Le Jura Agricole et Rural
Les coopératives sont déçues
Plan de modernisation viticole
Jura agricole et rural
Publié le:  10 avril 2008
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Denis Verdier se montre extrêmement déçu des propositions des groupes de travail sur le plan de modernisation de la viticulture. Il reproche au négoce d’avoir inspiré des propositions trop libérales notamment en matière de vins sans indication géographique.

Nous sommes dans un schéma qui manque d’ambition » a déclaré Denis Verdier, le président de la Confédération française des coopératives vinicoles de France, quelques jours après la remise des rapports des groupes de travail sur le plan à cinq ans de la viticulture française, au ministre de l’Agriculture. « Ces propositions ne vont pas dans le sens  de la lettre de mission du Président de la République à Michel Barnier en matière de recherche de la valeur ajoutée dans la filière. Ce serait plutôt le paradis des bas prix », si elles étaient suivies, a-t-il ajouté en commentant les conclusions du groupe « compétitivité ». Il les
trouve d’ailleurs « ahurissantes » en ce qui concerne les vins sans appellation géographique et trop inspirées par le négoce.
Le groupe de travail préconise, en effet, « la levée des verrous réglementaires concernant, en particulier, les rendements, la liste des cépages autorisés, les pratiques culturales et œnologiques ». 
Les coopératives ne veulent pas de cette libéralisation  à outrance du marché du vin. Certes « il faut une certaine souplesse à cause de la concurrence internationale » reconnaît le président. « Mais nous avons le sentiment qu’une partie du négoce (ndlr qui a inspiré ces propositions) se croit dans le Far Ouest ». Si ces recommandations étaient suivies, les vins sans indication géographique deviendraient une catégorie attrape-tout, y compris le déversoir des excédents des vins AOC, estime-t-il.  Avant de conclure « la politique des petits prix, la concurrence à outrance, c’est la pauvreté pour tous ».
 
Une interprofession unique par bassin
En matière de gouvernance de la filière, les coopératives sont favorables par principe au renforcement des interprofessions. Mais elles souhaitent au préalable « améliorer l’existant avant de leur donner des pouvoirs supplémentaires ».
Denis Verdier plaide d’ailleurs pour « une évaluation des politiques interprofessionnelles », comme le préconise d’ailleurs la Cour des comptes dans son dernier rapport.
Et de dénoncer la multiplication des interprofessions au niveau local avant de se prononcer pour la création d’une interprofession unique par bassin.
Celles-ci seraient coiffées par une interprofession nationale rénovée, avec pour mission de gérer une partie des cotisations volontaires obligatoires collectées en région pour des actions d’intérêt général.  Elle serait aussi chargée de « coordonner les interprofessions régionales », de renforcer la dimension nationale « pour éviter les doublons locaux », notamment en matière de recherche et de développement.
 
Les coopératives ne désespèrent pas de faire bouger les lignes. Elles devraient présenter prochainement de nouvelles propositions au ministre de l’Agriculture, en espérant qu’elles seront retenues lors des arbitrages finaux qui devraient intervenir fin avril.


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