à la suppression des quotas sans déstabiliser la production française et tout en respectant la diversité. Le bilan de santé offre une opportunité. » La ligne de conduite du ministre de l’Agriculture est la suivante : consolider toutes les régions françaises, accroître la compétitivité, avoir une plus grande mobilité des quotas tout en gardant le lien entre la production et le territoire.
 
Augmentation des quotas
Une première étape en vue de la suppression des quotas a été franchie la semaine dernière en conseil des ministres, avec une augmentation des quotas de 2 % chaque année. Michel Barnier s’est expliqué sur son abstention lors du vote. « J’avais le choix entre deux attitudes, sachant que la minorité de blocage n’était pas atteinte : voter contre cette augmentation ou m’abstenir pour pouvoir ensuite négocier avec la Commission européenne. » Il poursuit : « je veux profiter de ces quotas supplémentaires pour initier des démarches de redistribution au sein des régions, pour rééquilibrer pour les jeunes agriculteurs et pour les zones en sous réalisation. »
 
FCO
Concernant la fièvre catarrhale ovine, Michel Barnier a pu expliquer que son action était concentrée sur la mise en place du plan de vaccination ainsi que sur la position politique des Italiens. « La France a demandé que les Italiens lèvent leurs mesures et qu’ils reviennent dans le cadre des règles communautaires. J’ai décidé d’engager une procédure de recours auprès de l’Union européenne pour manquement à la réglementation. J’espère que nous arriverons à trouver une solution conforme au droit communautaire. » Concernant la vaccination, le ministre a expliqué qu’il doit inscrire son action dans un cadre législatif, mais n’a pas donné plus d’informations qu’au congrès de la FNB, il y a quelques semaines, sur qui pourrait effectuer l’acte de vaccination : « elle doit se faire dans le cadre des relations habituelles entre les éleveurs et les vétérinaires. Sachez que je veux éviter les abus. » Et de conclure, en faisant allusion aux propos d’Henri Brichart : « je peux les faire miens et je vais les garder en tête pour continuer à travailler. »                                                             n


Newsletter GRATUITE
Sondage

Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?

  • Oui
  • Non
  • Ne sais pas

  • (C) Le Jura agricole et rural
    Partagez vos idées, écrivez-nous
    Webmaster