Sous le signe de l'environnement
Chambre régionale d'agriculture
Jura agricole et rural
Publié le: 23 avril 2008
Page 5
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Gilles Sene, président de l’association Franche-Comté Nature Environnement |
La chambre régionale d'agriculture a placé sa dernière session sous le signe de l'environnement, invitant à la tribune le président de Franche-Comté Nature Environnement.
La session de printemps de la chambre régionale d’agriculture s'est tenue le lundi 21 avril à Salins-les-Bains. Jacques Girod, maire-adjoint de la ville mais également ancien président de la chambre d'agriculture du Jura avait le plaisir d'accueillir les représentants des départements de Franche-Comté et d’offrir par tirage au sort quatre demi-journées de soin thermal. Ce moment de convivialité passé, le ton change, devient plus grave.
Michel Renevier, président de la chambre régionale, évoque l’actualité mondiale. «Aujourd'hui, tout s’accélère. Les émeutes de la faim font la Une des journaux [...] Depuis vingt ans les organisations internationales se désintéressaient de l'agriculture et aujourd’hui c’est une priorité». La réponse ne viendra pas seulement d’une augmentation de la production, car ce n’est pas tant le manque de produits que leur acheminement, les dérèglements climatiques et la spéculation financière sur les matières premières qui posent problème. «Aucune politique publique ne devrait plus désormais prendre la responsabilité d’induire une baisse de la production alimentaire», estime le président Renevier. Dans un tel contexte, quelle contribution peut apporter notre agriculture régionale ? « Je ne crois pas que la Franche-Comté puisse doubler sa production d’ici 50 ans mais nous pouvons apporter l’expérience d’une agriculture à la fois productive et qualitative. Nous n’avons pas d’émeute de la faim mais la question du pouvoir d’achat des consommateurs se pose réellement. Notre objectif peut être de permettre au plus grand nombre d’accéder à des produits régionaux de qualité». Ce sera l’un des thèmes évoqués lors de la conférence régionale agricole prévue à la fin de l’année avec le conseil régional. Y seront abordées en particulier les questions de la distribution, des circuits courts, de l’agriculture biologique et de la restauration collective.
Échanges courtois
Après un rapide tour d’horizon des dossiers traités à l’échelon de chaque département (bilan de santé de la Pac, vaccination FCO...), Michel Renevier insiste sur des actions régionales menées en partenariat avec d’autres organismes : l’organisation de l’élevage et le rendez-vous manqué des contrôles laitiers Doubs-Jura –« espérons que ce rapprochement n’est que partie remise»–, la base sol « Mes p@rcelles», la base de qualification d’élevage Gesqualex, la convention Agrifaune, les Groupements d’intérêt scientifique «Alpes-Jura» (espaces pastoraux) et «sols» (carte régionale de la qualité des sols y compris forestiers), les avertissements agricoles, un appui aux organisations de l’aquaculture et de la pisciculture...
Travailler avec divers organismes et dépasser le strict cadre des chambres d’agriculture est un nouvel exercice auquel se prêtent volontiers les membres de la chambre régionale. Au point d’inviter un représentant d’un mouvement écologiste, certes pas le plus virulent, à s’exprimer en session. Un exercice périlleux auquel s’est prêté Gilles Sene, président de l’association Franche-Comté Nature Environnement. Ce professeur en sciences de la vie et de la terre a bien pris garde de ne pas stigmatiser la profession agricole parlant de «responsabilité collective». Le constat du réchauffement climatique et de l’augmentation des émissions de CO2 n’appelle aucun commentaire.
Après un rapide tour d’horizon des dossiers traités à l’échelon de chaque département (bilan de santé de la Pac, vaccination FCO...), Michel Renevier insiste sur des actions régionales menées en partenariat avec d’autres organismes : l’organisation de l’élevage et le rendez-vous manqué des contrôles laitiers Doubs-Jura –« espérons que ce rapprochement n’est que partie remise»–, la base sol « Mes p@rcelles», la base de qualification d’élevage Gesqualex, la convention Agrifaune, les Groupements d’intérêt scientifique «Alpes-Jura» (espaces pastoraux) et «sols» (carte régionale de la qualité des sols y compris forestiers), les avertissements agricoles, un appui aux organisations de l’aquaculture et de la pisciculture...
Travailler avec divers organismes et dépasser le strict cadre des chambres d’agriculture est un nouvel exercice auquel se prêtent volontiers les membres de la chambre régionale. Au point d’inviter un représentant d’un mouvement écologiste, certes pas le plus virulent, à s’exprimer en session. Un exercice périlleux auquel s’est prêté Gilles Sene, président de l’association Franche-Comté Nature Environnement. Ce professeur en sciences de la vie et de la terre a bien pris garde de ne pas stigmatiser la profession agricole parlant de «responsabilité collective». Le constat du réchauffement climatique et de l’augmentation des émissions de CO2 n’appelle aucun commentaire.
Mais lorsque le représentant de France Nature Environnement présente ses attentes vis-à-vis de l’agriculture, la réaction des responsables agricoles ne se fait pas attendre. Échanges courtois. Les agriculteurs demandent notamment une meilleure prise en compte des efforts déjà réalisés pour l’environnement, un soutien au plan de mise aux normes des bâtiments d’élevage, un discours plus positif sur le métier d’agriculteur «sinon les jeunes risquent de se décourager».
«Ce n’est pas de la provocation d’inviter un écologiste à notre tribune mais un moyen d’échanger nos points de vue, de faire passer des idées de part et d’autre. La Grenelle de l’environnement a ouvert une porte», explique Michel Renevier. Il pense que l’évolution des pratiques agricoles passera par la formation des jeunes et la recherche. Mais attention aussi au revenu des agriculteurs. «On ne peut conduire une politique d’environnement, une politique d’emploi et sociale sans une vision économique forte et responsable avec une prise en compte des réalités mondiales et locales.» C’est ce qu’on appelle le développement durable ou encore une agriculture «à haute valeur ajoutée» qui sait trouver un juste équilibre entre économie, environnement et social.
«Ce n’est pas de la provocation d’inviter un écologiste à notre tribune mais un moyen d’échanger nos points de vue, de faire passer des idées de part et d’autre. La Grenelle de l’environnement a ouvert une porte», explique Michel Renevier. Il pense que l’évolution des pratiques agricoles passera par la formation des jeunes et la recherche. Mais attention aussi au revenu des agriculteurs. «On ne peut conduire une politique d’environnement, une politique d’emploi et sociale sans une vision économique forte et responsable avec une prise en compte des réalités mondiales et locales.» C’est ce qu’on appelle le développement durable ou encore une agriculture «à haute valeur ajoutée» qui sait trouver un juste équilibre entre économie, environnement et social.
Comment s'adapter à l'après-quota ?
Les membres de la chambre régionale ont pris connaissance des simulations réalisées par le Réseau d'études pour la prospective et le conseil (Réseaux élevage de Franche-Comté ) sur l'impact de la suppression des quotas laitiers. Quelles sont les capacités des exploitations laitières régionales à augmenter leur production ? L'étude prend en compte différents systèmes laitiers, des Plateaux et en Plaine, plus ou moins extensifs, avec une augmentation de production de +40 000 litres à +130 000 litres. Les incidences ont été mesurées sur plusieurs critères : revenu, système fourrager, environnement et travail. La nécessité d'investir dans un nouveau bâtiment ou un silo fait toute la différence en terme de revenu, ce qui permet de proposer des seuils d'investissements. Cette étude est une première étape. D'autres critères pourront être pris en compte (impact de la génétique sur la production, ...). L'étude sera complétée par une trentaine d'enquêtes qualitatives sur différentes exploitations et une confrontation des données conjointement avec la DRAF et les filières.
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