Le Jura Agricole et Rural
La coopération est une idée moderne
Congrès de la FNSEA à Nantes
Jura agricole et rural
Publié le:  10 avril 2008
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Xavier Beulin a présenté le rapport d'orientation lors du congrès

Le rapport d’orientation de la FNSEA portait sur l’organisation économique des producteurs. La profession veut avant tout peser plus lourd face à l’aval des filières, qu’il s’agisse de l’industrie agroalimentaire ou de la grande distribution.

Nicolas Sarkozy aura introduit à sa façon le débat en pointant les insuffisances de l’organisation économique des agriculteurs : « L’Etat peut vous aider si vous êtes unis. Organisez-vous, il faut une structuration des filières, l’enfer ce n’est pas que les autres ! »
En clair, il a exhorté les agriculteurs à balayer aussi devant leur porte, sans faire porter aux seuls distributeurs la responsabilité des difficultés de commercialisation de leurs produits. Les délégués de la FNSEA ont répondu à l’interpellation élyséenne en adoptant le rapport d’orientation consacré à l’organisation économique des producteurs. La teneur du rapport est limpide : inverser les rapports de force pour plus d’équité dans les filières agroalimentaires et agroindustrielles face aux partenaires de l’aval et aux distributeurs en particulier. Le but : « garder le contrôle des matières premières et la valeur ajoutée qui va avec. » Il s’agit aussi de conquérir des marchés de plus en plus concurrentiels et de pouvoir répondre aux crises. Car le contexte économique et politique est fait de dérégulation des marchés, de désengagement des politiques publiques et de pression environnementale.
Transfert de propriété
Le débat a porté sur le point de l’efficacité commerciale entre les organisations de producteurs à vocation commerciale et celles qui n’ont pas de vocation commerciale. Ces dernières n’intégrent pas le transfert de propriété du produit de l’agriculteur comme c’est le cas des premières, souvent organisées en coopératives. Discussion animée autour d’un amendement de la Fédération nationale bovine (FNB) qui souhaite la reconnaissance des associations d’éleveurs qui ne reposent pas sur le transfert de propriété des produits. En somme, une version inachevée de la coopération qui fait perdre du pouvoir économique à la filière. La version finale du texte adopté reconnaît l’existence des organisations non commerciales, mais affirme que « la démarche de progrès » se situe dans les organisations commerciales afin d’aboutir à « une structuration de l’offre plus efficiente ». Les associations d’éleveurs ont vocation à devenir des coopératives…
Interprofessions
Autre question abondamment évoquée, le fonctionnement des interprofessions. Le Gouvernement presse les filières de mieux s’organiser. Michel Barnier a même adressé un mémorandum en ce sens à Bruxelles dans le cadre du bilan de santé de la Pac. Chez les producteurs, on est d’accord pour dire qu’il ne faut pas démultiplier les familles au sein d’une interprofession dont le nombre est de treize en production bovine. Autant dire l’impossibilité de faire fonctionner efficacement un pareil « machin ». Quant à la représentativité des acteurs des filières, Régis Chevalier de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a rappelé la nécessité de voir une famille parler d’une même voix, impliquant que « les organisations minoritaires n’ont pas leur place » dans un dispositif économique qui perdrait de son efficacité s’il était divisé.
L’éthique du mutualisme
Philippe Mangin, président de Coop de France a plaidé pour une organisation économique des producteurs plus efficace. Il s’est félicité du rapprochement du syndicalisme et de la coopération agricole invitant chacun, dans son département et dans sa région, à reprendre cet échange fructueux pour renforcer le pouvoir économique des agriculteurs. Face aux dérives financières que connaît le capitalisme mondialisé, Philippe Mangin oppose « la responsabilité, la transparence, la proximité et l’éthique du mutualisme. Nos coopératives sont de puissantes entreprises. Nous les avons reçues de nos parents et elles appartiennent à nos enfants », indique le président des coopératives de France. Et si le mutualisme, comme se plait à le rappeler Gérard Budin, le président de la Sodiaal, était « une idée moderne » qui redevient à la mode…


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